Question #7 – La Bible est-elle infaillible et inerrante?

Réponse: L’Ancien Testament en hébreu et le Nouveau Testament en grec sont directement inspirés par Dieu, et par ses soins particuliers et sa providence gardés purs à travers les siècles. Les traductions ne sont pas infaillibles, mais sont très fiables. ~ Matthieu 5.18

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L’inerrance biblique signifie qu’il n’y a aucune erreur dans la Bible que ce soit dans ses affirmations factuelles, scientifiques ou historiques. Si l’Écriture est verbalement inspirée de Dieu, elle ne peut comporter d’erreur (Tt 1.2). Jésus affirme clairement l’inerrance de la Bible lorsqu’il déclare que « l’Écriture ne peut être anéantie » (Jn 10.35). Il applique cette infaillibilité non pas uniquement aux énoncés généraux de la Bible, mais à ses moindres de détails en déclarant (Mt 5.18) : « Je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. » Jésus affirme non seulement l’inspiration infaillible des Écritures, mais il promet en outre que l’Écriture sera préservée par Dieu jusqu’à la fin du monde : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » (Mt 24.35). Voici comment la théologie réformée affirme l’inspiration, l’infaillibilité et la préservation de la Sainte-Écriture :

(Par. 8) L’Ancien Testament en hébreu (la langue de l’ancien peuple de Dieu) et le Nouveau Testament en grec (une langue très connue parmi les peuples à l’époque de sa rédaction) sont directement inspirés par Dieu, et par ses soins particuliers et sa providence gardés purs à travers les siècles ; ils sont donc authentiques et, dans tout débat religieux, l’Église doit y faire son dernier appel. Or ces langues originales ne sont pas connues de tout le peuple de Dieu, qui a cependant droit et intérêt dans les Écritures, et qui a reçu l’ordre de les lire et sonder dans la crainte de Dieu. Aussi, les Écritures doivent‑elles être traduites dans la langue utilisée par chaque nation où elles pénètrent, pour qu’elles soient pleinement répandues parmi tous et que tous puissent rendre à Dieu un culte qui lui soit agréable, et que par la patience et la consolation apportées par les Écritures, ils possèdent l’espérance.

Si donc l’Écriture est inspirée de Dieu et gardée par lui, il faut expliquer ce qui peut sembler apparaître comme des erreurs ou des contradictions dans la Bible. Par exemple, lorsque Paul déclare que l’homme est justifié par la foi sans les œuvres (Rm 3.28), tandis que Jacques affirme que l’homme est justifié par ses œuvres (Jc 2.24), il ne faut pas y voir une contradiction, mais deux affirmations complémentaires qui ne peuvent être anéanties et qui doivent être harmonisées. Nous devons donc comprendre que l’homme est justifié par la foi seule et que cette foi s’authentifie par des œuvres (Ga 5.6).

Un autre exemple est celui où David fait le dénombrement, pèche contre Dieu en agissant ainsi et attire la malédiction de l’Éternel sur son peuple. 2 Samuel 24.1 déclare que l’Éternel, qui voulait châtier Israël, excita David à agir ainsi, tandis que 1 Chroniques 21.1 affirme que c’est Satan qui l’y excita. En harmonisant les deux textes nous comprenons que Dieu, qui ne tente lui-même personne (Jc 1.13-15), a châtié Israël pour la désobéissance de David incitée par le diable. Tout cela arriva suivant la contingence naturelle et le décret divin. Dieu utilise le mal et même le diable pour faire concourir son plan parfait. L’harmonisation des Écritures est la méthode qui est directement à la base de la théologie systématique qui nous permet d’avoir une connaissance vraie de la saine doctrine.

Un troisième exemple est celui où il y a une contradiction entre ce qui arrive à Paul sur le chemin de Damas et le récit qu’il en fait devant la foule à Jérusalem. Actes 9.7 déclare : « Les hommes qui l’accompagnaient demeurèrent stupéfaits ; ils entendaient bien la voix, mais ils ne voyaient personne. » Cependant Paul déclare (Ac 22.9) : « Ceux qui étaient avec moi virent bien la lumière, mais ils n’entendirent pas la voix de celui qui parlait. » Il y a deux explications possibles. La première : Paul précise ce qui est arrivé aux hommes qui l’accompagnaient sur le chemin de Damas ; bien qu’ils entendirent la voix (Ac 9), ils ne comprirent pas ce qu’elle disait (Ac 22) et ils ne reconnurent personne (Ac 9) bien qu’ils virent une lumière (Ac 22). La deuxième possibilité : Luc, l’auteur des Actes, rapporte les paroles de Paul telles qu’il les a prononcées. Paul s’est trompé en parlant, mais l’Écriture rapporte infailliblement ce qui s’est passé sur le chemin de Damas ainsi que le récit que Paul en fit à Jérusalem. L’infaillibilité apostolique s’applique aux écrits de ceux-ci et non à tous leurs faits et gestes (Ga 2.11).

Nous pourrions multiplier ainsi les exemples, mais en appliquant toujours le même principe d’harmonisation des textes et en acceptant la toute-puissance de Dieu pour expliquer l’inexplicable (Jos 10.12-14), nous pouvons affirmer l’infaillibilité et l’inerrance de la Bible.

Les théologiens protestants font généralement une distinction entre les autographa (les écrits originaux) et les apographa (les copies des originaux). La confession déclare que ce sont les originaux hébreux et grecs qui « sont directement inspirés par Dieu, et par ses soins particuliers et sa providence gardés purs à travers les siècles ». Deux choses doivent être déduites de cette affirmation. (1) Les manuscrits et les traductions de la Bible, bien que hautement fiables, ne sont pas exempts d’erreurs. (2) Dieu, tel que promis, a préservé sa Parole originale au travers des copies faillibles par lesquelles nous possédons sa Parole infaillible. Que l’on croie à la préservation de la Parole inerrante de Dieu par le Texte reçu ou encore par la critique textuelle, nous sommes certains que Dieu a préservé sa Parole par ses soins providentiels, car il l’a promis (Mt 5.18, 24.35 ; Jn 10.35).

Puisque Dieu commande à son peuple de sonder les Écritures (Jos 1.8 ; Es 8.20 ; Col 3.16 ; 1 Tm 4.13) et puisque la plupart n’ont pas une connaissance des langues originales de la Bible (l’hébreu et le grec), la traduction de la Bible est nécessaire et voulue de Dieu. Les langues vernaculaires sont nécessaires à l’édification du peuple de Dieu (1 Co 14.10-12), mais seules les Écritures dans leurs langues originales sont inspirées de Dieu.

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About the Author
Pascal est pasteur de l'Église réformée baptiste de Saint-Jérôme qu'il sert depuis 2005. Il est marié avec Caroline et ensemble ils sont les heureux parents de quatre enfants. Pascal a complété un baccalauréat et une maîtrise en théologie à la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Il est l'auteur des livres: Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia) – Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme) – The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2017 Revised Edition, Solid Ground Christian Books).

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