Quand la loi des hommes remplace celle de Dieu

J’ai grandi dans une Église Baptiste Évangélique, très semblable à beaucoup d’autres. Une Église qui, 80 ans passés, accueillait les missionnaires américains pionniers en sol québécois. Une Église avec beaucoup d’histoire et une soif de répandre l’Évangile.

Comme beaucoup d’autres Églises, le temps a fait son œuvre et la soif de vérité initiale a fait place à une Église de grand nombre, remplie de programmes pour la multitude. L’enseignement a tranquillement pris une place secondaire au nom des relations interpersonnelles et de la fraternité. Ce n’est pas un processus qui s’est fait rapidement, mais c’est devenu notre réalité.

En 2014, quand j’ai découvert la théologie réformée, il y a deux concepts théologiques importants que j’ai aussi découverts. Premièrement, la théologie des alliances et deuxièmement, l’application de la loi dans une vision adéquate de l’Ancien Testament. Tous deux ont radicalement changé ma perception de la Parole de Dieu et mes concepts théologiques.

Anciennement dispensationaliste, il existait un grand trou dans ma théologie biblique. C’est-à-dire que, pour moi, la loi mosaïque incluant sa portion morale avait été accomplie ou remplacée dans le Nouveau Testament. Cela vient avec le cadre d’interprétation segmentaire de l’Ancien Testament que propose le dispensationalisme.

Comme beaucoup d’évangéliques modernes, je voyais l’Ancien Testament principalement comme le récit historique d’Israël, seulement à être utilisé dans son sens moral. Quand j’ai lu et appris sur la théologie réformée, j’ai eu un réveil de conscience au sujet de mon incohérence dans ma vision globale des Écritures. Je voyais la Bible comme deux canons séparés, un pour l’Église et l’autre pour Israël. Pourtant, nous savons que le Tanakh a servi comme livre inspiré, utilisé par Jésus pour en venir à une conscience messianique. L’Ancien Testament fut aussi la Bible des apôtres et de l’Église primitive du Nouveau Testament avant la formation officielle du canon incluant les lettres apostoliques et les évangiles. Il me semble aujourd’hui difficile de rejeter l’Ancien Testament comme un récit qui appartient seulement au peuple juif de l’époque biblique.

Quand je réfléchis à propos de la direction générale des églises évangéliques qui rejettent l’application des 10 commandements pour aujourd’hui, je constate que c’est un courant grandissant du monde chrétien. Il m’apparaît évident qu’un problème se pointe rapidement le nez quand nous adoptons cette position sur la loi de Dieu.

Quand nous rejetons la loi mosaïque pour nos vies et pour la mise en pratique commune de l’Église, la loi des hommes prend rapidement place. Cette loi est plus ambiguë et difficile à cerner que celle de l’Ancien Testament.

Ce que je décris comme étant « la loi des hommes », ce sont ces préceptes, ces règles et ces lois non dites et qui sont véhiculées dans l’Église. Ces lois sont souvent axées sur des éléments superficiels comme l’habillement, l’apparence, les méthodes, le style, etc. Ce sont des lois qui ne sont pas fondées sur la loi de Dieu, mais qui sont subtilement imposées comme une espèce de voile, de fardeau ressenti, mais souvent caché. Dans certains cas, elle est même dite ouvertement et véhiculée par certaines personnes de l’assemblée. Cette loi des hommes mène inévitablement au légalisme de cœur qui ajoute un fardeau étranger aux Écritures.

Le phénomène n’est pas sans explications. J’ai finalement réalisé que quand l’homme rejette l’application de la loi mosaïque et l’Ancien Testament comme quelque chose d’impertinent, il finit par combler ce vide avec ses propres lois. On tente souvent d’utiliser de bons principes de vie, de bonnes habitudes et de les imposer comme des lois non écrites. Cette loi des hommes vient en remplacement de la vraie loi de Dieu. La loi de Dieu n’est pas subtile, difficile à discerner ou à comprendre. En plus, nous sommes assurés qu’elle est parfaitement selon la volonté de Dieu puisqu’il en est l’auteur.

La problématique est que ceux qui vivent parmi ces assemblées finissent souvent par être découragés de ce fardeau, sans même en connaître la raison ou la source. Bien que ces Églises ne soient pas tous antinomistes, le rejet de la loi de Dieu et sa mauvaise compréhension entraînent certainement une pratique malsaine des Écritures. Des règles de vie personnelle deviennent rapidement une sorte de loi qui s’impose sur les croyants comme un fardeau étranger à ce que la Bible demande de nous. Au lieu de mettre des efforts à être saints selon les critères de la Parole et les lois de Dieu, nous essayons d’entrer dans un moule ambigu d’obéissance externe. Pour ajouter au danger présent, ces lois sont souvent difficiles à percevoir puisqu’elles sont fondées sur des idéologies vagues et non scripturaires.

La question que nous devons nous poser est celle-ci : est-ce que le Dieu bon, juste et parfait de l’Ancien Testament, qui a prononcé ces lois morales au mont Sinaï, change dans le Nouveau Testament ? Est-ce que Dieu change de moralité ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi avons-nous besoin d’une autre loi ? Pourquoi imposer une loi d’hommes qui est inférieure à ce que Dieu a déjà fourni ?

Le décalogue est toujours en fonction pour nous aujourd’hui et les 10 commandements sont une bénédiction pour le croyant. Comme le disaient les puritains, elle est une règle de vie pour les croyants et une condamnation pour les hommes encore sous le joug du jugement céleste. Que Dieu nous accorde la grâce de grandir dans notre obéissance à sa loi qui est bonne et parfaite.

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About the Author
Pasteur à l’Église réformée baptiste d’Acton Vale, une petite assemblée confessionnelle, Micaël rempli le ministère d’enseignement de la Parole de Dieu. Père de 2 enfants et marié à Mélodie depuis 2008, il détient un Baccalauréat en administration des affaires, concentration comptabilité de l’université Bishop’s. En 2015, il a commencé une maîtrise en divinité à l’école Covenant Baptist Theological Seminary située à Owensboro, Kentucky. C’est dans l’espoir de servir efficacement le Seigneur qu’il perfectionne sa connaissance de la Bible et de ses doctrines.

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