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Jacques Brassard sur l’euthanasie

BrassardJe copie ici le billet publié hier sur le site Pour une école libre au Québec

Extraits d’un article de l’ancien ministre Jacques Brassard dans le Journal de Montréal :

En octobre 2013, Philippe Couillard, maintenant premier ministre, révélait qu’il avait « de sérieuses réserves » sur le projet de loi fallacieusement intitulé « aide médicale à mourir ». Il n’a jamais précisé la nature de ces réserves, mais on sait désormais qu’elles n’existent plus. Évaporées ! Le projet de loi sera donc redéposé et adopté à toute vapeur. Le vote sera-t-il libre ? J’en doute fort ! L’autre jour, au Salon Rouge, l’ancien président Clément Richard, après avoir reçu la médaille d’honneur de l’Assemblée nationale du Québec, souhaitait que le vote libre soit une règle reconnue sur les « questions morales ». C’est loin d’être le cas. On proclamera sans doute qu’il y a vote libre, mais, en réalité, c’est la ligne de parti qui va prévaloir.

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Trompeur et dissimulateur

Ce n’est pas ce que pense cependant le Dr Patrick Vinay, chef de l’unité des soins palliatifs à l’Hôpital Notre-Dame : « L’euthanasie, écrit-il, est présentée sous le nom d’“aide médicale à mourir”, comme étant un soin s’insérant naturellement dans le continuum des soins palliatifs. Or, soigner, c’est ouvrir un meilleur espace de futur, même court, pour le malade fragilisé. Tuer, au contraire, élimine le futur. Tuer n’est pas soigner, c’est priver le malade des possibles auxquels il a droit. » Le Dr Vinay a raison. Ce projet de loi est délibérément de mauvaise foi, trompeur, dissimulateur. Il présente l’euthanasie, qui en vertu des chartes contrevient à « l’inviolabilité de la vie de chaque citoyen », comme un « soin de fin de vie », une « aide médicale à mourir », un « geste de respect de la dignité du malade ». Quelle hypocrisie ! « Mal nommer les choses, écrivait Albert Camus, c’est ajouter au malheur du monde. » Le projet de loi 52 nomme très mal les choses. Et le pire, c’est que c’est voulu.

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Soins palliatifs

« Les soins palliatifs, écrit encore le Dr Vinay, ont toujours trouvé une solution non euthanasique pour répondre aux 2 ou 3 demandes qui persistent, parfois avec l’aide précieuse de la sédation palliative, une procédure qui n’abrège pas la vie, mais ramène le confort. Nous n’avons jamais eu besoin de l’euthanasie, et la majorité des médecins de soins palliatifs n’en veulent pas : d’autres approches efficaces existent. » Mourir dans la dignité, ce n’est pas légaliser l’euthanasie, c’est rendre accessibles des soins palliatifs de qualité partout au Québec. Le Collectif des médecins contre l’euthanasie a écrit au premier ministre pour lui dire que « d’un point de vue juridique et politique, il est clair que le Québec n’a pas compétence pour légaliser l’euthanasie et que les dispositions du projet de loi à cet égard seront contestées devant les tribunaux ». À propos, il doit bien y avoir des avis juridiques sur la question. Curieusement, personne ne les réclame.

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