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La doctrine de l’assurance de la grâce et du salut – Théologie systématique #18

Le chapitre 18 de la confession de foi de 1689 est en étroite continuité avec le chapitre qui précède sur la question de la persévérance des saints. En effet, c’est sur le fondement de la persévérance des saints que l’Écriture nous permet d’affirmer l’assurance du salut. Sans persévérance aucune assurance n’est permise (Hé 12.14).

 

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La doctrine de l’assurance du salut est propre aux protestants. Cette assurance fut explicitement niée dans les canons du Concile de Trente. À moins d’avoir reçu une révélation extraordinaire, les croyants ordinaires ne peuvent pas avoir la certitude qu’ils ne déchoiront pas de la grâce du salut et qu’ils auront la vie éternelle quoiqu’il arrive. En effet, selon la doctrine catholique romaine, il est possible de perdre la grâce du salut, donc personne ne peut avoir l’assurance de son salut final. La même année que se terminait le Concile de Tente, 1563, était publié l’un des plus beaux documents de la foi protestante‍: le Catéchisme de Heidelberg, avec comme toute première affirmation cette question de l’assurance du salut.

Question 1: Quelle est ton unique assurance dans la vie comme dans la mort?

Réponse: C’est que, dans la vie comme dans la mort j’appartiens, corps et âme, non pas à moi-même, mais à Jésus-Christ, mon fidèle Sauveur: par son sang précieux, il a totalement payé pour tous mes péchés et m’a délivré de toute puissance du Diable, il me garde si bien qu’il ne peut tomber un seul cheveu de ma tête sans la volonté de mon Père qui est dans les cieux, et que toutes choses doivent concourir à mon salut. C’est pourquoi, par son Saint-Esprit, il m’assure la vie éternelle et me rend prêt et disposé à vivre désormais pour lui, de tout mon cœur.

Cette réalité est appelée par les protestants « l’heureuse assurance ». Cette même doctrine qui fut mise de l’avant en 1563 dans le Catéchisme de Heidelberg fut explicitée par les puritains et résumée par les quatre paragraphes que nous étudierons dans ce nouveau chapitre. Ces quatre paragraphes présentent (1) la possibilité de l’assurance (2) le fondement de l’assurance (3) le maintien de l’assurance (4) le renouvellement de l’assurance. Nous recouperons ces paragraphes en deux questions essentielles‍:

  1. Comment distinguer la vraie assurance du salut d’une fausse présomption?
  2. Que faire si je n’ai pas l’assurance du salut?

CHAPITRE 18 – L’ASSURANCE DE LA GRÂCE ET DU SALUT

Par. 1 – Les croyants temporaires et autres irrégénérés peuvent vainement se tromper par de faux espoirs et des présomptions charnelles, en s’imaginant qu’ils ont trouvé grâce aux yeux de Dieu et sont sauvés‍: mais leurs espoirs seront déçus1. En revanche, ceux qui croient vraiment au Seigneur Jésus, qui l’aiment en toute sincérité, et qui s’efforcent de marcher devant lui en toute bonne conscience, peuvent, dès cette vie, être sûrs et certains qu’ils sont dans un état de grâce et peuvent se réjouir dans l’espérance de la gloire de Dieu2‍: leur espérance ne les rendra jamais confus3.

1. Jb 8.13‑14 ; Mt 7.22‑23 2. 1 Jn 2.3, 3.14,18-19,21,24, 5.13 3. Rm 5.2,5

Par. 2 – Cette certitude n’est pas une simple conjecture ou une opinion probable fondée sur un espoir douteux; mais, c’est une infaillible assurance de foi4 fondée sur le sang et la justice de Christ révélés dans l’Évangile5, et aussi sur ces preuves internes que sont les grâces de l’Esprit auxquelles les promesses sont faites6, et sur le témoignage de l’Esprit d’adoption, témoignant à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu7. Cette assurance a pour fruit de maintenir le cœur humble et saint8.

4. Hé 6.11,19 5. Hé 6.17-18 6. 2 P 1.4-5,10-11  7. Rm 8.15-16

8. 1 Jn 3.1-3

Par. 3 – Cette assurance infaillible n’appartient pas à l’essence de la foi ; aussi un vrai croyant peut‑il attendre longtemps et affronter de nombreuses difficultés avant d’y avoir part9. Cependant, étant rendu capable par l’Esprit de connaître les dons gratuits que Dieu lui a faits, il peut, sans révélation extraordinaire, par le bon usage des moyens ordinaires, y parvenir10. C’est pourquoi il est du devoir de chacun de s’appliquer à affermir son appel et son élection, afin que son cœur soit rempli de paix et de joie dans le Saint-Esprit, d’amour et de reconnaissance pour Dieu, de force et de belle humeur dans les tâches d’obéissance11, les fruits‑mêmes de cette assurance qui est bien loin d’incliner les hommes au relâchement12.

9. Es 50.10 ; Ps 88, 77.2-13 10. 1 Jn 4.13 ; Hé 6.11-12

11. Rm 5.1,2,5, 14.17 ; Ps 119.32 12. Rm 6.1‑2 ; Tt 2.11-12,14

Par. 4 – Chez les vrais croyants, l’assurance du salut peut être ébranlée, diminuée ou temporairement perdue de diverses façons‍: s’ils négligent de la préserver13, ou tombent dans quelque péché particulier qui blesse leur conscience et attriste l’Esprit14, s’ils succombent à quelque tentation soudaine ou violente15, si Dieu leur retire la lumière de sa face, et même permet que ceux qui le craignent marchent dans les ténèbres et n’aient pas de lumière16. Cependant, ils ne sont jamais totalement privés de la semence de Dieu17 et de la vie de foi18, de l’amour de Christ et des frères, d’une sincérité de cœur et de la conscience de leur devoir, grâce auxquels, par l’opération de l’Esprit, cette assurance peut, en temps voulu, être ranimée19, et par lesquels, ils sont gardés d’un désespoir total même au milieu de leur perplexité20.

13. Ct 5.2-3,6 14. Ps 51.10,14,16 15. Ps 116.11, 77.8-9, 31.23

16. Ps 30.8 17. 1 Jn 3.9 18. Lc 22.32  19. Ps 42.6,12  20. Lm 3.26-31

Première publication le 18 novembre 2019 @ 4 h 00 min

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  1. Bonjour, je vous ai déjà, il y a plusieus mois, envoyé un bon nombre de versets allant dans le sens contraire à une impossibilité de la perte du salut. La réponse que j’ai eue, par quelqu’un d’autre de Pascal Denault, n’a pas pris en compte les versets cités, c’est pourquoi je vous les renvoie pour qu’ils soit lus et qu’il en soit tenu compte. Je sais, pour avoir assidûment fréquenté des églises évangéliques pendant plus de 50 ans que chacune d’elles est certaine d’être dans la vérité tout en enseignant le contraire de la Parole au moins sur un point de doctrine et défend sa doctrine sans écoute des versets contraires. Sur d’autres sujets, comme la géométrie, une preuve du contraire suffit et pas besoin d’en avoir des dizaines. Je vois en religion un empêchement de comprendre dont l’origine n’est pas bien dure à trouver. J’aimais bien votre site, je l’ai fait partager, mais j’aimerais bien que soit réfléchi ce que d’autres communautés ont compris sur notre point de vue et pas nous. C’est l’éternel sujet de la paille et de la poutre. Comme on ne sait jamais, bonne réflexion sur les versets qui suivent. Bien fraternellement C. Laporte.
    Le salut peut-il ne jamais se perdre?
    Hébreux 12v.14: Sans la sanctification, nul ne verra le Seigneur.
    Marc 14v.22: Persévérer dans la foi et les tribulations pour entrer dans le royaume de Dieu.
    Philippiens 2v.12: Travaillez avec crainte et tremblement à votre salut.
    Exode 19v.5et6: et si vous gardez mon alliance.
    Romains 11v.22: si tu demeures ferme dans cette bonté sinon tu seras retranché.
    1Pierre 2v.22: Ceux qui retournent à ce qu’ils ont vomi. (ce qu’ils ont vomi à la conversion)
    Actes11v.23 et Actes 13v.43: Il les exhorta à rester d’un cœur ferme attachés à la grâce de Dieu.
    Hébreux 6v.12: Hériter des promesses par la foi et la persévérance.
    Hébreux 3v.14: Nous sommes devenus participants à Christ pourvu que nous retenions jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement.
    Hébreux 10v.39: Nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre.
    Jean 17v.12: verset souvent cité: J’ai gardé ceux que tu m’as donnés et aucun ne s’est perdu sauf le fils de la perdition. (Le problème est que Jésus ne parle pas de nous mais des Apôtres et de Judas!)
    Philippiens 3v.11: …pour parvenir si je puis à la résurrection des morts.
    1Thessaloniciens 3v.5: …dans la crainte que nous ayons travaillé en vain.
    1Timothée 2v.12: Si nous le renions, lui aussi nous reniera.
    1Corinthiens 15v.2: …vous êtes sauvés…si vous le retenez, autrement vous auriez cru en vain.
    Hébreux 6v.4à6: Ceux qui ont été éclairés, qui ont eu part au Saint Esprit (donc pas des professants) et qui sont tombés (pour tomber, il faut avoir été debout) ne peuvent plus être rétablis.
    Jean 8v.31: Si vous persévérez dans ma Parole, vous êtes vraiment mes disciples.
    2Pierre 2v.20et21: Ceux qui retournent dans les souillures après s’en être retirés et avoir connu le Seigneur (donc de vrais chrétiens), leur condition est pire que la première.
    Hébreux 10v. 35: l’abandon de votre assurance à laquelle est attachée une grande rémunération.
    Jean 10v.22: Personne ne les ravira de ma main. (promesse pour ceux qui restent dans sa main!)
    1Chroniques 28v.9: Si vous l’abandonnez, il vous abandonnera.
    Jean 15v.1à6: Tout sarment qui ne demeure pas en moi (était donc déjà en Lui) et ne porte pas de fruit sera jeté dehors et brûlé. (Un chrétien qui ne demeure pas attaché au cep finit donc perdu.)
    Jean 8v.52: Si quelqu’un garde ma Parole, il ne verra jamais la mort. (les autres la verront!)
    Hébreux 5v.9: Il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel.
    Romains 8v.13: Si vous vivez selon la chair, vous mourrez.
    Matthieu 13v.4à7: Parabole du semeur: tous ont pris vie mais tous ne sont pas arrivés à bon port.
    Exode 32v33: L’Eternel dit à Moïse: Celui qui a péché contre moi, Je l’effacerai de mon livre.
    1Timothée 1v.19: Certains parmi lesquels Hyménée et Alexandre ont fait naufrage par rapport à la foi. (un naufragé, que ce soit de la foi ou en mer, n’arrive pas à bon port)
    Apocalypse 2v.10: Sois fidèle jusqu’à la mort et je te donnerai la couronne de vie.
    Galates 5v.4: ceux qui reviennent à la loi sont déchus de la grâce. (et plus de grâce, plus de salut)
    1Timothée, Matthieu 10v.22, 24v.13 et Romains 2v.7: Ces versets insistent sur la persévérance.
    Colossiens 1v.23: vous êtes réconciliés avec Dieu, sans défauts etc. …si du moins vous demeurez fondés et inébranlables dans la foi, sans vous détourner de l’espérance de l’Evangile. Devons-nous croire l’apôtre Paul ou croire ceux qui disent le contraire de lui?
    Matthieu 25v.15à30: Parabole des talents. Le serviteur inutile est jeté dans les ténèbres du dehors.
    Marc 16v.13: mais celui qui persévèrera jusqu’à la fin sera sauvé.
    2Timothée 2v.11: Si nous persévérons, nous règnerons aussi avec Lui.
    1Cor. 9v.27: Paul tient son corps assujetti de peur d’être rejeté après avoir prêché aux autres.
    Hébreux 3v.12: Mise en garde aux frères dont l’incrédulité peut faire abandonner le Dieu vivant.
    Romains 8 v.24: C’est en espérance que nous sommes sauvés. Cette espérance deviendra une réalité en fin de vie si l’on persévère dans la vie chrétienne. Ce sont tous les si, si, si et si des versets cités.
    Par ailleurs,
    Ceux qui disent que le salut ne peut jamais se perdre aiment chanter: ‘’Je sais qu’un jour mes yeux verront Jésus, si je marche jusqu’au bout par la foi et malgré tout.’’ Réfléchissent-ils aux paroles?
    Les pasteurs de ces églises sont catastrophés lorsque des chrétiens abandonnent la course. Pourquoi en faire un problème puisque, selon eux, personne ne peut perdre le salut?
    Le salut ne peut pas se perdre pour un rien mais la Bible donne le tarif d’un péché comme l’adultère!
    Si les vrais chrétiens persévèrent toujours, ce doit être aux perdus de devoir persévérer…
    Si le salut ne peut jamais se perdre, tout devient facultatif: la sanctification (pourtant obligatoire), la foi, la prière, la persévérance, la vie d’église, etc… Le chemin étroit devient alors large et spacieux. J’ai cité presque quarante passages bibliques contraires et il y en a parait-il plus de quatre vingt! Un pasteur m’a répondu que les versets en question peuvent avoir un sens différent si on les situe dans leur contexte. Une ou deux fois peut-être, (et c’est à voir), mais sûrement pas quatre vingt fois! J’aime assez les pasteurs, surtout quand ils sont de bonne foi…

    1. Bonjour Claude,
      Nous ne disons pas qu’il n’y a pas d’apostasie chez ceux qui professent la foi, mais simplement que ceux qui apostasient « n’étaient pas des nôtres » (1 Jean 2.19). Oui la persévérance est nécessaire, mais elle est une évidence que la grâce a bien été reçu et qu’il ne s’agit pas d’une profession de foi fausse. Je vous invite à écouter ce message:
      https://www.unherautdansle.net/sermon-2016-11-06/