La ‘Grande Noirceur’, un concept historiographique dépassé

J’ai constaté, parmi les jeunes franco-protestants de ma génération (Y), un certain désarroi identitaire. Je ne veux pas parler ici des séquelles de la vague nouvel-âge / emerging church, de l’émotionalisme et de l’anti-intellectualisme généralisé qui prévaut actuellement dans le milieu évangélique, mais plus spécifiquement de notre rapport à la société qui découle en partie de notre rapport à l’histoire du Québec dans laquelle notre histoire communautaire s’insère. Je comprends que nos grands-parents, de la génération du bébé-boum ou un peu avant, ont connu dans leur jeunesse un monde radicalement différent de celui dans lequel ceux de ma génération ont grandi, celui du clérico-nationalisme et de la superstition institutionalisée. Ces chrétiens ont souvent passé par des âpres luttes qui leur ont laissé un goût amer de l’environnement dans lequel ils sont nés. Ceux de la génération X ont, si je ne m’abuse, joui d’une période transitoire, ou le catholicisme était trop affaibli pour être oppresseur, mais où le sécularisme et le multiculturalisme n’étaient pas encore assez forts pour être oppresseurs. Ceux de la génération Y, par contre, font face à une société substantiellement plus malade que ce que leurs parents ont connu au même âge, étant confrontés tout au long de leur développement à un relativisme et un syncrétisme tyrannique. Paradoxalement, les chrétiens de deuxième ou troisième génération ne remettent pas beaucoup en question le métarécit qu’ils ont hérités de la société en général et de leurs parents & grands-parents. Ils font donc face à une ancienne société qui, à ce qu’on leur raconte, était absolument horrible, et à une société qui est également hostile à leur foi et à leurs valeurs. Dans ce dilemme souvent inconscient, ils hésitent sur la façon dont ils devraient se positionner. Soit leur dégout de l’ordre ancien les incite à accepter l’ordre actuel (ce qui les rend très vulnérables à la postmodernité), ou soit la perversité de l’ordre actuel les désillusionne et  ils trouvent un soulagement dans une eschatologie défaitiste qui les désarme.

Personnellement, en tant qu’étudiant en histoire, je trouve que questionner le métarécit biaisé que la génération du bébé-boum nous a imposé peut être rafraichissant et nous aide à nous situer par rapport au monde qui nous entoure. À cette fin, j’ai rassemblé des données qui nous permettent de rectifier notre vision simpliste de l’histoire québécoise du XXe siècle, qui s’articule autour de la césure Grande Noirceur / Révolution tranquille, césure de plus en plus remise en question par l’historiographie professionnelle.

L’étatisme québécois des années 1930

Voici ce que nous disent trois de nos historiens les plus réputés concernant le rôle de l’État, dans un chapitre intitulé “L’État s’affirme” (et ce, bien avant les années 1960 !) :

L’État s’affirme dans le domaine du bien-être social (1919). Diverses institutions de bienfaisance lancent un cri d’alarme : Des 45 000 patients reçus dans les institutions en 1919, un tiers l’étaient à titre gratuit. Par suite de cet état de choses, une crise sérieuse se produisit dans les institutions : L’hôpital Notre-Dame de Montréal déclare que si la ville n’augmente pas sa contribution, il se verra dans la pénible obligation de fermer l’hôpital et il n’est pas le seul dans ce cas ; l’hôpital Sainte-Justine, l’Institut des Sourdes-Muettes de Montréal, l’Hôpital du Sacré-Cœur et la Crèche à Québec ont également des difficultés. L’État doit donc intervenir au moyen d’une loi qui permet aux hôpitaux désireux de s’en prévaloir de donner les secours médicaux nécessaires aux personnes défavorisées et répartit les frais en trois parties : un tiers au gouvernement provincial, un tiers à la municipalité où réside l’indigent et un tiers à l’institution d’assistance.

Référence : D. Vaugeois, J. Lacoursière, J. Provencher, Canada-Québec, 1534-2000, Sillery, Septentrion, 2001, p. 163-164.

Commentaire glané sur ce blogue : Jusque-là (1919), c’était les communautés religieuses qui s’occupaient du domaine social : hôpitaux, hospices, la misère du monde quoi. Les communautés étant dépassées par les manques de ressources font appel à l’État pour que les nécessiteux puissent recevoir des soins gratuitement. C’est donc que l’Église n’était pas si puissante qu’on le prétend… puisque c’est l’État qui tire les ficelles économiques et que l’Église doit lancer un cri d’alarme.

La vigueur économique des Canadiens français avant 1960

Le professeur Jacques Rouillard, du département d’histoire de l’Université de Montréal, a écrit un article [La Révolution tranquille, rupture ou tournant ?, Revue d'études canadiennes, Vol 32, No 4, hiver 1998, p. 23-51] résumant bien les études qui infirment la thèse des sociologues [progressistes]. À la veille de la Révolution tranquille, le Québec n’a rien d’une société sous-développée. La moitié des francophones occupent un emploi… dans le secteur des services ! Dès 1931, le recensement montre que peu de gens vivaient encore de l’agriculture et que les 2/3 de la main-d’œuvre travaillaient dans le secteur secondaire (manufacturier) ou tertiaire (services). L’industrie manufacturière avait toujours crû ici au même rythme qu’en Ontario, et ce depuis la Confédération. Durant tout le 20e siècle, la proportion de travailleurs québécois œuvrant dans le secteur industriel est comparable aux proportions observées aux États-Unis et dans plusieurs pays européens.

On ne constate pas non plus de retard d’urbanisation dans la province. La migration vers les villes se fait à un rythme régulier depuis la fin du 19e siècle. Le Québec affiche même un taux d’urbanisation supérieur à celui l’Ontario de 1900 jusqu’à la 2e Guerre mondiale, et allait se maintenir au-dessus de la moyenne canadienne par la suite.

[...]

La société québécoise d’avant la Révolution tranquille comptait aussi de nombreux entrepreneurs francophones dans le domaine industriel et commercial. Ils faisaient partie de l’élite au même titre que les médecins, notaires ou prêtres, mais on semble les avoir complètement oubliés aujourd’hui. Ces entrepreneurs étaient maîtres du développement économique local et régional. Dès le 19e siècle, ils se dotent d’institutions financières soutenant l’essor économique régional: banques, sociétés de fiducie, compagnies d’assurance. Les chambres de commerce foisonnent et se regroupent en fédération provinciale dès 1909. En 1935, elle comptait 49 chambres affiliées. La bourgeoisie d’affaires francophone exerçait une réelle influence dans la sphère publique [...] Elle faisait la promotion du développement industriel et de l’esprit d’entreprise auprès des francophones.

[...]

En 1953, le Québec affichait le deuxième revenu par habitant le plus élevé au monde après les États-Unis (en excluant le reste du Canada). Avait-on réellement besoin de la Révolution tranquille et de l’intervention de l’État pour sortir les Québécois de cette prétendue « Grande Noirceur » ? Absolument pas !

Référence : Le mythe de la Grande Noirceur et du Québec sous-développé, Blogue du Québécois Libre, 31 octobre 2005.

Les très importantes avancées sociales sous l’Union nationale de Duplessis

Fleurissement du syndicalisme

  • 1937 : Le gouvernement de Maurice Duplessis reconnaît législativement pour la première fois au Québec le droit d’association des travailleurs et facilite leur organisation en unités de négociation collective. (p. 456)
  • Passe des lois interdisant d’empêcher un travailleur de joindre un syndicat. (p. 456)
  • 1945 : Duplessis fait baisser de 60 à 50+1 % la majorité requise pour constituer une unité d’accréditation syndicale. (p. 456)
  • Entre 1944 et 1959 : le nombre de syndicats québécois passe de 673 à 1600 et le nombre de syndiqués passe de 176 000 à 520 000. (p. 456)

Amélioration des conditions de travail

  • 1936 : Restauration du droit des travailleurs accidentés de choisir leur propre médecin. (p. 458)
  • De 1944 à 1948 : le salaire minimum augmente de 110 % et est étendu à 1.1 million de travailleurs. L’Ontario n’adopte un salaire minimum pour les hommes qu’en 1959. Depuis 1951, le salaire minimum au Québec est le plus élevé au Canada. À part le Saskatchewan, le Québec était alors la seule province à faire appliquer le salaire minimum aux femmes. (p. 457)
  • De 1944 à 1948 : augmentation de 600 % les prestations versées aux victimes d’accidents de travail ; les prestations deviennent perpétuelles. (p. 458)
  • 1945 : Création d’un centre de réadaptation incluant un service de placement à Montréal. (p. 458)
  • De 1944 à 1959, la proportion de travailleurs protégés par une assurance-hospitalisation et un régime collectif d’assurance-santé passe de 20 % à 90 %, et la proportion couverte par une assurance-salaire et un régime de retraite passe de 20 % à 90 %. (p. 459)

Étatisation de l’aide aux démunis

  • Selon l’entente conclue par M. Duplessis, l’État québécois assumait 28 % des coûts caritatifs, les municipalités 39 %, et l’Église 33 %. (p. 458)

Amélioration des conditions sanitaires

    • Entre 1935 et 1959 : le taux de mortalité lié à la tuberculose est réduit de 300 %. (p. 459)
    • Fondation de l’Office provincial de l’hygiène industrielle qui garantissait à des centaines de milliers de travailleurs, notamment, des examens médicaux gratuits (dont la radiographie pulmonaire) et œuvrait à l’épuration des environnements de travail. (p. 459)

Référence : Conrad Black, Maurice Duplessis, Montréal, Éditions de l’Homme, 1999 (1977).

Outre les quinze années du règne de Maurice Duplessis, qui représente pour l’historiographie gauchiste biaisée le paroxysme de la « Grande Noirceur », cette même historiographie gauchiste fait formellement débuter la « Grande Noirceur » en 1840, avec l’union forcée des Bas et Haut Canadas. Mais la situation au Québec mérite-t-elle vraiment l’appellation dénigrante de « Grande Noirceur » ? Quelques éléments de réponse…

Augmentation fulgurante de l’alphabétisme au XIXe siècle

Les communications avec l’extérieur se sont développées à un rythme comparable à celui des autres sociétés occidentales. […] Le Canada français du milieu du XIXe siècle ne vivait pas en marge des autres nations occidentales. Un mouvement de modernisation était à l’œuvre. […] De 1764 à 1859, 327 périodiques ont été fondés dans la vallée du Saint-Laurent. […] Les journaux canadiens étaient abonnés à des publications européennes et américaines, comme le démontrent les nombreux extraits reproduits. Dans leurs journaux, les Canadiens pouvaient suivre l’actualité internationale et être exposés aux idées des grands penseurs du siècle. Et plus on avançait dans le XIXe siècle, plus les lecteurs étaient nombreux. En effet, le taux d’alphabétisation des Canadiens n’a cessé de croître tout au long du XIXe siècle, passant de 21% pour la décennie 1820-1829 à près de 53% cinquante ans plus tard. Cette croissance n’a pas touché seulement l’élite, mais aussi les enfants des agriculteurs (de 11,2% à 48,6% pour la même période) et des journaliers (de 13,8% à 21,9%) […] De son côté, la classe politique canadienne avait doté la Chambre d’assemblée d’une bibliothèque dès 1802, ce qui en avait fait l’une des premières institutions du genre en Occident. (p. 21-22)

Référence : Éric Bédard, Les Réformistes — Une génération canadienne-française au milieu du XIXe siècle, Montréal, Boréal, 2009.

Le nationalisme ethnique modéré pré-Duplessis

Voici ce qu’affirmait Mgr Louis-François Laflèche (1818-1898), l’évêque de Trois-Rivières à partir de 1870 et la deuxième personnalité ultramontaine en importance au Québec au XIXe siècle après Ignace Bourget (et allié de celui-ci), dans Quelques considérations sur les rapports de la société civile avec la religion et la famille (1866) :

Au point de vue national, ils [les immigrés au Québec] ne sont plus ce que la naissance les avait faits, Allemands, Écossais ou Irlandais, mais ils sont Canadiens, c’est-à-dire que l’éducation les a faits. [...] L’éducation encore plus que la naissance fait la nationalité. [...] Une famille canadienne-française où l’on ne parle plus la langue française, où l’on n’est plus catholique, où l’on a adopté les mœurs et coutumes des Américains, à quelle nationalité appartient-elle ? Que lui reste-t-il de la nationalité de ses ancêtres ? Rien. Ils sont Américains et nullement Canadiens.

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Et voici ce que le chanoine Lionel Groulx, le théoricien du nationalisme ethnique par excellence du Canada français, avait à dire dans une allocution qu’il prononça le 5 décembre 1936 :

Nous ne plaçons pas l’essence ni la grandeur de la nationalité dans le fétichisme du sang ou de la race ; chrétiens, catholiques, nous les plaçons dans la justesse et la finesse de la raison, dans la grandeur morale de la volonté, dans la hauteur spirituelle de l’âme et de la culture.

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Dans La Naissance d’une race, nous voyons que Groulx ne hiérarchisa jamais les races. Tel que le faisaient ses contemporains, il utilisait le terme « race » comme un synonyme de « peuple » ou de ‘nation ». Dans Mes Mémoires, Groulx insiste n’a jamais défini la racialité « uniquement sur le sang, à la façon animale ou biologique ».

Référence : Éric Bédard, Recours aux sources — Essais sur notre rapport au passé, Montréal, Boréal, 2011, p. 166-169.

J’espère que ces informations pourront aider les chrétiens québécois à ne pas gober naïvement ce qu’on leur raconte sur leur passé, et qu’ils pourront ainsi être plus critiques vis-à-vis du modèle de société qu’on veut présentement leur imposer.

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Les martyrs de la foi

Des femmes recouvrèrent leurs morts par la résurrection; d’autres furent livrés aux tourments, et n’acceptèrent point de délivrance, afin d’obtenir une meilleure résurrection; d’autres subirent les moqueries et le fouet, les chaînes et la prison; ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l’épée, ils allèrent çà et là vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités, eux dont le monde n’était pas digne, errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre. (He 11.35-38)

Ce texte vient clore la nuée de témoins de la foi présentée au chapitre 11. Parfois, en lisant ces récits à la fois édifiant et troublant, nous ressentons un grand éloignement entre les martyrs de la foi et nous-mêmes qui vivons en occident en 2012. Pourtant, notre réalité n’est pas si différente de la leur et leur foi sert de modèle à la nôtre. Après avoir introduit les martyrs de la foi, nous verrons comment nous devons bénéficier de leur exemple. Le service sera diffusé en direct sur ce site à compter de 9h55. Si vous ne pouvez vous joindre physiquement à nous ou à une autre Église près de chez vous, vous êtes bienvenus de participer au culte via ce site.


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Pourquoi seul le Dieu de la Bible est le vrai Dieu?

On entend souvent dire qu’il est arbitraire d’opter pour le Dieu de la Bible… Et pourquoi pas celui du Coran? Ou encore une divinité orientale quelconque? Cet article sera bien sûr trop court pour donner une réponse complète à cette question, mais j’aimerais expliquer brièvement pourquoi seul le Dieu de l’Évangile et seul le Dieu de la Trinité se révèle parfaitement comme Dieu. Pour expliquer mon point, je rapporterai une conversation que j’ai eue avec un détenu musulman lorsque j’étais aumônier de prison. Je lui ai expliqué pourquoi je ne croyais pas qu’Allah soit le vrai Dieu, et que seul le Dieu de la Bible révélé en Jésus-Christ est le vrai Dieu.

La nécessité de l’Évangile

J’ai posé deux questions à mon ami musulman. Premièrement, s’il croyait que Dieu est amour et miséricordieux. Deuxièmement, s’il croyait que Dieu est juste et s’il punit l’injustice et le mal. Ces questions sont importantes, car Dieu pourrait-il être Dieu s’il n’était pas amour ou s’il commettait des injustices en ne punissant pas le mal? Comme moi, il croyait que le caractère de Dieu est à la fois miséricordieux et juste. Puis je lui ai déclaré qu’il n’était pas suffisant de simplement affirmer l’amour et la justice de Dieu pour qu’il en soit ainsi, Dieu doit en quelque sorte prouver qu’il est amour et justice à la fois. Autrement dit, quel acte Dieu a-t-il fait qui révèle infailliblement son amour et sa justice?

Mon ami ne savait pas trop où je voulais en venir et ne savait pas quoi me répondre. J’ai poursuivi en tentant de lui démontrer pourquoi je ne croyais pas qu’Allah puisse être à la fois juste et miséricordieux. Si Allah pardonne les péchés d’un homme sans le punir et se montre miséricordieux à son égard, ne commet-il pas une injustice en laissant impunies ses transgressions? Par contre, s’il punit le pécheur comme celui-ci le mérite, comment peut-on affirmer qu’il est miséricordieux? La difficulté n’est pas de savoir comment Dieu peut être miséricordieux ou comment il peut être juste, mais comment peut-il être les deux à la fois?

La seule véritable réponse à ce problème est l’Évangile. L’Évangile n’est pas une théorie ou une conception philosophique détachée de la réalité concrète et élaborée soigneusement pour résoudre le problème entre les attributs divins de l’amour et de la justice… L’Évangile est un acte historique divin. Il s’agit de la seule démonstration véritable et concrète qu’on retrouve parmi toutes les croyances au monde dans laquelle Dieu a prouvé qu’il est à la fois miséricordieux et juste.

Dans l’Évangile, Dieu révèle sa parfaite justice. L’Écriture affirme : « Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. » (Rm 3.21-22) En punissant le péché par la mort, Dieu a révélé qu’il est entièrement juste : « Le salaire du péché c’est la mort » et Christ « est mort pour le péché ». La justice divine a été satisfaite dans l’Évangile, non seulement en affirmant que Dieu est juste, mais par un acte historique dans lequel Dieu a condamné le péché une fois pour toutes. Par le même acte, Dieu s’est également montré parfaitement miséricordieux. L’apôtre Paul écrit :

« Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. À peine mourrait-on pour un juste; quelqu’un peut-être mourrait-il pour un homme de bien. Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Rm 5:6-8)

Tous les théistes affirment que Dieu est juste et miséricordieux… mais seulement le Dieu de la Bible révélé en Jésus-Christ a prouvé par l’Évangile qu’il est vraiment juste et miséricordieux. Seul le Dieu de l’Évangile peut être le vrai Dieu!

La nécessité de la Trinité

Je ne suis pas certain si mon ami musulman comprit la nécessité ontologique de mon premier argument, mais quelques semaines plus tard je l’ai rencontré à nouveau. Au cours de la conversation, je lui ai présenté un argument semblable. Je lui ai demandé s’il croyait que Dieu est personnel et relationnel. Il ne semblait pas trop aimer que je parle de Dieu comme d’un être « relationnel ». J’ai explicité ce que je voulais dire par relationnel : il appartient à l’essence de Dieu d’être en relation; Dieu n’est pas une force impersonnelle et inerte, mais un être qui a une volonté, qui communique, qui agit, interagit et réagit. Il était d’accord avec cette compréhension du théisme.

Ensuite, je lui ai demandé si Dieu est autarcique, c’est-à-dire s’il se suffit à lui-même ou si Dieu a besoin de quelque chose en dehors de lui-même pour pouvoir être lui-même. Il croyait, comme moi, que Dieu est autarcique. Alors je lui ai dit qu’il ne pouvait pas croire que Dieu est personnel et autarcique à la fois à moins de croire au Dieu de la Bible. En partant de la conception unitarienne de Dieu, comme le fait l’Islam, pour que Dieu puis être en relation avec des personnes il doit les créer, autrement il est absolument solitaire. Ce faisant, ce dieu ne peut pas être autarcique puisqu’il a besoin de quelque chose (ou de quelqu’un) à l’extérieur de lui-même pour pouvoir être en relation, pour pouvoir être ce qu’il est par essence. Ce dieu n’est donc pas entièrement indépendant de sa création; il est soumis à la contingence et à la temporalité, il n’est ni souverain ni éternel dans ses attributs.

La Bible nous présente un Dieu entièrement indépendant de sa création : « Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite point dans des temples faits de main d’homme; il n’est point servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit » (Ac 17.24-25). Le contexte de ce verset est important, Paul réfute la conception païenne de la divinité qui consistait à se faire un dieu à partir de la création, un dieu immanent (cf. Rm 1:21-25). L’apôtre leur présente le Créateur comme un Dieu à la fois transcendant et immanent.

Ce Dieu n’a pas fait le monde parce qu’il en avait besoin pour se sortir d’un ennui mortel causé par sa solitude pré-créationnelle. Il ne dépend de rien en dehors de lui-même, il est incréé et éternel et pleinement heureux en lui-même (1 Tm 6:15). Mais si Dieu est autosuffisant, comment peut-on croire qu’il appartient à son essence d’être en relation avec d’autres personnes? Comment oser penser qu’il lui importe d’être en relation avec l’homme? N’est-il pas un être absolument inexorable?

En Jésus-Christ est révélée la Tri-Unité de Dieu par laquelle nous comprenons la parfaite harmonie entre l’un et le multiple. Il n’y a qu’un seul Dieu dans lequel il y a trois personnes éternellement en relation. Ainsi, le Dieu de la Bible est autarcique et relationnel à la fois. Voici quelques affirmations de Christ qui nous permettent de mieux comprendre :

Moi et le Père nous sommes un. (Jn 10:30)

Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? (Jn 14:10)

Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l’Esprit avec mesure. Le Père aime le Fils, et il a remis toutes choses entre ses mains. (Jn 3:34-35)

Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu (…) De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. (1 Co 2:10-11) (cette dernière citation est de l’apôtre Paul)

Dieu est un, il est absolument autarcique, et le Dieu souverain duquel tout tire son existence, il ne dépend de rien et tout dépend de lui. Dieu est aussi trois : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, entièrement personnel et il est de son essence même d’être en relation avec des personnes. Il n’avait pas besoin de créer ces personnes pour pouvoir être en relation, il est en relations personnelles de toute éternité. Même si Dieu n’a pas créé le monde parce qu’il en avait besoin, il l’a néanmoins créé afin d’entrer en relation avec lui. Lorsque le péché mit une rupture entre Dieu et sa créature, puisqu’il appartient à sa nature d’être en relation, Dieu a fait le nécessaire pour préserver éternellement la relation qu’il avait avec l’homme dans une alliance de rédemption. Ainsi l’Évangile, dans lequel sont révélées la justice et la miséricorde de Dieu, rejoint la Tri-Unité de Dieu, dans laquelle sont révélés son autarcie et son être relationnel.

La confession de foi de mon Église, la Confession de foi baptiste de Londres de 1689, affirme au chapitre 2, paragraphe 3: « La doctrine de la Trinité est le fondement de toute notre communion avec Dieu et de notre dépendance, source de réconfort, de lui. » Seul le Dieu trine est digne de toute notre confiance, car nous pouvons dépendre de lui alors qu’il ne dépend pas de nous ni de quoi que ce soit d’autre et nous pouvons être assurés qu’il désire être en relation avec nous puisque cela appartient à son essence et qu’il l’a prouvé par l’Évangile. Voilà pourquoi je crois que nous pouvons affirmer que seul le Dieu de la Bible est le vrai Dieu!

Je termine par une citation de Francis Schaeffer, un apologète chrétien qui a cherché la vérité dans pratiquement tous les systèmes théologiques et philosophiques pour finalement fléchir les genoux devant le Dieu de la Bible. Après avoir expliqué pourquoi lui aussi croit que seul ce Dieu est digne de ce nom, il conclut:

« You can search through university philosophy, underground philosophy, filling-station philosophy – it does not matter – there is no other sufficient philosophical answer to existence, to Being, than the one I have outlined. There is only one philosophy, one religion, that fills this need in all the world’s thought, whether the East, the West, the ancient, the modern, the new, the old. Only one fills the philosophical need of existence, of Being, and it is the Judeo-Christian God – not just an abstract concept, but rather that this God is really there. He exists. There is no other answer, and orthodox Christians ought to be ashamed of having been defensive for so long. It is not a time to be defensive. There is no other answer. » Dans: He Is There and He Is Not Silent

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Le vrai temple

Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours, tu le relèveras ! Mais il parlait du temple de son corps. (Jean 2.19-21)

Jésus vient de purifier le temple de Jérusalem, et immédiatement il affirme que le vrai temple, c’est lui-même.

La vocation d’un temple, contrairement à d’autres bâtiments, c’est d’être consacré entièrement à l’honneur d’une divinité. Et la croyance veut que cette divinité habite dans ce temple.

Si le Seigneur a manifesté sa proximité au peuple dans le tabernacle, puis dans le temple, ce n’est pas là la demeure de Dieu (1 Rois 8:27 ; Act 17:24-25).

Le Christ est le véritable temple de Dieu. Sa vie terrestre nous a montré qu’il est pur, totalement consacré à son Père. En tout point, le Fils honore le Père. Paul rappelle qu’en Jésus habite corporellement toute la plénitude de la divinité (Col 2:9). Jésus a laissé les hommes détruire son corps, il s’est livré entre les mains des impies, mais c’était pour vaincre la mort et pour démontrer la puissance de la résurrection.

Puisque le Christ est le véritable temple de Dieu, il aurait été impensable que Dieu laisse son véritable temple détruit sans le rebâtir. Non pas un temple fait de mains d’hommes, avec des pierres mortes, mais un temple éternel. Ce temple, le corps du Christ, est rebâti, mais dans une réalité nouvelle. Ce nouveau corps appartient à la nouvelle création et non à la première. Ce corps ne peut plus connaître la mort.

Les chrétiens sont aussi appelés le temple de Dieu parce qu’ils sont en Jésus-Christ, lui le véritable temple. Et ces mêmes chrétiens ressusciteront aussi comme Jésus (Rom 6:5), dans un corps renouvelé qui ne connaîtra plus la mort. Voilà l’espérance du chrétien.

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L’offensive de la foi

Et que dirai-je encore ? Car le temps me manquerait pour parler de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephthé, de David, de Samuel, et des prophètes, qui, par la foi, vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l’épée, guérirent de leurs maladies, furent vaillants à la guerre, mirent en fuite des armées étrangères. Des femmes recouvrèrent leurs morts par la résurrection… (He 11:32-35)

La foi n’est pas simplement quelque chose de passif et le combat de la foi n’est pas défensif seulement. La foi doit également être offensive et conquérante, elle doit s’en prendre aux forteresses de ce monde et chercher à les renverser sachant que la victoire finale appartient aux croyants. Le service sera diffusé en direct sur ce site à compter de 9h55. Si vous ne pouvez vous joindre physiquement à nous ou à une autre Église près de chez vous, vous êtes bienvenus de participer au culte via ce site.

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La foi interprète les miracles

Les Juifs prirent la parole et lui dirent : Quel miracle nous montres-tu pour agir de la sorte ? (Jean 2.18)

Jésus vient de purifier le temple, et les Juifs veulent un miracle (le mot grec signifie signe) pour que Jésus prouve qu’il a l’autorité. Jésus dira plus loin : « Une génération mauvaise et adultère recherche un signe, il ne lui sera donné d’autre signe que celui du prophète Jonas. » (Matth 12:39). Paul écrira aux Corinthiens : « Les Juifs demandent des miracles, et les Grecs cherchent la sagesse » (1 Cor 1:22).

Combien de gens cherchent des miracles, ils veulent des miracles pour avoir une preuve. Une preuve que Dieu existe, une preuve que Dieu m’aime, une preuve que Dieu sera fidèle dans notre projet, etc. La Parole de Dieu ne suffit-elle pas à convaincre ?

Jésus vient de poser un geste justifié. Les autorités religieuses toléraient les vendeurs, et peut-être qu’ils recevaient des ristournes afin qu’ils puissent maintenir leur commerce immoral. Jésus vient et renverse les tables, chasse les vendeurs afin de redonner au temple sa vocation. Si les Juifs avaient cru en la Parole de Dieu, ils auraient eux-mêmes purifié le temple.

Notre foi n’a pas à être établie sur les miracles, mais sur la Parole de Dieu. La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la Parole de Dieu (Rom 10:17). Si les gens ne croient pas en la Parole de Dieu, ils ne croiront pas davantage en voyant des miracles (Luc 16:31). La foi, la vraie foi, celle que Dieu donne (Eph 2:8-9) n’est pas par la vue.

Notre foi n’est pas basée sur les miracles parce que pour bien interpréter les miracles, il faut la foi. Autrement dit, ce n’est pas la foi qui est basée sur les miracles, mais le sens des miracles est basé sur la foi qui, elle, est basée sur la Parole de Dieu. Croyons ce que nous lisons dans la Bible.

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La guérison physique fait-elle partie du salut?

La rédemption accomplie par Jésus-Christ inclut-elle la guérison physique? Ma réponse est oui! Je suis cependant cessationniste et je ne crois pas aux pratiques de guérison par la foi répandues dans les milieux chrétiens. Les défenseurs de la guérison par la foi citent généralement Ésaïe 53 pour appuyer leurs croyances et pratiques : « (…) ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé (…) c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » Il y aurait donc, dans les meurtrissures de Christ, le pouvoir de guérison; il ne reste plus qu’à s’en saisir par la foi. De plus, Matthieu applique ce passage aux guérisons opérées par Jésus :

« Le soir, on amena auprès de Jésus plusieurs démoniaques. Il chassa les esprits par sa parole, et il guérit tous les malades, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète: Il a pris nos infirmités, et il s’est chargé de nos maladies. » (Mt 8:16-17)

Comment devons-nous comprendre le rapport entre la maladie et la rédemption? Jésus est-il mort pour nos maladies, peut-on affirmer qu’il a « porté » nos maladies comme il a « porté » nos péchés? Pour bien situer le rapport entre la guérison et la rédemption, il est important de comprendre le rapport entre la maladie et le péché.

La maladie comme conséquence du péché

La maladie et les infirmités sont-elles des conséquences du péché? L’Écriture voit la maladie comme un malheur qui afflige l’existence humaine et qui ne fera plus partie de la nouvelle création (Ap 21:4). La maladie et les souffrances physiques qui en découlent appartiennent aux nombreuses malédictions qui accablent la création depuis la chute (Rm 8:22). La Bible établit un lien entre la maladie et le péché (Dt 28:58-61 ; 1 Co 11:29-30 ; possiblement Jc 5:15). Cependant, elle affirme qu’il n’y a pas nécessairement une causalité immédiate entre une maladie ou une infirmité particulière et son propre péché (Jn 9:1-3). D’ailleurs, n’était-ce pas une des erreurs des amis de Job de croire que ses souffrances étaient directement liées à son péché?

La Bible enseigne que des enfants du royaume peuvent être liés par la maladie (Lc 13:16) et que de grands serviteurs du Seigneur peuvent être malades (Ph 2:27) ou avoir des problèmes de santé chroniques (1 Tm 5:23). L’apôtre Paul lui-même avait une infirmité physique (Ga 4:13) et le Seigneur, plutôt que de l’en délivrer, lui a appris à la voir comme un bienfait pour son âme (2 Co 12:5-10). Si donc l’expérience actuelle du salut implique la guérison physique, comment se fait-il que Paul n’ait pas été guéri bien qu’il ait pleinement connu la communion des souffrances de Christ (Ph 3:10) dans lesquelles nous sommes censés trouvé la guérison physique?

L’Écriture n’enseigne pas que Jésus a expié nos maladies. Il a expié nos péchés seulement puisqu’eux seuls avaient besoin d’être expiés. Les maladies ne sont pas une faute morale et n’ont par conséquent pas besoin d’être expiées. Comment comprendre alors que le prophète Ésaïe déclare qu’il a « porté » nos maladies? Le verbe porter en hébreu (nâshâ) est utilisé de plusieurs façons dans l’Ancien Testament et ne signifie pas nécessairement « porter le châtiment de ». Matthieu applique ce texte au ministère terrestre de Jésus et non à son œuvre expiatoire. Pierre, de son côté, reprend la terminologie d’Ésaïe, mais limite exclusivement l’expiation au péché et comprend la guérison non pas physiquement, mais spirituellement : « lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris. » (1 P 2:24). Alors, y a-t-il des bénéfices physiques provenant de l’œuvre de Jésus-Christ à la croix que l’on peut espérer recevoir?

L’espérance de la résurrection comme guérison finale

Bien plus que la guérison des maladies, c’est la délivrance de la mort qui est mise de l’avant par l’Écriture comme bénéfice central découlant de la croix : « Je les rachèterai de la puissance du séjour des morts, Je les délivrerai de la mort. O mort, où est ta peste ? Séjour des morts, où est ta destruction ? » (Os 13:14). Pourtant, les chrétiens ne meurent-ils pas? Ils semblent bien mortels pour des gens qui ont la vie éternelle!

Il est impératif de comprendre ce que signifie être sauvé par la foi en espérance (Rm 8:24). Les effets pléniers de l’œuvre de Christ furent immédiats pour lui seul : il est ressuscité avec un corps immortel et est entré dans la gloire. Par notre union avec Christ nous aussi sommes déjà glorifiés (Rm 8:30 ; Ep 2:6), mais dans la chronologie historique de notre salut nous ne bénéficions pas actuellement dans notre corps, encore mortel, de tous ces effets et nous les possédons uniquement en espérance. Le gage actuel que les croyants reçoivent dans leur corps c’est l’Esprit saint:

Car tandis que nous sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés, parce que nous voulons, non pas nous dépouiller, mais nous revêtir, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. Et celui qui nous a formés pour cela, c’est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l’Esprit. (2 Co 5:4-5)

Les effets actuels de la rédemption ne sont pas la guérison et la glorification, mais la régénération et la sanctification que le Saint-Esprit opère en nous par la foi. Les chrétiens peuvent demander à Dieu la guérison lorsqu’ils sont malades et qu’ils souffrent (Jc 5:13-14) et Dieu peut les guérir (He 11:34). Mais ils doivent aussi savoir que les guérisons actuelles sont temporaires et partielles et qu’ils ne seront délivrés de cette chair corruptible qu’à la résurrection qui est la guérison finale et totale:

« Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Le corps est semé corruptible; il ressuscite incorruptible; il est semé méprisable, il ressuscite glorieux; il est semé infirme, il ressuscite plein de force. » (1 Co 15:42-43)

Est-ce que la rédemption accomplie par Christ inclut la guérison de nos corps? Assurément! Par la résurrection et la glorification, nos corps deviendront immortels et pleins de force. Cependant, cette bénédiction appartient à notre espérance et non à l’expérience que nous faisons actuellement du salut comme Paul l’indique clairement en Rm 8:23. En attendant la réalisation de cette promesse, continuons de nous soigner en prenant les moyens ordinaires que le Seigneur a prévus à cet effet pour notre bien-être physique.

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Le zèle de Dieu

Ses disciples se souvinrent qu’il est écrit : Le zèle de ta maison me dévore. (Jean 2.17)

Dans les Écritures, le zèle est une bonne disposition lorsqu’il est selon Dieu (Rom 10:2). Par le prophète Ésaïe, l’Éternel annonce le messie : Renforcer la souveraineté et donner une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l’affermir et le soutenir par le droit et par la justice dès maintenant et à toujours ; voilà ce que fera le ZÈLE de l’Éternel des armées (Es 9:6).

Nous avons dans cette expression l’intention ferme de Dieu de réaliser son plan et son engagement déterminé à cette fin. Ce même zèle dévore notre Seigneur pour sa Maison (Ps 69:10). Le Seigneur a une « tolérance zéro ». Il n’accepte aucun compromis. Pour son Église, il ne veut rien d’autre que la gloire, que la sanctification, que l’unité spirituelle parfaite, que la ressemblance à l’image de son Fils bien-aimé (Eph 4, 5).

Ce zèle nous donne l’assurance que Dieu demeure à l’œuvre, que cette création-ci va au but qu’il s’est fixé et que la toute-puissance de Dieu est mise en action.

Le Seigneur a un zèle pour sa maison, et nous avions vu la dernière fois que l’Église est sa maison (Heb 3:6). Notre Dieu a un zèle total pour ses enfants, pour son Église. Il œuvre afin que celle-ci remplisse sa mission d’édification et d’évangélisation. Il œuvre afin que nous luttions contre le péché dans nos vies. Il œuvre afin que nous croissions en connaissance et en grâce.

Dans le texte qui nous occupe, la maison de Dieu était utilisée à des fins autres que celles de Dieu. Et c’est là que Jésus a sorti le fouet afin de purifier sa maison. C’est un exemple pour nous de ne pas utiliser les choses de Dieu à d’autres fins que celles que Dieu fixe. Ce n’est pas parce que nous sommes actifs que nous faisons ce que Dieu demande. Notre zèle doit être de faire ce que Dieu nous demande dans sa Parole.

Ce texte a tout pour nous consoler, nous encourager si nous sommes chrétiens. Puisque nous sommes sa maison, soyons certains que le Seigneur agit dans sa maison, dans son Église, dans chacun de ses enfants. Et ce, même si nous ne le ressentons pas. Il agit car le zèle de sa maison le dévore.

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Aperçu de la doctrine sociale et économique de Jean Calvin

Nous nous sommes penchés il y a quelques temps sur l’enseignement de Jean Calvin sur la question du prêt à intérêt et de ses conséquences sur le développement économique de la société. La riche et profonde pensée de ce réformateur a effectivement marqué la civilisation occidentale et contribué à l’émergence du monde moderne. Je vous propose aujourd’hui d’aborder deux autres points de ce thème, toujours d’actualité : les relations patron-ouvrier et la réinsertion sociale des démunis.

Les relations patron-ouvrier

Analysons à ce propos le commentaire qu’offre Calvin au 8e commandement (« tu ne voleras pas »). Il dénonce ceux qui, sous couvert du droit, abusent de leur richesse et de leur pouvoir. Ici encore, la première clé est l’équité : « Que chacun retienne paisiblement ce qui lui appartient et qu’il en jouisse et que nul ne fasse à autrui ce qu’il ne voudrait lui être fait ». Il poursuit en précisant que pour saisir le sens du commandement, il faut lui donner une forme positive : il ne suffit pas de s’abstenir de voler de façon directe et flagrante, mais il faut encore ne pas voler de façon indirecte en rétribuant insuffisamment la main-d’œuvre qui permet à l’employeur de s’enrichir.

Le riche et le pauvre sont en situation d’inégalité, c’est un fait. La seule richesse temporelle du pauvre est dans le travail de ses mains. Une autre logique se superpose alors à celle du contrat : le labeur quotidien du pauvre doit lui permettre de vivre. « …Car il n’y a rien de plus injuste que quand ils nous auront servis, pour le moins ils n’aient à vivoter petitement ». Pour Calvin, l’argent n’est en lui-même ni bon ni mauvais. Cependant les rapports financiers appellent le riche à une responsabilité. Le riche s’est vu confier une mission par Dieu qu’il doit assumer avec courage et sérieux : être le dépositaire – et jamais totalement le propriétaire – des biens que Dieu lui confie pour le service des autres. Le calviniste ne dilapide dès lors pas son argent en luxe inutile. Il cherche plutôt à donner par le travail qu’il fournit une dignité à ceux qui n’en ont pas.

La réinsertion sociale des démunis

Avant même l’arrivée de Calvin à Genève en 1536, on interdit la mendicité et crée l’Hôpital général (1535). Ces deux mesures sont directement liées à l’adoption de la Réforme. Le catholicisme médiéval valorisait le pauvre comme figure du Christ et « portier du ciel ». Il ne cherchait cependant guère à le sortir de la précarité, dans le sens où on tentait de lui donner le minimum pour qu’il puisse survivre mais on déployait peu d’effort pour le rendre autonome et ainsi briser le cercle vicieux dans lequel il était prisonnier.

La Réformation cherche, elle, à lutter contre l’indigence. En même temps qu’on condamne les oisifs et les profiteurs, on s’engage à donner du travail à ceux qui en sont dépourvus. On réserve l’assistance à celles et ceux qui ne peuvent pas ou plus travailler. L’Hôpital général centralise l’aide pour ceux-là. Aux pauvres genevois qui demeurent chez eux, on distribue chaque semaine du pain ou alors on les loge à l’Hôpital. Aux pauvres de passage, on offre l’asile pour une nuit et on leur donne le repas du soir, à condition qu’ils quittent la ville le lendemain. Le système est coercitif, mais efficace, puisque peu à peu la pauvreté aura presque disparu.

Calvin et ses successeurs vont insister sur le développement de l’éducation, avec un soin particulier accordé aux écoles. Ils valoriseront aussi le travail comme vocation et encourageront à changer de métier si cela permet de mieux soutenir sa famille.

Adapté à partir de :
Les relations patron-ouvrier [Calvin 1509-2009]
Sortir les pauvres de leur pauvreté [Calvin 1509-2009]

Ceci, évidemment, n’est qu’un très rapide survol. Pour ceux qui sont intéressés à poursuivre cette réflexion, je suggère les études suivantes :

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L’incrédulité de Jéricho et la foi de Rahab

C’est par la foi que les murailles de Jéricho tombèrent, après qu’on en eut fait le tour pendant sept jours. C’est par la foi que Rahab la prostituée ne périt pas avec les rebelles, parce qu’elle avait reçu les espions avec bienveillance. (Hé 11.30-31)

Ce court passage contraste de manière absolue l’incrédulité des habitants de Jéricho et la foi de Rahab la prostituée. Après avoir démontré pourquoi je crois que ce contraste est le point central de ce texte, nous allons aborder deux questions: (1) Comment, d’après ce texte de l’Écriture sainte, l’incrédulité et la foi se manifestent-elles? (2) Quel sort est-il réservé aux incrédules et aux croyants?Le service sera diffusé en direct sur ce site à compter de 9h55. Si vous ne pouvez vous joindre physiquement à nous ou à une autre Église près de chez vous, vous êtes bienvenus de participer au culte via ce site.

Télécharger en MP3 | Semaine prochaine: He 11:32-35a | Notre page de sermons

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La maison de son Père

Jésus dit aux vendeurs de pigeons : Ôtez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. (Jean 2.16)

Le Seigneur avait établi le temple comme Maison pour y faire résider son nom (1 Rois 8:16-17). C’est un très grand honneur pour une ville et un bâtiment. Ceci dit, le temple de Jérusalem n’avait qu’une valeur préfigurative. Il annonçait le véritable temple à venir. C’est d’abord Jésus lui-même qui est le véritable temple, dans Jean 1:14, le verbe habiter signifie littéralement planter sa tente, son tabernacle (cf. Matt 26:61 ; Col 2:9). À partir de cette vérité, tous ceux qui sont en Jésus-Christ constituent le temple de Dieu (1 Cor 3:16-17 ; 2 Cor 6:16 ; 1 Tim 3:15). De sorte que le temple de la nouvelle alliance ne sera jamais détruit ni envahi par des nations ennemies. Ce temple, c’est l’Église. C’est ainsi que l’ont compris les apôtres (Lev 26:11-12; 2 Cor 6:16).

Ce récit nous enseigne que Jésus purifie le temple. Et c’est ce qu’il fait avec nous, les chrétiens. Il nous a rachetés, il nous sanctifie, et il nous présentera devant Dieu sans tache ni ride, mais saints et sans défaut (Eph 5:27). Si la justification est une déclaration légale de Dieu, la sanctification est une action éthique de Dieu dans nos vies. Cette dernière est progressive. C’est la transformation de gloire en gloire des croyants (2 Cor 3:18).

C’est pourquoi le croyant est appelé à vivre dans la sainteté, à rechercher la sanctification (Rom 6:19; Hebr 12:14). Et la sanctification ne se définit pas d’abord par le rejet du péché mais par une vie consacrée à Dieu. Comme la définition du mariage n’est pas de s’abstenir de toutes les autres femmes mais de se donner à une seule. Par conséquent, le mari ne se donnera pas aux autres femmes. De la même façon, la sanctification consiste à se donner à Dieu totalement. Le rejet du péché en est la conséquence évidente.

Rappelons-nous la parole du psalmiste : « La sainteté convient à ta maison » (Ps 93:5). Et nous sommes sa maison (Heb 3:6).

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Chuck Colson: 1931-2012

En mémoire de Chuck Colson décédé le 21 avril dernier, voici quelques citations qui rappellent bien l’oeuvre de ce valeureux serviteur de l’Éternel.

« Le monde n’est pas tellement divisé par des frontières géographiques, mais plutôt par des traditions religieuses et culturelles, par les croyances les plus profondes des hommes – par des visions du monde. »

« L’erreur la plus significative de l’Église des dernières décennies fut de ne pas réaliser que le christianisme est une philosophie de vie, ou une vision du monde, qui gouverne tous les aspects de l’existence. »

« Dieu ne se préoccupe pas uniquement de racheter des âmes, mais aussi de restaurer sa création. Il nous appelle non seulement à être des agents de sa grâce salvifique, mais aussi de sa grâce commune. Notre travail ne consiste pas seulement à bâtir l’Église, mais aussi à bâtir une société à la gloire de Dieu »

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