Question #26 – Comment et en combien de jours Dieu a-t-il créé le monde?

Réponse: Dieu a créé le monde par sa Parole en six jours. C’est par la foi que nous comprenons le miracle de la création. ~ Hébreux 11.3

Comment et en combien de jours Dieu a-t-il créé le monde?

L’une des affirmations de la foi chrétienne historique les plus contestées par l’homme moderne est la création de l’univers en six jours. La science aurait prouvé hors de tout doute qu’une telle croyance est complètement erronée et farfelue. Plusieurs chrétiens, intimidés par cette rhétorique évolutionniste, ont abdiqué et certains se joignent même au concert de moqueries contre le créationnisme et ses tenants (2 P 3.5). Mais Dieu détruit la sagesse des sages et l’intelligence des intelligents (1 Co 1.19) et il livre les orgueilleux à leurs faux raisonnements, car « se vantant d’être sages, ils sont devenus fous ; et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible » (Rm 1.22-23). Ne nous laissons pas intimider par la fausse science de ceux qui retiennent injustement la vérité captive!

Certains croyants affirment qu’il appartient à la science d’expliquer le monde matériel tandis qu’il appartient à la foi d’expliquer la raison d’être du monde. L’Écriture ne cautionne absolument pas ce raisonnement et cette séparation entre la science et la foi. Elle affirme au contraire (Hé 11.3) : « C’est par la foi que nous reconnaissons que le monde a été formé par la parole de Dieu, en sorte que ce qu’on voit n’a pas été fait de choses visibles. » Ce verset est l’un des plus importants pour comprendre la doctrine de la création et pour expliquer le rapport entre la science et la foi.

Premièrement, parmi tout ce qui existe, il y a deux catégories : les choses visibles et les choses invisibles. La confession utilise ce même langage au paragraphe 1 : Dieu a créé des choses visibles et invisibles. Dès que l’on reconnaît l’existence de choses invisibles (les anges, les démons, le monde spirituel, cf. Col 1.16), l’on reconnaît forcément une limite à ce que la science peut investiguer. La science, qui est un don de Dieu aux hommes, est limitée à ce que l’on peut observer. Autrement dit, la science n’a aucun moyen d’observer les choses invisibles ; elle est limitée aux choses visibles du monde naturel.

Parmi les choses qui se trouvent en dehors de la portée de la science, il y a le commencement du monde : « en sorte que ce qu’on voit n’a pas été fait de choses visibles ». Le monde visible n’a pas une cause visible (naturelle) ; ce n’est donc pas par l’observation scientifique que nous comprenons l’origine de l’univers ou de l’homme, mais « c’est par la foi que nous reconnaissons que le monde a été formé par la parole de Dieu ». Les hommes qui donnent à la science le mandat d’expliquer l’univers partent d’une fausse prémisse : ils croient qu’un monde naturel a une cause naturelle qui s’observe par des moyens naturels. Or, ce n’est pas le cas! Le monde naturel a une cause surnaturelle qui se comprend par un moyen de même nature. Pour comprendre l’existence, foi et raison ne sont pas opposées comme deux facultés irréconciliables, elles ne sont pas séparées en deux juridictions hermétiques, mais elles sont en harmonie pour autant que nous les placions dans le bon ordre : « c’est par la foi que nous comprenons ».

La tradition réformée, avec l’Écriture, affirme une création immédiate. La Confession de Westminster déclare que Dieu a créé « à partir de rien ». Nous croyons à une création ex nihilo (par opposition à ex materia). Nous ne devons donc pas recourir à l’évolution pour expliquer les organismes complexes qui existent. La création est un miracle que Dieu a opéré par la puissance de sa Parole en appelant « les choses qui ne sont point comme si elles étaient » (Rm 4.17) et elles se sont mises à exister d’un seul coup. « Levez vos yeux en haut, et regardez! Qui a créé ces choses? Qui fait marcher en ordre leur armée? Il les appelle toutes par leur nom ; par son grand pouvoir et par sa force puissante, il n’en est pas une qui fasse défaut. » (Es 40.26) « Que toute la terre craigne l’Éternel! Que tous les habitants du monde tremblent devant lui! Car il dit, et la chose arrive ; il ordonne, et elle existe. » (Ps 33.8-9)

Dès que l’on refuse le miracle créateur, il ne reste qu’à expliquer la création par la chose créée elle-même. Il s’agit de l’essence même de l’idolâtrie : changer la vérité de Dieu en mensonge en attribuant la gloire à la chose créée au lieu de glorifier le Créateur qui est béni éternellement (Rm 1.25). Si la théorie de l’évolution semble pouvoir expliquer l’âge de la terre et de l’homme, c’est uniquement parce que Dieu a fait ses œuvres avec une apparence d’âge. Les hommes croient que l’univers a des milliards d’années uniquement parce qu’il semble avoir des milliards d’années. Les hommes croient que l’être humain a mis des millions d’années avant de devenir ce qu’il est, parce que s’il est parti de zéro il lui a nécessairement fallu beaucoup de temps pour arriver où il est. L’erreur est justement de présupposer arbitrairement que tout est parti de zéro. Dieu a créé le monde déjà fonctionnel avec des propriétés matures et non embryonnaires.

Par exemple, lorsque Jésus changea l’eau en vin (Jn 2.1-11), le vin qu’il venait de créer avait des propriétés d’un vin qui a vieilli, au point où il était meilleur que le vin qui avait effectivement vieilli (v. 9-10). Pourtant, le vin que Jésus venait de créer n’avait que quelques minutes d’existence. La science peut expliquer comment le vin vieillit et comment des qualités lui sont ajoutées par ce processus. Cependant, l’Écriture nous rapporte qu’il ne s’agissait pas d’un événement ordinaire que l’on pouvait expliquer par des moyens naturels, mais il s’agissait du « premier des miracles que fit Jésus. » Les incrédules trouveront toujours des explications naturelles pour justifier l’extraordinaire qualité de ce vin, mais lorsque le Seigneur manifeste sa gloire, ses disciples croient en Lui (v. 11).

De même, lorsque Dieu créa Adam, il ne le fit pas commencer au stade zéro de la fécondation de l’ovule par un spermatozoïde. Il le forma spontanément comme un homme complet avec des capacités et des complexités adultes. Alors qu’il n’avait qu’un jour, Adam savait déjà marcher et parler. Pourquoi alors Dieu n’aurait-il pas aussi créé le monde avec une apparence d’âge? Des arbres déjà matures, des montagnes déjà élevées, un monde entier déjà en érosion? Pourquoi n’aurait-il pas créé la lumière en mouvement sans qu’elle n’ait eu besoin de parcourir des distances astronomiques pour se rendre jusqu’à nous? N’a-t-il pas justement ajouté les luminaires pour soutenir la lumière qu’il avait créée (Gn 1.3, 14). La résurrection finale et la glorification « en un instant, en un clin d’œil » (1 Co 15.52) ne sont-elles pas des appuis supplémentaires à la doctrine de l’instantanéité de la création?

Conséquemment, n’est-il pas erroné de présupposer que la simple observation de la nature peut nous donner l’âge du monde et son processus d’existence en présumant arbitrairement que tout est parti de zéro? Devant le miracle de l’existence, n’est-il pas plus sage de reconnaître que c’est par la foi que nous comprenons que le monde a été créé par la Parole de Dieu? De telle sorte que le monde créé ne provient pas du créé, mais de Celui qui est incréé, invisible éternel et tout-puissant. Alors, comment et en combien de jours Dieu a-t-il créé le monde? Dieu a créé le monde par sa Parole en six jours selon les Écritures saintes.

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About the Author
Pascal est pasteur de l'Église réformée baptiste de Saint-Jérôme qu'il sert depuis 2005. Il est marié avec Caroline et ensemble ils sont les heureux parents de quatre enfants. Pascal a complété un baccalauréat et une maîtrise en théologie à la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Il est l'auteur des livres: Le côté obscur de la vie chrétienne (2019, Éditions Cruciforme) – Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia) – Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme) – The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2017 Revised Edition, Solid Ground Christian Books).
21 commentaires sur “Question #26 – Comment et en combien de jours Dieu a-t-il créé le monde?
  1. Sylvain dit :

    Bonsoir Pascal

    L’explication que tu donnes ici rend plus cohérente, à mes yeux, la vision créationniste du monde. L’exemple du vin de Cana révèle que, en effet, il n’est pas absurde que le fruit d’un miracle ait une apparence d’âge malgré son apparition récente. Cependant, il me semble qu’il ne s’agit pas de l’objection principale contre le créationnisme.

    L’objection principale concerne plutôt la façon de concilier l’Écriture et la science. Au final, le créationnisme est essentiellement basé sur une interprétation littérale de la Bible. Saint Augustin lisait déjà la Genèse de façon allégorique: ce n’est pas parce qu’il était intimidé par les évolutionnistes modernes! Quand une exégèse priorise indûment les interprétations littérales, cela mène à une posture rigide et simpliste face à la révélation. C’est pourquoi ceux qui interprètent l’Écriture ainsi sont qualifiés de fondamentalistes.

    Il me semble aussi que tu caricatures le théisme évolutionniste. Quand on lit la Genèse en termes allégoriques, on croit bel et bien que Dieu a créé le monde ex nihilo. Cependant, on croit que cette création du « monde » concerne l’univers en entier (le Big Bang) plutôt que la Terre seulement. L’univers a été créé d’un seul coup par miracle; le développement du cosmos et de la Terre fut ensuite progressif. Il n’y a rien d’idolâtre là-dedans.

    Finalement, la Terre n’a pas seulement une apparence d’âge: elle a une apparence d’histoire longue. Il n’y a pas seulement des êtres qui ont atteint un degré de développement avancé, comme Adam ou le vin de Cana: il y a des traces d’événements passés très lointains. Si l’âge de la Terre est réellement autour de 6000 ans, il ne faut pas seulement croire que Dieu l’a créée avec une apparence d’âge: il faut aussi croire que Dieu a laissé de fausses traces d’événements passés très lointains. Si le créationnisme est vrai, Dieu nous ment à travers la révélation générale.

    • Cher Sylvain, merci pour ton commentaire. Je savais qu’un bon article créationniste un peu provocateur te piquerait au vif… comme lorsque tu me piques au vif avec le végétarisme éthique… 😉

      L’objection principale concerne plutôt la façon de concilier l’Écriture et la science. Au final, le créationnisme est essentiellement basé sur une interprétation littérale de la Bible.

      Je suis d’accord que le coeur du débat concerne le rapport entre science et Bible. C’est pourquoi mon article vise surtout à défendre l’épistémologie chrétienne par rapport à cette question: c’est par la FOI que nous COMPRENONS! La cause n’étant pas naturelle, il faut le moyen approprié pour comprendre autrement toute l’entreprise est faussée par une fausse prémisse.

      Maintenant pour ce qui est du littéralisme biblique… Je ne suis pas de l’école du strict créationnisme scientifique concordiste. Mais ce que je défends est ce que l’Église chrétienne historique a toujours défendu. Augustin reconnaissait l’allégorie biblique (comme la plupart des chrétiens), mais voyait Adam comme un personnage historique réel. Augustin n’est-il pas le grand défenseur du péché originel par le premier homme afin de défendre historiquement le deuxième homme qui nous rachète du péché?

      Je n’ai aucun problème à voir une poésie dans les récits de la création, une structure littéraire, des symboles, etc. Mais la doctrine moderne de l’évolution est inconciliable avec le récit biblique. Même l’Église Catholique, qui affirme en partie l’évolution, ne cautionne pas l’évolutionnisme. Voici ce qu’Albert Mohler disait sur le Briefing le 17 février dernier:

      “ In 1950, Pope Pius XII said that evolution was not at odds with Catholic teaching, an opinion reiterated by Pope John Paul II in 1996. Pope Francis thrilled science teachers, and large numbers of Catholics in October, by saying that God was not a “magician, with a magic wand,” but rather worked through principles like evolution.”
      But here’s what almost no one in the secular media (or for that matter, in much of the religious press) ever notes, and that includes Mark Oppenheimer in spite of the fact this is a brilliant article otherwise laden with all kinds of material that’s helpful to us, and that comes down to this: If you actually read the Catholic statements on evolution, including the statements made by these folks and in particular, I looked again just before this conversation to the statement that was made in 1996 by Pope John Paul II, you’ll note that even as they say they affirm evolution, they don’t affirm evolution in any form that is currently held by mainstream evolutionists. They get a pass on this. A pass they neither deserve nor I should say a pass that’s intellectually credible. When you have people say ‘yes I believe in evolution, Evolution is in no way in conflict with my faith,’ and yet when you determine what they actually believed about evolution it isn’t a view of evolution that is held by anyone in the scientific mainstream.
      For instance, Pope John Paul II was very clear that there had to be a specific first human man, as Adam. And not only that there had to be a first reproductive pair, and there could not be a simple evolutionary development of what became homo sapiens. That is central to mainstream evolutionary theory and, frankly, when it comes to that issue Roman Catholics who say they believe in evolution, if they’re actually following the teachings of their church should they read them will discover that the theory of evolution with which they find no conflict is a theory of evolution that no one you can find in a major university would hold.

      Son commentaire complet: audio ici ; texte ici

      Donc, cher Sylvain, l’Église chrétienne fidèle à la foi historique n’a jamais défendu la doctrine complète de l’évolution parce que l’Écriture ne peut être en harmonie avec cette fausse doctrine et cette fausse science.

    • Si l’âge de la Terre est réellement autour de 6000 ans, il ne faut pas seulement croire que Dieu l’a créée avec une apparence d’âge: il faut aussi croire que Dieu a laissé de fausses traces d’événements passés très lointains. Si le créationnisme est vrai, Dieu nous ment à travers la révélation générale.

      « Loin de là! Que Dieu, au contraire, soit reconnu pour vrai, et tout homme pour menteur, selon qu’il est écrit: Afin que tu sois trouvé juste dans tes paroles, Et que tu triomphes lorsqu’on te juge. » (Romains 3.4)

      Le problème n’est pas avec la révélation générale et les évidences que Dieu a laissées dans ses oeuvres; elles sont claires au point de rendre tout homme inexcusable de ne pas adorer le Créateur (Rm 1.20). Le problème vient de l’endurcissement des pécheurs: ils retiennent la vérité captive, changent la vérité en mensonge, refusent d’adorer le Créateur et expliquent la création par de faux dieux au lieu du Créateur qui est béni éternellement (Rm1.18-25). Tout le raisonnement scientifique est faussé par leur condition spirituelle; l’homme n’est pas neutre!

      Paul continu en disant que Dieu les livre à leur endurcissement (Rm 1.24, 28). Ce n’est donc pas une fausse piste que Dieu a créée, mais un mensonge intérieur auquel l’homme est livré. Les hommes sans Dieu interprètent faussement tout ce que le monde leur révèle sur le Créateur; c’est ce que signifie Rm 1.18.

    • Sylvain dit :

      Cher Pascal

      Une immense proportion des premiers chrétiens étaient végétariens; il ne devrait rien y avoir dans cette idée pour te scandaliser! 😉

      En quoi l’existence historique d’Adam et Ève à titre de premiers humains est-elle contradictoire avec l’évolution? Si des primates ont évolué pour devenir des Homos sapiens, des premiers Homo sapiens ont logiquement existé à quelque part à un moment donné. Bien sûr, la science n’identifie pas Adam et Ève au début de l’histoire de l’humanité, mais les affirmations bibliques au sujet de ce début ne sont pas contradictoires avec l’évolution. Au final, on soutient simplement que, comme la révélation spéciale, la révélation générale s’est déployée au sein d’une progression naturelle plutôt que d’apparaître de façon abrupte.

      L’évolution théiste et l’évolution matérialiste ne sont pas contradictoires d’un point de vue scientifique, mais elles sont radicalement différentes d’un point de vue philosophique. Albert Mohler et toi avez donc raison de dire que les chrétiens et les athées ne peuvent pas entendre la même chose lorsqu’ils disent « évolution » mais, dans les deux cas, on reconnaît que l’humanité existe depuis nettement plus que 6000 ans.

      Pour ma part, je ne suis pas convaincu que l’évolution s’est déroulée exactement comme le décrivent les scientifiques d’aujourd’hui; c’est seulement la meilleure explication que nous possédons de nos jours. Il est fort probable que cette explication sera corrigée par le futur. Cependant, le créationnisme est en contradiction directe avec ce que nous observons dans la révélation générale. C’est cette contradiction qui dépasse la fidélité à la Parole pour devenir un refus des connaissances scientifiques.

      Finalement, au sujet de ton argument épistémologique selon lequel nos observations de la révélation générale sont brouillées par le péché, il importe de noter que les scientifiques athées ne sont pas les seuls qui voient les traces d’événements lointains dans le passé : la plupart des scientifiques chrétiens les voient aussi. De plus, comme l’expliquait un article que tu m’as envoyé il y a longtemps au sujet de l’effet noétique du péché, cet effet est presque nul au sujet de l’observation de la réalité naturelle. Le péché brouille le regard du pécheur d’abord en théologie et ensuite, dans une moindre mesure, en morale. Les athées ne commettent pas plus d’erreurs que les chrétiens lorsqu’ils observent la réalité naturelle, et c’est ce qu’ils font lorsqu’ils identifient des traces d’événements lointains dans le passé.

    • Bonjour Sylvain
      Question théologique: Un Adam qui n’est pas le père de toute la race pose un problème de taille: pourquoi sa faut fut-elle imputée par Dieu à toute l’humanité? (Rm 5.12-21)

      Question scientifique: Quelle preuve scientifique existe-t-il pour démontrer que Dieu n’a pas créé l’homme instantanément à partir de la poussière du sol?

      Question biblique: Comment crois-tu que la vérité décrite en Romains 1.18-25 se manifeste chez l’homme moderne?

    • Sylvain dit :

      Réponse théologique : Adam, tel que le conçoit l’évolution théiste, est le père de toute l’humanité. La différence avec le créationnisme est qu’Adam a émergé d’une espèce de primates non-humains plutôt que d’apparaître de façon abrupte sur la Terre. De même, le Fils de Dieu a émergé du peuple juif qui a connu une longue histoire naturelle plutôt que de descendre directement du ciel.

      Réponse scientifique : Les corps humains portent plusieurs vestiges d’autres espèces, dont certaines espèces antérieures aux primates. Ce n’est pas une preuve au sens où il serait illogique de croire le contraire, mais c’est une preuve au sens où Dieu nous aurait laissé des indices trompeurs s’Il avait créé l’homme instantanément à partir de la poussière.

      Réponse biblique : J’y crois absolument. Et je te prie de me croire quand je te dis que cette croyance devient de plus en plus solide à mesure que je m’affermis dans ma foi et que je vois les déviances du monde moderne. Cependant, comme le distinguait avec beaucoup de sagesse l’article que tu m’as envoyé il y a longtemps sur l’effet noétique du péché, je crois que cela concerne d’abord la théologie et ensuite la morale. Je ne vois aucun indice, aucune raison de croire que, lorsqu’il est question d’observer le monde naturel, les athées soient handicapés par leur incrédulité. Je ne retiendrais pas les services d’un psychologue athée, mais je retiendrais sans problème les services d’un ingénieur athée. Je ne fais pas confiance aux penseurs modernes pour guider le cœur et l’esprit de l’homme, mais je fais confiance aux scientifiques modernes pour observer et expliquer la réalité naturelle. J’ai l’impression que les créationnistes amalgament tous les domaines du savoir humain pour se méfier de la connaissance scientifique au même titre que tout chrétien doit se méfier de la pensée théologique et morale de la modernité.

    • Vous croyez donc qu’Adam est l’ancêtre de tous les hommes et qu’il n’y aurait qu’une souche à la famille humaine? Ce n’est pas ce que croit l’évolutionnisme… Petite correction, le second Adam est descendu directement du ciel pour s’incarner de manière miraculeuse: « Le premier homme, tiré de la terre, est terrestre; le second homme est du ciel. » (1 Co 15.47)

      « Les corps humains portent plusieurs vestiges d’autres espèces… » c’est une supposition basée sur des similitudes, pas une preuve. La macroévolution est une idée qui m’apparaît comme étant complètement ridicule et contraire à la raison saine! Comme si les espèces se mutaient alors que Dieu fit tout « selon leur espèce »… La sélection naturelle c’est une bien belle façon d’expliquer la nature… sans le Créateur! Je respecte que tu considères cette théorie comme la plus probable scientifiquement; pour ma part je la ressens comme une folie (Rm 1.21-22).

    • Sylvain dit :

      Les preuves de l’évolution ne se prononcent pas sur le nombre de souches humaines; il n’y que des hypothèses sur cette question. L’évolution athée suppose qu’il y a plusieurs souches; l’évolution théiste croit qu’il y a une seule souche.

      Quand je disais que le Christ n’est pas descendu directement du ciel, je voulais dire que le corps de Jésus n’est pas arrivé à partir d’un escalier céleste: il s’est développé dans l’utérus d’une femme juive. C’est parallèlement la même chose que l’on conçoit de l’être humain: son corps n’est pas apparu tout d’un coup, il s’est développé à partir du corps d’animaux non-humains.

      Rien dans la révélation divine, telle que nous la connaissons dans la réalité historique, ne ressemble à l’apparition instantanée que soutient le créationnisme. Dieu crée et se révèle de façon progressive avec des moments de culminations; c’est ainsi que l’Écriture elle-même est constituée. L’instantanéité soutenue par le créationnisme ressemble davantage à de la magie qu’à de la création divine.

      En estimant que les vestiges non-humains au sein du corps humain ne te paraissent pas être une preuve probante, tu te prononces sur une question scientifique. Non seulement tu te prononces, mais tu discrédites l’ensemble des plus grands scientifiques du monde. Je suis d’accord que l’effet noétique du péché nous amène à rejeter les sages du monde sur les questions théologiques et morales, mais il me semble absurde de faire cela sur les questions scientifiques. Nous pouvons démontrer que les savants du monde commettent des erreurs théologiques et morales majeures, mais nous n’avons aucune raison pour supposer qu’ils commentent des erreurs scientifiques. Au contraire, l’âge de l’athéisme est l’âge de la gloire scientifique.

      Reconnaître que l’autorité scientifique est fiable sur les questions scientifiques, même si elle tente parfois de se prononcer à tort sur des questions théologiques et morales, m’apparaît correspondre à « Rendre à César ce qui est à César » même si César tente parfois de s’accaparer ce qui est à Dieu. Quand les scientifiques découvrent que l’homme a évolué du singe, nous n’avons aucune raison pour douter de leur découverte. Quand ces mêmes scientifiques affirment ensuite que cela implique donc que l’homme fut créé sans Créateur, nous pouvons les ignorer sans inquiétude.

    • Quand je disais que le Christ n’est pas descendu directement du ciel, je voulais dire que le corps de Jésus n’est pas arrivé à partir d’un escalier céleste: il s’est développé dans l’utérus d’une femme juive. C’est parallèlement la même chose que l’on conçoit de l’être humain: son corps n’est pas apparu tout d’un coup, il s’est développé à partir du corps d’animaux non-humains.

      Comment arrives-tu à croire au miracle « non scientifique » de la naissance virginale et n’arrives-tu pas à croire au miracle de la création du corps humain à partir de la poussière du sol dans lequel Dieu a insufflé un souffle de vie? Ces deux miracles nous sont rapportés par la même source « non scientifique »: l’Écriture. Pourquoi accepter l’un comme un véritable miracle et l’autre comme une métaphore?

      La science est en constante progression et changement. Il n’y a pas si longtemps on disait qu’il devait exister des milliers de planètes semblables à la terre dans l’univers, aujourd’hui on affirme que cela est très peu probable. La science n’a pas prouvé l’évolution, mais l’envisage uniquement comme la théorie la plus probable. Peut-être que quelques décennies donneront raison à ceux qui rejettent l’évolutionnisme… La notion de sélection naturelle est contraire à la réalité de la nature qui, laissé à elle-même, se détériore parce que la mort est entrée dans le monde (Rm 8.20-22).

      Revenons au théisme évolutionniste. Adam, le premier homme, souche de la race humaine, a-t-il existé il y a moins de 10,000 ans ou il y a des millions d’années selon toi? Deuxième question, la mort est-elle naturelle ou est-elle la conséquence du péché et de la chute d’Adam?

    • Rien dans la révélation divine, telle que nous la connaissons dans la réalité historique, ne ressemble à l’apparition instantanée que soutient le créationnisme. Dieu crée et se révèle de façon progressive avec des moments de culminations; c’est ainsi que l’Écriture elle-même est constituée. L’instantanéité soutenue par le créationnisme ressemble davantage à de la magie qu’à de la création divine.

      Qu’en sera-t-il de la résurrection finale? Dieu réunira-t-il les atomes dispersés de nos corps en un long processus millénaire ou nous changera-t-il « en un instant, en un clin d’oeil » (1 Co 15.52) ?

      Rien dans la révélation divine ne ressemble à l’apparition instantanée? Faux! Création et résurrection sont des doctrines inséparables qui ont en commun l’omni-puissance créatrice et miraculeuse de Dieu. Compromettre l’une, c’est compromettre l’autre!

    • Sylvain dit :

      Ce n’est pas que je n’arrive pas à croire au miracle que serait la création du corps humain à partir de la poussière du sol, ni que j’exige des preuves scientifiques pour croire en l’intervention divine. Si c’est ce que tu as compris, c’est que je me suis bien mal exprimé. Mon objection au créationnisme est plutôt que, d’une part, une création instantanée du corps humain détonnerait avec la façon dont Dieu crée et se dévoile au sein de la Création et que, d’autre part, il y a des preuves scientifiques à l’effet que le corps humain a émergé des corps animaux (je n’exige pas des preuves scientifiques pour confirmer le créationnisme, mais j’admets les preuves scientifiques qui infirment le créationnisme).

      Mais j’ai eu un échange durant la fin de semaine que je prends comme un signe qui va dans le sens de ton commentaire au sujet des variations des théories scientifiques. J’ai passé la fin de semaine avec des amis d’adolescence. L’un d’entre eux détient un doctorat en science physique et il a travaillé sur l’accélérateur de particules à Genève (CERN). En discutant du monde scientifique de façon générale, il m’a affirmé d’emblée n’avoir aucune confiance particulière dans la théorie de l’évolution. Son absence de confiance n’a rien à voir avec la foi puisqu’il est un incroyant matérialiste. Il me partageait seulement que, aussi fiable que soit la science en tant que démarche, il est complètement déraisonnable de former des convictions à partir des théories scientifiques d’une époque donnée puisque, de façon générale, ces théories finissent par être infirmées. Son expérience au sein du monde scientifique est que les scientifiques forment de telles convictions, et ce sans égard pour toute perspective historique que ce soit. Ça revient à dire « Nous avons cru dur comme far à maintes théories passées qui furent finalement infirmées, mais nous croyons quand même que les théories d’aujourd’hui sont certainement vraies! » C’est assez absurde au fond. Ça n’invalide pas la théorie de l’évolution, mais ça relativise la certitude de l’autorité scientifique à son appui. J’admets que, dans une certaine mesure, j’ai pu me laisser impressionner par cette certitude indue… Par cette admission, je n’arrive pas à la conclusion que la théorie de l’évolution est probablement fausse; j’admets seulement qu’elle n’est pas aussi certainement vraie que le prétendent les autorités scientifiques.

      Je réponds maintenant à tes questions. Je ne sais pas si Adam a existé il y a des millions d’années, mais je suis pas mal certain qu’il a existé il y a plus de 10.000 ans puisque la révolution agricole du néolithique a eu lieu il y a 14.000 ans. Difficile d’imaginer une révolution agricole 4.000 ans avant la création du premier homme! Je mentionne ceci en précisant que la datation de la révolution néolithique n’a rien à voir avec la théorie de l’évolution: elle est fondée sur des trouvailles archéologiques.

      À savoir si la mort est naturelle ou si elle est la conséquence du péché, je distingue la mort humaine et la mort animale. Romains 5:12 : « C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché ». Je comprends que la mort s’est étendue « sur tous les hommes » à cause du péché d’Adam, pas sur toute la Création. Par ailleurs, la mort animale n’est pas forcément un mal (tu pourras me remettre ça dans la face quand on discutera de végétarisme) par contraste au mal clair qu’est la mort humaine. Le fait que des animaux, en passant des petites bestioles insensibles jusqu’aux primates quasi-humains, soient morts avant le péché d’Adam ne me pose aucun problème. Surtout que l’on sait que des anges ont chuté avant Adam (puisque celui-ci fut tenté par un être déchu) et que ceux-ci ont un grand pouvoir sur la Création: les anges déchus ont pu corrompre la nature avant de corrompre Adam. Cela va aussi dans le sens du fait qu’Adam a été banni du jardin d’Éden en conséquence de sa chute, ce qui laisse entendre que la nature à l’extérieure du jardin était déjà affligée à ce moment.

      Je disais que l’instantanéité est absente de la révélation divine « telle que nous la connaissons dans la réalité historique ». Le début de la Création en tant que telle a été instantané (le Big Bang a été un instant, un clin d’œil); la fin de temps peut également être instantanée. Je ne soutiens pas qu’il est impossible que Dieu agisse de façon instantanée au sein de l’histoire de notre univers; je soutiens seulement que cela ressemble davantage à de la magie qu’à son œuvre créatrice en général. Le Christ lui-même s’est manifesté dans le monde de façon progressive, organique. Ses miracles instantanés visaient à renforcer la foi des fidèles; cela n’a pas de sens pour la création du premier homme. Même sa résurrection a impliqué un délai de trois jours. Vraiment, à mes yeux, l’instantanéité se conçoit bizarrement à la création du premier homme…

      PS. (sans lien avec cette discussion) Au courant des six derniers mois, je me suis découvert être nettement plus augustinien que thomiste. La théologie mystique de Saint Augustin me semble plus conforme à la révélation divine que l’intellectualisme théologique de Saint Thomas. Cela est vaste en implications; j’ai bien hâte d’en discuter avec toi 🙂

    • Par cette admission, je n’arrive pas à la conclusion que la théorie de l’évolution est probablement fausse; j’admets seulement qu’elle n’est pas aussi certainement vraie que le prétendent les autorités scientifiques.

      C’est déjà mieux 😉

      Je comprends que la mort s’est étendue « sur tous les hommes » à cause du péché d’Adam, pas sur toute la Création.

      Paul établit un lien plus étroit entre la chute de l’homme et la corruption de la création:
      Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, — non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise, avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. (Rm 8.19-22)
      De plus, l’Évangile n’est pas uniquement la réconciliation de l’homme avec Dieu, mais inclut aussi le rachat de la création perdue par l’homme:
      il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix. (Col 1.20)

      Par ailleurs, la mort animale n’est pas forcément un mal (tu pourras me remettre ça dans la face quand on discutera de végétarisme)

      You bet!

      Au courant des six derniers mois, je me suis découvert être nettement plus augustinien que thomiste. La théologie mystique de Saint Augustin me semble plus conforme à la révélation divine que l’intellectualisme théologique de Saint Thomas. Cela est vaste en implications; j’ai bien hâte d’en discuter avec toi 🙂

      De mon côté je me suis rapproché de Thomas (tout en restant fondamentalement augustinien)… C’est généralement par Augustin que catholiques et protestants se rencontrent… J’ai également hâte d’en parler avec toi 🙂

    • Sylvain dit :

      Les implications ne correspondent pas forcément avec la chronologie. La création peut avoir chuté avant l’homme tout en étant rachetée par le moyen qui rachète l’homme. Les considérations bibliques (présence d’une créature déchu au jardin d’Éden; nature déjà déchue à l’extérieure d’Éden) autant que les considérations scientifiques (mort animale antérieure à la chute de l’homme) vont dans ce sens.

    • Au moins tu ne fais pas de la mort l’état naturel et normal de la création 🙂

    • Sylvain dit :

      Tu as raison.

      En discutant avec toi, je suspecte que, au fond, c’est peut-être la question la plus fondamentale. Si l’évolution nous amène à croire que la mort est quelque chose de naturel et de normal, le problème du mal devient insoluble. Dieu ne peut pas être réellement bon et tout-puissant en créant un monde où la mort – et surtout le désespoir qu’elle suscite – fait partie intégrante de son œuvre. On peut faire confiance à un Dieu qui a permis la mort pour ensuite la résoudre en se sacrifiant pour nous, mais on ne peut pas faire confiance à un Dieu qui a créé la mort. Au-delà de tous les autres thèmes théologiques, c’est peut-être le véritable enjeu qui concerne les chrétiens au sujet de l’évolution. Qu’en penses-tu?

    • C’est absolument un enjeu central du débat création/évolution et de ses répercussions sur la rédemption…

  2. Excellent article! Merci! J’ai trouvé ça très éclairant. Je n’avais jamais considéré le point de l’apparence d’âge de la terre.

  3. samuel dit :

    Fun fact; Les catholiques depuis les declarations de Jean-Paul II considerent (de facon generale) maintenant la theorie de l’evolution comme veritable mais (de facon generale) contestent encore la validité de l’échantillon ou la datation au carbone 14 de 1988 du suaire de Turin,

  4. Jean-Yves Chartier dit :

    Dieu n’existe pas…Les religions ont étés inventés pour contrôler les peuples esclaves.Et sa fonctionne encore en 2018.Surtout les religions après celle de Jésus Christ.Comme les musulmans et les témoins de Jéhovah..plusieurs ce sont ajoutés au fil des année..Mais la religion restera toujours une arnaque.

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