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Question #34 – Comment l’homme pouvait-il mériter la vie éternelle devant Dieu?

Réponse: L’homme ne pouvait rien mériter naturellement devant Dieu, mais par le moyen de l’alliance des oeuvres Dieu s’est engagé à récompenser l’obéissance de l’homme par la vie éternelle. ~ Romains 10.5

alliance

Nous arrivons à une doctrine fondamentale à la théologie réformée : l’alliance de Dieu. Nous ne pouvons comprendre l’histoire de la rédemption sans saisir cette doctrine puisqu’elle lui sert de cadre théologique. Autrement dit, l’histoire de la rédemption révélée dans la Bible est la mise en œuvre de l’alliance de grâce faite par Dieu pour sauver ses élus. Le chapitre 7 de la Confession de foi baptiste de Londres de 1689 est également très important puisqu’il constitue un point de rupture avec la théologie réformée pédobaptiste. C’est à partir de ce chapitre que se révèle l’approche distincte réformée baptiste.

Le chapitre sur l’alliance contient trois paragraphes. Les deux premiers sont quasi identiques à ceux que nous retrouvons dans les confessions de foi de Westminster et de Savoie (Westminster est la confession des presbytériens et Savoie celle des congrégationalistes). Le troisième paragraphe est complètement original à la théologie baptiste. Nous exposerons l’enseignement de ce chapitre avec quatre questions dont voici la première : Comment l’homme pouvait-il mériter la vie éternelle devant Dieu?

Le but de l’alliance de Dieu était d’amener l’homme à la vie éternelle. Au chapitre précédent, nous avons présenté l’alliance des œuvres en expliquant qu’elle fut donnée à l’homme « en vue de la vie s’il l’avait observée » (6.1). Adam devait donc, en accomplissant l’alliance des œuvres, mériter la vie éternelle ; c’est-à-dire sceller sa communion avec Dieu dans une justice incorruptible et atteindre l’immortalité (Jn 17.3 ; 1 Co 15.53-54). Mais l’homme pouvait-il vraiment mériter la vie éternelle devant Dieu? Le premier paragraphe du chapitre 7 répond à cette question en expliquant un peu plus ce qu’est l’alliance des œuvres :

(Par. 1) La distance entre Dieu et la créature est si grande que des créatures rationnelles qui, pourtant, lui doivent obéissance du fait qu’il est leur Créateur, n’auraient jamais obtenu la vie comme récompense, n’eût été une condescendance de la part de Dieu, qu’il s’est plu à exprimer par le moyen de l’alliance.

La distance entre Dieu et l’homme, ce que l’on appelle la distinction Créateur/créature, est si grande qu’il est impossible de mériter la vie. Qu’est-ce que cet énoncé signifie? Simplement que Dieu ne doit rien à l’homme et que l’homme doit tout à Dieu. Si l’on fait fi de l’alliance entre Dieu et l’homme, quelle serait la nature du rapport entre les deux? L’homme devrait obéissance à Dieu du fait qu’il est une créature et que Dieu est le Créateur, cependant l’obéissance de l’homme ne pourrait jamais rien mériter. Autrement dit, l’homme doit naturellement l’obéissance à Dieu, mais l’obéissance de l’homme n’est pas méritoire par nature.

L’Écriture enseigne cette vérité sous deux considérations. Premièrement, Dieu ne peut rien devoir à l’homme : « De qui suis-je le débiteur? Je le paierai. Sous le ciel tout m’appartient. » (Jb 41.11). C’est également ce que l’apôtre Paul enseigne en déclarant : « Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à recevoir en retour? » (Rm 11.35). Deuxièmement, en montrant que, tout en devant obéissance à Dieu, l’homme ne peut rien mériter en retour :

Doit-il de la reconnaissance à ce serviteur parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné? 10 Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire. (Lc 17.9-10)

Dieu ne peut d’aucune façon avoir besoin de l’homme ou lui être en dette, celui-ci ne peut donc rien mériter de Dieu (Jb 35.7-8). Pourquoi disons-nous alors qu’Adam devait mériter la vie éternelle par son obéissance? C’est précisément ici qu’intervient l’alliance des œuvres : Dieu condescend, malgré l’incommensurable distance entre Lui et l’homme, à récompenser l’obéissance de sa créature par la vie en établissant une alliance avec l’homme.

Illustrons cet enseignement par un exemple de la vie courante. Si je dis à mon fils de faire la vaisselle ; le simple devoir d’un fils envers son père l’oblige à l’obéissance. Cependant, son obéissance n’est pas en soi méritoire, je ne lui dois pas un salaire en échange de sa tâche. Par contre, comme père, j’ai la liberté d’ajouter « une alliance des œuvres » entre lui et moi. Ainsi, je pourrais promettre à mon fils 100$ s’il obéit à ma parole. C’est ce que vient faire l’alliance des œuvres entre Dieu et l’homme. Le rapport naturel entre le Créateur et la créature oblige celle-ci à l’obéissance à la Loi du Créateur. La désobéissance à la Loi entraine une sanction naturelle, mais l’obéissance ne mérite pas une récompense naturelle. Dans sa bonté, le Créateur condescend à rémunérer l’obéissance de l’homme par la vie. Évidemment, la récompense est infiniment au-dessus de la valeur de l’obéissance de l’homme.

Afin que nous comprenions la nature et la fonction de l’alliance des œuvres, Dieu en a donné une deuxième édition (l’Ancienne Alliance) après que la première fut transgressée. Ainsi, l’Ancienne Alliance était une alliance des œuvres qui avaient pour but de montrer ce qui était arrivé dans la première alliance avec Adam et ce qui arriverait dans la Nouvelle Alliance avec Christ. L’Ancienne Alliance fut donc donnée à Israël pour « mériter » la vie en Canaan. Israël ne pouvait pas mériter la terre promise, elle lui était donnée par grâce (Dt 9.4-6). Néanmoins, l’Éternel fit dépendre la vie en Canaan de l’obéissance à sa Loi afin de révéler le principe de l’alliance des œuvres :

Vous pratiquerez mes ordonnances, et vous observerez mes lois : vous les suivrez. Je suis l’Éternel, votre Dieu. Vous observerez mes lois et mes ordonnances : l’homme qui les mettra en pratique vivra par elles. Je suis l’Éternel. (Lv 18.4-5)

Ce passage, qui d’après l’apôtre Paul révèle la fonction de la Loi sous l’Ancienne Alliance (Rm 10.5), applique le principe de l’alliance des œuvres au peuple d’Israël en Canaan. Il lui est rappelé que l’Éternel est son Dieu et que par conséquent Israël est obligé d’obéir. Mais par cette alliance, Dieu offre la vie à ceux qui gardent sa Loi et menace de mort les transgresseurs (Dt 27.26 ; Ga 3.10). Dans le contexte de l’Ancienne Alliance, « la vie » référait à la vie en Canaan, symbolisant le paradis et le repos céleste (la vie éternelle). Mais dans le contexte des réalités célestes elles-mêmes, le principe « fais cela et tu vivras » réfère à la vie éternelle (Lc 10.28 ; Mt 19.16-17 ; Ga 3.12). Ce principe vient de l’alliance des œuvres donnée à Adam (Gn 2.9-17), explicitée par Israël (Dt 30.19-20) et accomplie par Christ (Mt 5.17).

L’homme devait mériter la vie éternelle, mais l’homme ne l’a pas méritée (Gn 3.22-24). Dans la prochaine question, nous verrons comment l’homme pécheur a néanmoins obtenu la vie éternelle.

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Description: Une série de théologie systématique à partir de la Confession de foi baptiste de Londres de 1689 – Liste des questions étudiées
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Première publication le 3 février 2016 @ 21 h 19 min