Comment devenir humble – 1 Pierre 5.5-7

Nous ne sommes pas humbles de nature, mais nous devons apprendre l’humilité pour être humble. L’humilité s’apprend lorsque le Seigneur humilie nos coeurs de leur orgueil. Il utilise nos relations pour nous rendre humble. Dans le texte de Pierre, trois relations en particulier: l’autorité, les autres et Dieu lui-même.
5 De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d’humilité; car Dieu résiste aux orgueilleux, Mais il fait grâce aux humbles. 6 Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps convenable; 7 et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous.

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3 commentaires sur “Comment devenir humble – 1 Pierre 5.5-7
  1. Pierre BENOIT dit :

    Cher frère,

    J’ai bien apprécier votre prédication, d’autant plus que par la providence toujours étonnante, je viens de terminer le Sermon n°3 de François Turretin (ou Turrettini), pour la réimpression d’un des livres de recueil de sermons de celui-ci.

    François Turretin est un théologien de l’orthodoxie calviniste qui est, avec son compatriote Bénédict Pictet, l’une des dernières figures de proue de la théologie réformée orthodoxe. Il est, pour ainsi dire à lui seul, représentatif du destin de la Réforme originelle, à l’aube du Siècle des lumières. Sous sa direction et grâce au poids de son influence personnelle, Genève demeura sa vie durant fidèle aux Canons de Dordrecht.

    J’ai eu l’idée de poster ce sermon III, sur ce site, en rapport avec votre prédication, mais si cela n’est pas opportun je comprendrais tout à fait de le retirer.

    Avec mes salutations fraternelles et bien cordiales,
    Pierre BENOIT

    Sermon III

    L’ABAISSEMENT ET L’ÉLÉVATION DU FIDÈLE

    Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève quand il en sera temps.
    (1 Pierre 5: 6)

    Quoique la Providence de Dieu emploie souvent pour nous sauver des moyens semblables à ceux, dont la malice du Démon s’est servi pour nous perdre, afin que notre salut ait du rapport à notre perte, et que les mêmes choses qui nous ont engagé dans le péché, nous en délivrent. Il est tout vrai que cette même Providence agit aussi dans cet admirable ouvrage d’une manière bien différente, et que pour nous rendre bienheureux, elle suit une voie toute contraire à celle qui nous a rendus misérables. Adam nous a perdus par son orgueil, et Jésus-Christ nous sauve par son humilité. Adam en voulant s’élever à l’égal de Dieu, et devenir semblable à lui, a été abaissé au dessous des Démons, et étant complice de leur péché, il a mérité d’être compagnon de leur peine, et Jésus-Christ, qui ne réputait point rapine d’être égal à Dieu, en s’abaissant et s’anéantissant au dessous des hommes par la forme contemptible de serviteur qu’il a prise, et par la mort ignominieuse de la croix qu’il a voulu souffrir, a été souverainement exalté, et a reçu un nom par dessus tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou se ploie, et que toute langue confesse qu’il est le Seigneur à la gloire du Père (Philippiens 2: 6-8). Adam en mangeant un fruit délicieux a trouvé le poison qui nous a donné la mort, et le Seigneur Jésus en goûtant du fruit funeste de la Croix, et en buvant la coupe amère de la malédiction de Dieu, nous a mérité les délices du Paradis, et les doux et admirables fruits de l’Arbre mystique de la vie.
    Mes Frères, ce que nous voyons en la personne du premier et du second Adam, ne s’accomplit pas moins dans celle de leurs descendants. Les enfants du premier qui imitent l’exemple de leur malheureux père, se perdent tous les jours par l’orgueil, mais les disciples du second, qui marchent sur ses bienheureuses traces sont sauvés par l’humilité. Ceux-là en voulant s’élever s’abaissent, plus ils prétendent s’approcher de Dieu, et plus ils s’en éloignent, et par un malheur inévitable à ce crime capital, ils descendent dans les enfers, lorsqu’ils s’imaginent de pouvoir monter dans les cieux, mais ceux-ci marchant par un chemin tout contraire, s’élèvent en s’abaissant, s’approchent de Dieu en s’en éloignant, et se facilitent l’entrée du ciel, en se jugeant dignes de l’enfer. Jugez donc, Fidèles, si nous n’avons pas grand sujet de nous appliquer à l’étude cette admirable vertu, qui nous procure de si grands avantages, si les saints hommes de Dieu peuvent nous adresser aucune exhortation plus importante et plus nécessaire, que celle qui nous engage à la pratique de l’humilité. C’est à cela, que nous appelle aujourd’hui la voix de saint Pierre dans le texte que je viens de vous lire, lorsqu’il crie à tous les Chrétiens : Humiliez-vous sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève quand il en sera temps. Écoutez-la donc, Frères, bien-aimés, avec toute l’attention et tous le respect que demande de vous la Majesté toute puissante de celui au nom duquel il vous parle, et l’intérêt de votre propre salut, afin qu’ayant bien reconnu la justice de ce commandement, vous vous mettiez en état d’y obéir, pour obtenir la glorieuse promesse qui y est ajoutée. L’Apôtre avait commencé de leur parler de ce devoir au verset précédent quand il leur a recommandé d’être soumis les uns aux autres et d’être ornés d’humilité, ajoutant pour raison, que Dieu résiste aux orgueilleux et qu’il fait grâce aux humbles (1 Pierre 5: 5). Mais parce que l’exercice de cette vertu ne regarde pas seulement les hommes les uns envers les autres, mais se rapporte principalement à Dieu, devant lequel nous sommes obligés de nous humilier, saint Pierre a voulu réitérer la même exhortation, en y ajoutant deux nouveaux motifs pour la fortifier, le premier tiré de la toute puissance de Dieu, qui a en sa main les moyens de confondre les orgueilleux, de faire grâce aux humbles, Humiliez-vous donc sous la main puissante de Dieu, et l’autre pris de sa bonté qui a promis de récompenser glorieusement ceux qui s’y appliqueront, afin qu’il vous élève quand il en sera temps. Ainsi nous aurons deux considérations à faire sur ces paroles, l’une du devoir de l’humilité, qu’il nous commande, l’autre de la gloire qu’il lui promet, la première nous découvrira notre néant et notre misère, la seconde nous apprendra la merveille de la grâce de Dieu, celle-là nous jettera dans une sainte confusion, et dans un profond abattement dans la connaissance de nous-mêmes, celle-ci nous remplira de consolation et de joie dans le sentiment de en amour, et l’une et l’autre servira merveilleusement à notre salut.
    Ceux qui ont écrit de l’Éloquence ont remarqué il y a longtemps que l’Action était une des parties les plus nécessaires, et les anciens Orateurs l’ont jugée de telle importance, que Démosthène n’a pas fait difficulté de la conter pour la première, la seconde, et la troisième partie de l’Éloquence, et que le Prince de l’Éloquence Romaine a dit au même sens, que c’est elle seule qui règne en l’oraison. Ce qu’ils disaient de l’action dans l’art Oratoire, nous pouvons bien le dire en plus forts termes de l’humilité à l’égard de la vie chrétienne, quelle fait la première, la seconde, et la troisième partie de la vie du fidèle, et qu’elle doit régner, c’est-à-dire influer dans toute sa conduite. C’est elle qui est la base et le fondement de toutes les vertus, l’ornement de l’âme fidèle, et le chemin de la gloire et de l’immortalité, c’est le plus beau trait de l’image du Seigneur Jésus, qui ne veut pas que nous apprenions de lui à créer le monde, ni à ressusciter les mort mais à être débonnaires et humbles de cœur. C’est pour cela que de toutes les leçons que les saints hommes de Dieu nous donnent dans l’Écriture, il l’y en a point de plus fréquente ni de plus ordinaire que celle de l’humilité, c’est ce que pressent presque partout les Prophètes : Ainsi a dit celui qui est haut et élevé, qui habite en l’Éternité, duquel le nom est le saint, j’habiterai au lieu haut et saint, avec celui qui est brisé et humble d’esprit, afin de vivifier l’esprit des humbles et de vivifier ceux qui sont brisés de cœur (Ésaïe 57: 15). Et au chapitre 66 : À qui regarderai-je ? À celui qui est affligé, qui a l’esprit brisé, et qui tremble à ma paroles (Ésaïe 66: 2). Et Michée au chapitre 6 : Qu’est-ce que l’Éternel demande de toi, sinon de faire ce qui est droit, aimer bénignité et cheminer en toute humilité avec ton Dieu ? C’est ce que recommandent bien souvent les Apôtres, saint Jacques (4: 10) et saint Paul (Philippiens 2: 3 : Colossiens 3: 13), de même que saint Pierre. Et elle est d’autant plus nécessaire, que les Païens n’en ont pas reconnu le prix, et qu’ils l’ont tenue pour une lâcheté et pour une bassesse d’âme, plutôt que pour une vertu. En effet, quelqu’un a bien remarqué, que quoiqu’il n’y ait point de disposition d’âme plus naturelle à l’homme que celle de l’humilité, puisqu’elle est née avec lui, et qu’il faut qu’il oublie son extraction pour donner quelque entrée à la vanité, il n’y en a pourtant point qui lui soit plus étrangère, et il est arrivé par un étrange dérèglement, que l’homme n’a jamais été moins humble et plus orgueilleux, que dès qu’il est devenu plus misérable, ce qui devait l’abaisser l’a élevé, et ce qui devait faire la matière de sa confusion, a fait le théâtre de sa vanité. Qui pourrait se persuader qu’une créature si vile et si fragile que l’homme, qui n’a pas seulement le néant pour son principe, et la faiblesse pour son partage, mais qui est toute couverte de crimes et d’ordures, une créature qui est l’objet de la colère de Dieu, l’esclave des Démons, et la proie de la mort et de l’enfer, put avoir des pensées d’orgueil et de présomption, pour se glorifier en soi-même et pour encenser à sa rets et à son filé, cependant c’est ce qu’on n’expérimente que trop tous les jours, comme c’est par là que l’ancien serpent a perdu nos premiers parents, c’est par là-même qu’il perd encore aujourd’hui la plupart de sa prospérité. Cet amour aveugle que l’homme a ordinairement pour soi-même, le rend susceptible de ces funestes impressions. Car s’il avait bien appris à connaître soi-même, et à voir ses défauts, au lieu de se glorifier, il serait rempli de confusion. Il est donc bien important, mes Frères, que nous allions à l’école de la Grâce, et que nous nous regardions dans le miroir de la Loi et de l’Évangile, pour reconnaître combien peu nous ayons de sujet de nous élever, et combien nous en avons au contraire de nous abattre. C’est la où nous trouverons les quatre principaux motifs, qui nous doivent porter à l’humilité, Le néant, Le péché, La misère, et La grâce, le néant d’où nous avons été tirer, le péché dans lequel nous avons été conçus, la misère à laquelle nous avons été assujettis, et la grâce qui nous en délivre.
    Quand nous ne ferions réflexion que sur cette poudre, et cette boue, d’où nous avons été tirés, sur cette chair et sur ce sang qui sont les principes de notre nature, n’y aurait-il pas déjà assez de sujet d’avoir de la confusion d’une semblable origine ? Mais quand nous passons plus avant, et que nous nous souvenons, que c’est de l’abîme du néant, dont la main toute puissante de Dieu nous fait sortir, que nous n’étions rien devant que Dieu nous eut donné la vie, et que nous y retomberions infailliblement, si cette même main ne nous soutenait ; comment est-il possible que nous puissions avoir quelque pensée d’orgueil, et comment ne sommes-nous pas couverts de confusion et de honte ? Quoi ! La boue de la terre aura-t-elle la hardiesse d’aspirer à la gloire du ciel, l’ouvrage s’élèvera-t-il contre celui qui l’a fait ? Et celui qui n’est rien, et même moins que rien, voudra-t-il contester avec celui qui est tout ? Ô que si nous entrions souvent dans cette pensée, si nous nous représentions bien quelle est la grandeur de la majesté de Dieu, et quelle est notre petitesse, quelle est sa puissance, et quelle est notre fragilité, si nous nous souvenions qu’il est le Monarque des cieux et de la terre, le Roi des hommes et des Anges, le Créateur et le conservateur de toutes choses, qui peut en un moment les réduire toutes dans le néant, comme il les en a tirés, et que nous ne sommes que de chétives créatures, des pauvres vaisseaux de terre, de la poudre et de la cendre, c’est-à-dire la faiblesse et la fragilité même qui habitons codes maisons d’argile, et qui sommes consumés à la rencontre d’un vermisseau, il ne nous serait pas difficile de nous former à l’humilité, et d’apprendre à nous abaisser devant Dieu.
    Mais si cette considération est déjà assez puissante pour produire ce bon effet, que sera-ce quand nous y ajouterons celle de notre péché et de notre corruption ? Et que nous nous regarderons, non seulement comme des créatures tirées du néant mais comme des misérables criminels, qui sont couverts, de péché, qui est pire que le néant, et qui n’ont rien d’eux-mêmes, qui ne les rende les objets de la colère et de la malédiction de Dieu, qui outre le péché qu’ils ont porté du ventre de leur mère, en ont commis et en commettent tous les jours une infinité en leurs pensées, en leurs paroles et en leurs actions, qui méritent les peines de l’enfer, et qui rendent leur condition la plus malheureuse qu’on se puisse imaginer ? Où est l’homme s’il n’est pire qu’un Démon, qui ne baisse la tête, et qui ne passe condamnation devant Dieu ? Mais quand cela ne suffirait pas pour dompter notre orgueil le sentiment de notre misère, et la nécessité de la mort, à laquelle nous sommes assujettis, nous devrait bien faire comprendre que nous n’avons pas de quoi nous glorifier. Car nous n’avons pas seulement été dépouillés de la gloire de Dieu, mais nous avons été couverts de souillure et d’ignominie, nous sommes devenus des enfants de colère et de malédiction, les esclaves des démons, la proie de la mort, et la victime des enfers, qui ne pouvons traiter qu’une vie triste et pleine de misères, ni attendre qu’une mort maudite et éternelle, si Dieu ne nous fait miséricorde. Ne m’alléguez pas ici ô hommes, les avantages, que vous pouvez avoir en cette vie par vos honneurs, vos richesses, ou vos plaisirs, car puisque l’expérience vous fait voir tous les jours, que tout cela n’est que vanité et rongement d’esprit, que ce n’est que comme l’herbe et la fleur de l’herbe, qui fleurit pour un moment, mais qui se sèche en un instant, ne seriez-vous pas insensé de tirer matière d’orgueil de ce qui doit vous couvrir plutôt de confusion ? de quelques grandeurs de corps ou d’esprit donc vous vous glorifiés, quel avantage en pouvez-vous avoir, puisqu’elles sont toutes attachées à une vie misérable, qui ne tient elle même à rien, et qui est continuellement exposée à mille accidents ? Mais quand vous ferez réflexion sur le funeste salaire du péché, sur les malédictions terribles que la Loi prononce contre les pécheurs, sur le Tribunal épouvantable de la justice de Dieu, devant lequel il faut tous comparaître pour ouïr l’arrêt de sa condamnation, et sur les tourments éternels qui sont préparés aux pécheurs, qui n’ont point de part à la grâce, qui est-ce qui n’a sujet d’être dans une étrange consternation, et de s’humilier profondément dans le sentiment de son malheur ?
    Je sais bien que les fidèles, que Dieu à reçus en grâce, et qui ont été délivrés de la malédiction de la Loi, et de la servitude du péché, ne doivent pas appréhender d’y tomber, puisqu’ils savent que le Seigneur Jésus qui a été fait péché et malédiction pour eux, les en garantit, mais cela n’empêche pas qu’ils ne soient obligés de s’humilier, quand ils font réflexion qu’ils l’ont mérité par leurs crime, et que ce n’est que par un pur effet de la pure grâce de Dieu, qu’ils en sont délivrés. Oui, mes Frères, cette grâce admirable que Dieu fait sentir à ses enfants, et qui les remplit d’une si douce consolation, doit aussi les humilier, ils ont bien raison de s’en réjouir et d’en remercier le Seigneur, qui les a aimé plus que les autres quoiqu’ils ne fussent pas meilleurs qu’eux, mais ils n’ont point de sujet de s’en glorifier, du contraire c’est un des puissants motifs qu’ils puissent avoir pour les porter à l’humilité. Car puisqu’ils n’ont rien d’eux-mêmes, non pas même une seule bonne pensée, que tout ce qu’ils ont, ils l’ont reçu de Dieu, et que c’est par sa grâce seule qu’ils ont été sauvés, et qu’ils subsistent, quel sujet n’ont-ils pas de s’humilier devant Dieu en reconnaissance de ses grâces ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu, et si tu l’as reçu pourquoi t’en glorifies-tu comme si tu ne l’avais point reçu ? (1 Corinthiens 4: 7). C’est pour cela quoi les vingt et quatre Anciens nous sont représentés dans l’Apocalypse, jetant leurs couronnes au pied de l’Agneau (Apocalypse 5: 10), pour marque de leur humilité, et de l’hommage qu’ils font au Seigneur, de la gloire qu’ils possèdent par sa grâce. Mais si les sentiments des grâces que nous avons reçu de Dieu, doit nous obliger à nous humilier en sa présence en reconnaissance de sa bonté, Que sera-ce quand nous ferons réflexion sur l’abus que nous en avons fait par notre ingratitude, et sur le peu de soin que nous avons de répondre à ses bienfaits ? Quand nous nous souviendrons que Dieu ne nous traître pas en Juge, mais en Père, et en Père si bon et si miséricordieux qu’il n’a pas épargné son Fils son unique pour nous, et qu’il ne nous refuse rien de ce qui peut être nécessaire pour notre salut. Et cependant que nous sommes si malheureux, que de l’offenser tous les jours, et de désobéir à ses ordres. Quelle confusion et quelle douleur n’en devons nous pas sentir en nous-mêmes, et quels mouvements d’humilité ne doit pas produire dans notre âme une semblable pensée ? Mais pour pouvoir nous mieux acquitter de ce devoir, il nous faut bien souvenir qu’il ne consiste pas dans quelque soumission apparente et extérieure du corps, car à cet égard plusieurs hypocrites qui ploient la tête comme le jonc et qui se couvrent de sac et de cendre, quoiqu’ils soient toujours bouffis d’orgueil et de présomption pourraient avoir la louange de cette vertu. Mais c’est proprement dans le sentiment du cœur et dans les mouvements de l’âme qu’elle doit le rencontrer, lorsque le fidèle considérant la grandeur, de la Majesté de Dieu, étant convaincu en soi-même de son néant, de son péché, et de sa misère, et se souvenant des grâces infinies qu’il a reçu de son Dieu, s’abaisse profondément en sa présence par un sentiment respectueux et par une adoration religieuse et lui voue en même temps une obéissance inviolable, et une soumission éternelle. Lorsqu’il lui fait un sacrifice de sa volonté, par lequel renonçant à soi-même, à tous ses intérêts, et à toutes ses inclinations, il se résigne absolument à ses ordres, et regarde Dieu comme l’unique objet de ses désirs et de ses espérances à la gloire duquel il veut consacrer toutes ses actions et toutes ses pensées. Ainsi on peut remarquer dans cette vertu deux principaux actes, l’une dans l’entendement, et l’autre dans la volonté, par celui-là le fidèle s’abaisse devant Dieu par la connaissance qu’il a de sa vanité et de sa misère, par celui-ci il apprend à se soumettre absolument à sa volonté, et à dépendre de ses ordres. Le premier se forme en nous par la comparaison que nous faisons de nous à Dieu, de sa grandeur et de notre bassesse, de sa lumière et de nos ténèbres, de sainteté et de notre corruption, de sa gloire et de notre misère. Le second est un effet du premier, car nous n’entrons jamais en nous-mêmes pour savoir ce que Dieu est, et ce que nous sommes, que nous ne nous sentions engagés à la soumission profonde que nous devons avoir pour lui, pour obéir aveuglément à sa volonté, quoiqu’il veuille faire de nous, soit qu’il nous envoie du bien, ou qu’il nous fasse sentir du mal, qu’il nous bénie, ou qu’il nous châtie, qu’il nous réjouisse par la prospérité, ou qu’il nous afflige par l’adversité. Car si Dieu nous enrichit de ses bénédictions, s’il nous donne des honneurs ou des richesses, ou s’il nous fait quelque autre faveur, bien loin de nous en enorgueillir, nous avons sujet de nous en humilier, puisque nous savons que nous n’avons rien de nous mêmes, et que tout ce que nous avons, est un présent de sa libéralité, tout de même que les épies qui sont le plus chargés de grains baissent le plus la tête, tandis que les autres, qui n’ont que de la paille, la dressent vers le ciel, ainsi plus les hommes ont reçu de biens de Dieu, ils en deviennent plus humbles, tandis que ceux qui sont vides de ses grâces, et qui n’ont que de la vanité s’élèvent par orgueil. Mais cette soumission salutaire n’est pas moins nécessaire dans l’adversité que dans la prospérité, lorsque Dieu appesantit sa main sur nous, et qu’il nous charge du joug de la croix, c’est alors véritablement que nous avons bien besoin d’apprendre à nous humilier sous cette main puissante, pour n’en user pas comme les méchants, que Dieu humilie bien par les coups de sa verge, mais qui ne s’humilient pas pourtant sous sa main, quoique le Seigneur les frappe, ils n’en sentent point de douleur, comme dit Jérémie, ils endurcissent leur face comme le diamant, et refusent de se convertir (Jérémie 5: 3), et bien loin de ployer sous la verge, ils regimbent contre les aiguillons et viennent à se soustraire par orgueil. Mais le fidèle en agit tout autrement, il ne sent pas plutôt la main de Dieu, qui l’abat par quelque affliction, qu’il s’humilie sous elle, et s’accoutume à porter ce joug patiemment et sans murmure, il baise la main qui le frappe et bénit le nom du Seigneur, autant quand il ôte que quand il donne. C’est ce salutaire devoir, que Job pratique si bien dans les rudes épreuves auxquelles Dieu l’exposait par la perte de ses biens et de ses enfants : Le Seigneur l’a donné, dit-il, le Seigneur l’à ôté, son saint nom soit bénit (Job 1: 21). C’est celui que Jérémie recommande tant au chapitre 3: 27-29, de ses lamentations : C’est une chose bonne à l’homme de porter le joug en sa jeunesse. Il est assis solitaire et se tient coi, parce qu’on l’a chargé sur lui. Il met sa bouche dans la poussière, si peut-être il y aura quelque espérance. C’est ce que l’Apôtre saint Paul presse après le Sage dans l’Épître aux Hébreux : Mon enfant, ne néglige point le châtiment du Seigneur et ne perds point courage, quand tu es repris de lui, car le Seigneur châtie celui qu’il aime, et fouette tout enfant qu’il avoue (Hébreux 12: 5-6). Je sais bien que cette leçon est dure à la chair, et qu’elle ne peut porter que fort impatiemment la pauvreté, la maladie, l’exil, la prison, la persécution et les autres épreuves, où Dieu fait souvent passer ses fidèles. Mais c’est là où la foi doit s’élever par dessus la raison, et l’esprit par dessus la chair, pour fermer la bouche à cette méchante conseillère, et dire comme Job à sa femme : Tu parles comme des femmes folles, si nom avons reçu les biens de Dieu, pourquoi ne recevrions nous pas les maux ? Et avec David : Mon âme pourquoi t’abats-tu, pourquoi frémis-tu dedans moi ? Attends-toi à l’Éternel, son regard est la délivrances mêmes (Psaume 42: 6). Et ailleurs : Je me suis tu, dit-il, parce que c’est toi qui l’as fait (Psaume 39: 10). C’est ainsi qu’en usa Aaron dans le jugement terrible que Dieu fit de Nadab et Abihu, qui ayant voulu faire des encensements avec du feu étrange, furent dévorés par le feu, qui sortit de devant la présence de l’Éternel, il est dit qu’Aaron se tut (Lévitique 10: 3), adorant en humilité le jugement du Seigneur, tout de même qu’Héli, quand Samuel lui dénonce de la part de Dieu la mort de ses fils : C’est l’Éternel, qu’il fasse tout ce qui lui semblera bon (1 Samuel 3: 18). Mais pourquoi nous arrêtons nous aux exemples des serviteurs, quand nous avons celui du Maître, qui est incomparablement plus parfait ? Quoiqu’il fut le Fils éternel de Dieu, et qu’il ne réputât point rapine d’être égal à Dieu (Philippiens 2: 6), quoiqu’il fût le Roi des hommes et des Anges, qui possédait la plénitude de toute sorte de biens, vous voyez pourtant qu’il n’a point fait de difficulté de s’abaisser et de s’anéantir en prenant la forme de serviteur, et se rendant obéissant à son Père jusques à la mort de la croix. C’était déjà un grand abaissement de descendre du ciel en terre, de se faire homme comme nous, c’en était encore un plus grand, de Seigneur qu’il était, de devenir esclave, de tout-puissant et tout glorieux, être réduit à la dernière misère, de bien-aimé du Père, d’être fait péché et malédiction pour nous. Mais quel anéantissement n’est-ce pas au Seigneur de gloire d’être crucifié, au Prince de la vie de s’exposer à la mort, et à une mort si douloureuse et si infâme que celle de la croix ? Après cet illustre exemple, qui est-ce qui peut avoir le front de s’enorgueillir ? Qui est ce qui ne reconnaît au contraire l’obligation qu’il a de s’humilier en la présence de Dieu ? Quoi ! Le Roi de gloire s’est bien voulu abaisser au dessous des derniers des hommes. Et nous, qui ne sommes que des chétifs vers de terre, nous élèverons-nous au dessus des plus grands ? Le Fils de Dieu, Dieu bénit éternellement avec son Père, qui n’avait rien qui l’obligeât à s’abaisser au dessous de la gloire de sa condition, n’a pas fait difficulté de s’anéantir pour nous, et de se soumettre à la plus dure condition, que le Père lui a voulu imposer, et nous qui ne sommes que de miser ables enfants des hommes, qui avons tant de raisons et en nous et hors de nous, qui nous obligent à nous humilier, aurons-nous de la peine à nous assujettir à un si salutaire devoir ? Nous en devons tant moins avoir, que nous savons que la volonté de Dieu qui nous y appelle, n’est pas seulement la souveraine règle de toute notre conduite, mais qu’elle est juste et sainte, qui ne nous impose rien, que nous n’ayons mille fois mérité, qu’elle est bonne et charitable, qui ne nous envoie point de mal qu’elle ne convertisse en bien. C’est elle qui fait mourir et qui fait vivre, qui abaisse et qui élève. Et la même main qui navre, c’est celle qui guérit, celle qui fait la plaie, c’est celle qui la bande.
    C’est pour cela que l’Apôtre ne dit pas seulement, que nous devons nous humilier devant Dieu, mais sous la main puissante de Dieu, parce que cette divine main est une des plus grandes raisons qui nous doivent porter à l’humilité. Quand il parle de la main de Dieu, vous entendez assez qu’il veut marquer la vertu infinie et toute puissante de Dieu ; Car encore que Dieu qui est un Esprit immense, et dégagé de la matière, n’ait point de bras ni de mains, ni aucun membre de nos corps, l’Écriture ne laisse pas de lui en attribuer souvent, pour représenter la perfection de ses vertus, elle lui donne des yeux pour marquer sa connaissance, une bouche pour exprimer sa volonté, et des mains pour représenter sa puissance, parce que c’est par elles que les hommes opèrent ordinairement. D’où vient qu’il est parlé de la main droite de Dieu, d’une main forte et robuste et d’un bras éternel et invincible, et saint Pierre lui donne le nom de main puissante, par opposition aux mains faibles des hommes, qui se lassent et qui s’affaiblissent facilement, mais cette main de Dieu est invincible et toute puissante, à laquelle rien ne peut résister, une main magnifique et glorieuse, qui fait tout ce qu’il lui plaît, et dans le ciel et dans la terre, qui ne s’accourcit, et qui ne se lasse jamais, mais qui est toujours semblable à soi-même. C’est cette puissante main qui a tiré toutes choses du néant, et qui les soutient toutes par sa providence, c’est elle qui a étendu les deux, et qui a fondé la terre, c’est elle qui a paru dans les délivrances de son peuple, et dans tant de miracles que Dieu a fait en sa faveur, c’est elle enfin qui s’est admirablement déployée dans la Rédemption de son Église, et dans la substance qu’il lui donne nonobstant la contradiction du Diable et du monde, main puissante pour protéger ses enfants, et pour confondre ses adversaires, puissante pour nous délivrer de tous nos maux, et pour nous procurer toute sorte de biens, puissante pour abaisser ceux qui s’élèvent, et pour élever ceux, qui s’abaissent. Et c’est pour cela que l’Apôtre en a voulu parler comme d’un argument bien fort pour nous porter à l’humilité. Car puisque nous avons à faire à un Dieu, qui a un bras éternel et une main toute puissante, à qui rien ne peut résister quand il veut sauver ou perdre, n’y a-t-il pas bien sujet de craindre de tomber entre ces terribles mains, et ne doit-on pas travailler avec soin de se soumettre tellement à lui, que nous ne trouvions pas une main effroyable de Juge, qui nous abatte et qui nous perde, mais une main puissante et miséricordieuse de Père qui nous relève et qui nous sauve ? Et c’est ce qui peut merveilleusement servir soit pour effrayer les méchants, soit pour consoler les fidèles. Car pour ceux-là qui s’élèvent contre Dieu, et qui ne veulent pas obéir à sa voix, comme cet impie Pharaon qui dit insolemment : qui est l’Éternel que j’obéisse à sa voix ? (Exode 5: 2). Quelle matière n’ont-ils pas de confusion et de frayeur, quand ils se souviennent qu’ils n’ont pas à se présenter devant un Roi mortel, ou un Prince de la terre, qui n’a que des bras et des mains de chair, c’est-à-dire faibles et languissantes mais devant le Dieu du ciel et de la terre, qui a une force infinie, et des mains duquel nous ne saurions échapper en quelque lieu que nous allions, Où irai-je arrière de ton Esprit ? Si je vais au ciel tu y es, si je prends les ailes de l’aube du jour, pour passer delà la mer, là ta main m’y attrapera (Psaume 139: 7-8). On dit ordinairement que les mains des Rois sont longues, parce que leur puissance et leur autorité s’étend bien loin, mais qu’est-ce cela au prix des mains de Dieu, qui a l’empire dans le ciel, dans la terre, et dans les enfers, sur les Anges, sur les hommes, et sur les démons, et desquelles personne ne saurait jamais se garantir en quelque lieu qu’il soit. Mais si d’un côté cette puissante main de Dieu doit effrayer les profanes, elle sert de l’autre merveilleusement à soutenir et à consoler les fidèles, afin qu’ils soient assurés, que s’ils sont exposés à la rage et à la fureur de leurs ennemis, ils sont couverts et soutenus par une puissante main, qui les en délivrera infailliblement, une main de Père, qui est aussi douce qu’elle est puissante, qui fait la plaie et qui la bande, qui afflige et qui console, qui ne manque pas de relever quand il faut ceux qui ont appris à s’humilier.
    C’est la promesse qu’en donne l’Apôtre dans les paroles suivantes, quand il ajoute : afin qu’il vous élève quand il en sera temps, pour les assurer que l’exaltation suit nécessairement l’humilité, et que personne ne s’abaisse véritablement devant Dieu, qui ne soit ensuite élevé par lui en son temps. Et par là il semble que saint Pierre a voulu aller au devant du scandale, que pouvaient causer dans l’esprit des Chrétiens, la prospérité des méchants et l’affliction des fidèles, l’élévation des uns et l’abaissement des autres, qui a donné tant de chagrin aux saints hommes de Dieu, qu’ils protestent souvent que peu s’en est fallu que leurs pieds n’aient glissé, et qu’ils ne soient tombés dans le murmure et dans la défiance. L’Apôtre donc leur veut dire, que quoique les méchants semblent prospérer et fleurir pour un temps, et que les fidèles soient dans l’abaissement et dans la souffrance, il n’en sera pas toujours ainsi, le temps viendra de la confusion des uns et de l’exaltation des autres, Celui qui proteste qu’il résiste aux orgueilleux, et qu’il fait grâce aux humbles, ne manquera pas d’abaisser ceux qui s’élèvent, et d’élever ceux qui s’abaissent. Et c’est ainsi qu’il veut encore les encourager à la pratique de cette excellente vertu, car si Dieu veut la récompenser si glorieusement, quelle ardeur et quel zèle ne doivent-ils apporter pour s’y appliquer ? C’est pour cela que le saint Esprit réitère si souvent cette admirable promesse pour nous servir d’aiguillon à ce devoir, saint Jacques en parle de la même manière : Humiliez-vous en la présence de Dieu, et il vous élèvera (Jacques 4: 10), notre Seigneur l’avait déjà déclaré souvent dans l’Évangile : Quiconque s’élève sera abaissé et quiconque s’abaisse sera élevé (Luc 18: 14). Le Sage nous en avait avertis : L’orgueil de l’homme l’abaisse, mais l’humble d’esprit obtient gloire (Proverbes 29: 23). Et le Prophète Ésaïe, l’a confirmé excellemment de la part du Seigneur : Ainsi a dit celui qui est haut élevé, qui habite en l’éternité, duquel le nom est le Saint, J’habiterai au lieu haut et saint, et avec celui qui est brisé et humble d’esprit, afin de vivifier l’esprit des humbles, et afin de vivifier ceux qui sont brisé de cœur (Ésaïe 57: 15), ce qui a fait dire a un ancien Docteur, que comme le siège des eaux est la profondeur des vallées, de même, que le siège de la grâce est l’humilité des hommes. Mais afin que nous ne doutions pas de la vérité de cette promesse, regardons-en l’accomplissement dans les exemples des fidèles, dont le Seigneur a couronné l’humilité par une exaltation merveilleuse. Voyez-le dans Abraham, qui se reconnaissant poudre et cendre devant Dieu, est fait le Père des croyants et le Chef de la race bénite. Voyez-le en Joseph, qui par l’abaissement est monté sur le trône. Voyez-le dans le pauvre Péager, qui en se condamnant est justifié, et de l’état d’un misérable pécheur tel qu’il se reconnaît, est élevé à la condition glorieuse d’enfant de Dieu. Voyez-le dans l’Enfant prodigue, qui s’étant abaissé au dessous des domestiques de son père, en est accueilli avec toutes les tendresses imaginables, et reçoit toutes les marques d’affection et d’honneur qu’il peut souhaiter, regardez le bon brigand, à quelle gloire n’est-il pas élevé, quand le Seigneur lui promet de le recevoir ce même jour avec lui dans le Paradis, parce qu’il s’est humilié dans le sentiment de ses crimes et de son indignité ? Considérez saint Paul, qui parle de foi, comme d’un avorton, du moindre de tous les saints, et du plus grand et du premier de tous les pécheurs, n’a-t-il pas eu l’avantage d’être fait un vaisseau d’élite pour la gloire de son Maître, et d’avoir eu de merveilleuses révélations, jusques à être ravi au troisième ciel, où il y a entendu des choses inénarrables ? Mais contemplez-en surtout la vérité dans la personne de notre bienheureux Sauveur, qui par les souffrances de la croix est entré dans sa gloire, l’abaissement ayant été le chemin et comme l’échelon de son exaltation : Parce qu’il s’est abaissé, dit saint Paul, Dieu l’a souverainement exalté, et lui a donné un nom par dessus tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou se ploie, et que toute langue confesse qu’il est le Seigneur à la gloire du Père (Philippiens 2: 8-11). Et si cela s’est fait à l’égard du Chef, ne devons nous pas espérer qu’il s’accomplira de même dans la personne de ses membres ? Puisque l’Apôtre nous assure que si nous souffrons avec Jésus-Christ nous régnerons aussi avec lui, si nous portons la mortification du Seigneur Jésus dans notre corps mortel, sa vie aussi sera manifestée en ce même corps (2 Corinthiens 4: 10-11). Je sais bien que nous ne pouvons pas nous promettre d’être élevé absolument au même degré de gloire qu’il a reçu, puisqu’il y a une si grande disproportion de nous à lui, et qu’il faut qu’il tienne toujours le premier rang en toutes choses, mais nous ne devons pas douter pourtant, qu’ayants été prédestinés à être rendus conformes à son image (Romains 8: 28), si nous l’avons été ici bas en celle de la croix, nous le serons aussi en celle de la gloire, et que quand Christ qui est notre vie apparaîtra, nous apparaîtrons aussi avec lui en gloire (Colossiens 3: 4). C’est là sans doute la principale exaltation, à laquelle saint Pierre regarde, qui fait l’objet de nos espérances, et l’accomplissement de notre bonheur. Je ne nie pas qu’on ne puisse aussi la rapporter à l’honneur et à la gloire temporelle, dont le Seigneur veut couronner quelquefois l’humilité de ses enfants, comme on l’a vu dans la personne de Joseph, de David, de Daniel, d’Esther, et des Juifs de son temps, et d’une infinité d’autres, qui ont éprouvé la vérité de cette promesse, mêmes à l’égard de cette vie. Mais comme tous ces biens et ces honneurs qui ne sont que passagers et momentanés, ne sauraient nous satisfaire, il faut l’étendre plus loin, et considérer surtout la gloire immortelle et bienheureuse, que Dieu prépare à ses enfants, dont il leur donne dès ici bas les prémices et les avant-goûts, dans la dignité de Rois et de Sacrificateurs à laquelle il les élève en les faisant enfants de Dieu et frères de Jésus-Christ, en attendant qu’il leur en donne la plénitude dans le ciel par le comble de la félicité, dont il les fera participant Ce sera alors qu’il les exaltera véritablement au dessus de tout ce qu il y a de plus grand et de plus glorieux dans le monde, et qu’il fera un heureux changement dans leur condition. Ici ils rampent toujours sur la terre environnés de péché et de misère, mais là ils seront parfaitement glorieux, sans péché et sans misère. Ici ils ne sont regardés que comme la raclure et la balayure du monde, mais là ils seront assis sur te trône de Dieu avec le sceptre à la main, et la couronne sur la tête, pour régner avec lui éternellement. Ici ils sont dans le combat, mais là ils seront dans le triomphe. Ici ils gémissent sous la pesanteur de la croix, mais là ils se réjouiront dans la possession de la gloire. Ici en un mot ils traînent toujours un misérable corps de mort, qui les jette dans l’amertume et dans la tristesse, mais là ils revêtiront un corps spirituel et incorruptible, qui ne verra jamais la mort, et qui jouira sans intermission de la félicité et de la vie. Ne croyez pas pourtant, mes Frères, qu’encore que l’Apôtre dise que nous devons nous humilier, afin que Dieu nous élève, cette humilité soit une cause qui mérite cette exaltation ou que l’exaltation en soit un effet. La grande disproportion qu’il y a de l’une à l’autre, de l’une qui est finie et temporelle, à l’autre qui est éternelle et infinie, de l’une qui n’est jamais sans défaut, à l’autre qui est accomplie de tout point, fait assez voir qu’il n’y a rien ici de semblable, et que si Dieu donne cette récompense à l’humilité, c’est comme un don de sa grâce, et non pas comme un fruit de notre mérite. Dieu veut bien que l’humilité soit un chemin qui nous conduise à la gloire et la condition qu’il nous faut avoir pour devenir bienheureux, mais ce n’est pas qu’elle puisse rien contribuer de soit-même à l’acquisition d’un si grand bonheur, que nous ne devons tout entier qu’à la miséricorde de Dieu, et au mérite du Seigneur Jésus.
    Mais remarquez que l’Apôtre ne dit pas simplement, que Dieu nous élèvera, mais qu’il le fera, quand il en sera temps, afin qu’il vous élève quand il en sera temps, pour marquer que l’exécution de cette promesse doit être absolument remise à la sage providence de Dieu, qui ayant les temps en sa main, et qui connaissant parfaitement ce qui est expédient pour sa gloire et pour notre salut, ne manquera pas de nous accorder cette grâce au moment qui sera opportun et nécessaire. Sur quoi, mes Frères, nous avons deux réflexions importantes à faire, l’une, que comme dans la nature, Dieu a assigné à chaque chose sa saison et son temps, comme dit le Sage, et qu’il veut qu’il y ait une continuelle révolution de jour et de nuit, de beau et de mauvais temps, de même, il veut que dans la grâce les fidèles expérimentent une grande diversité de temps, qu’il y ait des jours d’affliction et de misère, et des jours de prospérité et de joie, des temps de combat et de souffrance, et des temps de victoire et de triomphe, des heures d’abaissement et des heures d’exaltation. Il a assigné à chacune de ces conditions, par lesquels il fait passer le fidèle, son temps et sa saison. Il a voulu que le peuple de Dieu eût un temps de servitude et de captivité dans l’Égypte et dans Babylone, et un temps de liberté et de délivrance. Il a voulu que David eût un temps de combat et de souffrance devant que voir celui de son couronnement et de son règne. Et comme le Seigneur Jésus a eu une certaine heure à souffrir et à combattre, qu’il appelle l’heure de la puissance des ténèbres, devant que de voir resplendir le jour de sa victoire et de son triomphe dans sa résurrection bienheureuse. Ainsi l’Église a son temps de deuil et de persécution, auquel elle est abaissée, et réduite souvent aux dernières extrémités, et son temps de consolation et de joie, dans lequel elle est délivrée de ses ennemis, et mise dans un état considérable sur la terre. L’autre considération que nous avons à faire, regarde notre devoir, pour nous apprendre, que puisque Dieu nous promet de nous élever quand il en sera temps, nous ne devons jamais rien prescrire à Dieu ni quant au temps ni quant à la manière de notre délivrance, il faut se résigner absolument en cela, de même qu’en toute autre chose, à sa sage providence, qui fait mieux que nous le temps qui est propre pour nous aider, et les moyens qu’il faut employer pour cela. C’est pour ce sujet qu’il nous assure bien qu’il viendra à notre secours, mais il ne nous dit pas ni quand ni comment il doit venir pour nous tirer de nos détresses, et pour nous faire part de la gloire, afin que nous reposants doucement sur ses divines promesses, nous en attendions sans inquiétude l’accomplissement. Grande et importante leçon, qui nous est extrêmement nécessaire pour réprimer nos impatiences ordinaires, qui nous portent si souvent au murmure et à la défiance. Si Dieu nous donne quelque promesse, nous voudrions qu’elle ne fut pas plutôt proposée, qu’accomplie, et nous sommes si téméraires, que de lui prescrire souvent le temps de sa venue, et de nous plaindre de son retard, comme s’il avait oublié sa promesse et notre nécessité. Mais souvenons-nous, mes Frères, que nous avons à faire à un Dieu qui est plus sage que nous, et qui connait mieux que nous-mêmes ce qui nous est salutaire, qui ne laissera jamais passer le temps opportun de notre délivrance. ne croyons pas que quand il diffère pour quelques moments le secours que nous lui demandons, il tarde en effet au delà de ce qu’il faut, et qu’il n’ait pas soin d’accomplir sa promesse, c’est un mystère de sa sagesse, qui veut nous obliger par là à redoubler notre zèle, et à persévérer dans la prière, Si le Seigneur tarde, attends-le, car il ne manquera point de venir, et il ne tardera point (Habacuc 2: 3), dit Habacuc, et saint Paul suivant la même pensée : Encore tant soit peu de temps, et celui qui doit venir viendra, et ne tardera point. Or le juste vivra de la foi, mais si quelqu’un se soustrait, mon âme ne prend point de plaisir en lui (Hébreux 10: 37-38). Quand donc nous nous rencontrerons en quelque fâcheuse épreuve, que nous serons attachés dans un lit de langueur, ou resserrés dans quelque triste prison, ou exposés à quelque semblable souffrance attendons nous à l’Éternel, et soyons assurés qu’il ne manquera pas de venir nous en délivrer, quand il en sera temps. Je dis le même à l’égard des calamités générales de l’Église, s’il veut qu’elle soit abattue, et réduite souvent aux dernières extrémités sans espérance de ressource, sachons pourtant, qu’il ne veut pas qu’elle périsse, et qu’il ne souffrira jamais que les portes de l’enfer prévalent contre elle. Il semble bien à notre chair impatiente, qu’il la laisse trop longtemps dans la souffrance, et qu’il tarde plus qu’il ne faut à vernir, mais ne doutons pas qu’il n’en ait toujours le soin, et qu’il ne vienne l’élever quand il en sera temps. L’expérience que l’on en a fait depuis tant de siècles, et la parole de l’Apôtre nous en doit pleinement persuader. Jugez donc, mes Frères, quel sera notre bonheur, si nous gommes soigneux d’obéir à l’exhortation de l’Apôtre, et de pratiquer le salutaire devoir qu’il nous commande, puisqu’il doit être suivi d’une si admirable promesse.
    Qu’il serait bien à souhaiter que nous puissions l’exécuter aussi aisément, que nous en reconnaissons la justice et la nécessité ! Quelle joie et quelle satisfaction ne trouverions-nous pas dans cet exercice, si nos esprits étaient véritablement ornés d’humilité, pour être en état de nous soumettre sans murmure aux ordres de la bonne providence de Dieu, et de nous humilier sous sa puissante main en quelque état que nous fussions ! Outre que nous nous délivrerions par là d’une infinité de soucis vains et inutiles, qui nous rongent et qui nous déchirent continuellement l’esprit, nous pourrions espérer infailliblement d’être un jour élevés par le Seigneur au comble de la gloire. Mais d’où vient que nous ne pouvons pas avoir le sentiment de ce bonheur, et que nous sommes si souvent inquiétés de tant de craintes et de sollicitudes fâcheuses ? Sinon du peu de soin que nous avons de cultiver cette admirable vertu, nous la louons tous de bouche, et nous sommes fort éloquents à en faire le panégyrique, mais nous en négligeons étrangement la pratique dans la vie. L’amour aveugle que nous avons pour nous-mêmes, et cet orgueil que le serpent ancien a inspiré à nos premiers parents, est si avant enraciné dans nos cœurs, que nous avons toutes les peines du monde à nous humilier, et quoique la considération de notre néant et de notre misère nous y devrait obliger, quoique la voix de Dieu qui nous en recommande si souvent la pratique, et qui nous propose les biens glorieux qui sont préparés aux humbles, et les maux effroyables qui attendent les orgueilleux, nous devrait sans doute engager indispensablement à cette étude, quoique l’exemple du Seigneur Jésus et de tous les Saints nous y devrait porter sans peine, si nous étions tels que nous devrions. Cependant nous ne pouvons pas dompter notre cœur fier et orgueilleux, ni le captiver à l’obéissance de Christ. Plus nous sommes misérables, plus nous sommes orgueilleux, et tant plus Dieu nous donne de sujet de nous humilier, tant moins pouvons-nous nous abaisser. Nous en donnons tant de marques dans notre conduite, que nous ne sommes pas fort en peine de justifier ce que nous disons. Je ne dirai pas seulement dans notre vanité et notre luxe quoi qu’à cet égard on ne voit que trop combien nous sommes éloignés de l’humilité que le Seigneur nous recommande, sans que ni les lois du Magistrat, ni la voix de l’Église, qui ne manque pas de nous le reprocher, puisse rien opérer sur nos esprits, pour nous ramener à la modestie et à la simplicité vraiment Évangélique, digne des disciples du Seigneur Jésus, et de la Religion reformée dont nous faisons profession. Mais je dis surtout dans cette fierté et cette présomption dont nous sommes si fort entêtés, qui nous fait non seulement méprisé nos frères avec dédain, mais nous élever insolemment contre Dieu pour rejeter sa Parole, et pour regimber contre l’aiguillon, Car si cela n’était, verrait-on pas plus de soumission à ses ordres, plus d’obéissance à ses lois, plus de sentiment de ses coups, et plus de résignation à sa Providence ? Apprenons donc aujourd’hui, mes Frères, de saint Pierre une si importante leçon, et sachons que nous ne saurions avoir mieux employé cette heure qu’en la gravant profondément dans nos cœurs. Quand la considération de ce que Dieu est de ce que nous sommes, de sa puissance et de notre faiblesse, de sa justice et de nos crimes, de sa pureté et de nos souillures ne nous obligerait pas à nous humilier sous sa puissante main, l’intérêt de notre propre salut nous y devrait engager, puisque nous savons qu’il n’y a point de disposition plus agréable à Dieu, ni plus salutaire pour nous. C’est le seul chemin pour arriver à la gloire, comme l’orgueil est la voie infaillible de tomber dans la misère et dans la mort, Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. C’est l’orgueil qui a perdu le Démon, et c’est l’humilité du Fils de Dieu, qui nous a acquis le salut. C’est l’orgueil qui a chassé Adam du Paradis, et c’est par l’humilité que le bon brigand est entré dans le ciel. C’est l’orgueil qui a fait périr Pharaon, et c’est l’humilité qui a conservé Joseph. C’est l’orgueil qui a fait changer Nébucadnetsar en bête, afin d’apprendre à s’humilier sous le Roi du ciel et de la terre, et c’est l’humilité qui a élevé David sur le trône. Humilions-nous donc sous la main puissante de Dieu, afin qu’il nous élève quand il en sera temps, souvenons nous que nous ne sommes rien de nous-mêmes que de misérables créatures, chargées de crimes, et sujets à la malédiction de Dieu, qui de mille articles ne saurions répondre à un seul, si Dieu veut entrer en jugement avec nous. Si les Séraphins qui sont sans péché, sont obligés de couvrir leurs faces de leurs ailes, pour ne pouvoir pas porter l’éclat de la Majesté de Dieu, comment oserions nous paraître en sa présence, souillés et criminels que nous sommes ? Faut-il pas que nous nous abaissions dans la poudre pour reconnaître notre néant, et pour recourir à sa grâce ? Et quand nous aurions toute sorte d’avantages, nous avons bien sujet d’en remercier le Seigneur, mais non d’en tirer aucune vanité, Qu’as-tu que tu n’aies reçu, et si tu l’as reçu, pourquoi t’en glorifies-tu ? Comme si tu ne l’avais pas reçu ? Faisons paraître cette humilité dans quelque condition où Dieu nous appelle, soit dans la prospérité, soit dans l’adversité. Car si Dieu nous bénit en cette vie, cela ne nous doit-il pas obliger à nous humilier sous un si bon Père, pour le remercier de ses faveurs, et pour nous porter à le servir avec plus de zèle et plus de fidélité ? S’il nous châtie aussi, et s’il appesantit sa main sur nous, gardons de regimber jamais contre l’aiguillon, ni de nous soustraire par orgueil, disposons nous a porter ce joug du Seigneur avec patience, et avec une entière résignation à sa volonté. Il ne veut pas véritablement, que nous perdions jamais courage, ni que nous nous jetions dans le désespoir, mais il ne veut pas non plus que nous soyons insensibles à sa verge, et que nous nous endurcissions sous à main, s’il nous humilie par son châtiment, il veut que nous nous humilions par notre repentance, s’il nous visite par quelque épreuve, il veut que nous reconnaissions le temps de sa visite pour penser aux choses qui appartiennent à notre paix. En un mot, il veut que nous adorions avec respect, et que nous nous soumettions avec obéissance à cette puissante main, soit qu’elle donne le bien, soit qu’elle l’ôte, soit qu’elle soutienne, soit qu’elle abatte. Il n’y a qu’elle seule que nous devions craindre, je sais bien que la main des hommes est dure, et qu’elle à beaucoup de cruauté et de violence contre nous, mais tout cela ne nous doit pas faire craindre, si nous avons la main de Dieu pour nous qui n’est jamais raccourcie qu’elle ne puisse sauver. Que nous serions heureux, mes Frères si nous pouvions nous assurer de la protection de cette puissante main ! Nous serions par là à couvert de tout ce que la terre et l’enfer, les hommes et les démons pourraient machiner contre nous, et nous aurions sujet d’espérer que cette bonne main venant à s’ouvrir sur nous, nous comblerait de toute sorte de biens. Mais que notre condition serait misérable, si au lieu de nous humilier sous cette puissante main, nous l’obligeons par nos rebellions et par nos ingratitudes à s’armer contre nous, et à nous poursuivre par les traits de sa vengeance. C’est une chose bien douce de s’humilier sous la main du Dieu des miséricordes, mais c’est une chose terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant, quand il nous regarde en Juge et non pas en Père. Gardons, mes Frères, d’irriter par la continuation de notre impénitence la majesté de ce grand Dieu, qui nous fait tant de bien, de peur que cette puissante main, qui nous a couverts si miraculeusement jusques ici, et qui a combattu pour nous avec tant de merveille, ne se retire de dessus nous, et ne se tourne même contre nous pour nous détruire. Travaillons plutôt pur notre piété et par notre zèle à nous la rendre toujours favorable. Abaissons devant elle toute notre orgueil et toute notre vanité, pour confesser que nous ne sommes que poudre et cendre en sa présence, de misérables pécheurs, qui ne pourrions pas subsister un moment en sa présence, s’il voulait nous traiter à la rigueur de sa justice et selon la grandeur de nos crimes. Que toute notre étude soit de recourir avec une profonde humilité au trône de sa grâce pour implorer sa miséricorde avec le Péager et pour nous résigner avec une soumission entière à tout ce qu’il lui plaira de faire de nous. Et s’il lui plaît d’appesantir sa main sur son Église, comme nous voyons avec une extrême douleur qu’il le fait présentement par les terribles coups donc il la frappe, ne murmurons jamais contre, cette sage Providence Adorons en silence et en humilité ses jugements, et souvenons-nous que nous ne les avons que trop mérité, et qu’ayant si longtemps abusé de ses grâces, et méprisé sa voix, il était bien juste qu’il nous fît sentir sa main pour nous réveiller de notre sécurité, et pour nous ramener de nos égarements. Mais soyons aussi assurés, que son Église s’humilie profondément en sa présence par un véritable sentiment de ses fautes, et par une sérieuse résolution de s’amender et de retourner sincèrement jusques à lui, il en aura pitié dans ses grandes miséricordes, cette même main qui l’a frappé, la médecinera, celle qui a fait la plaie, la bandera, et celle qui l’a abattue, la relèvera. Et si bien nous ne voyons pas venir les jours de la délivrance si tôt que nous désirerions, s’il semble que le Seigneur tarde, et qu’il la laisse trop longtemps souffrir, qu’il ne nous arrive jamais de nous inquiéter, ou de nous défier de sa grâce, attendons-le patiemment et avec foi, et il ne manquera pas de venir, et de faire son œuvre quand il en sera temps. Laissons à ce bon Père qui est plus sage que nous, et qui a les temps en sa main d’en disposer comme il jugera nécessaire, et soyons persuadés qu’il accomplira toujours ses promesses, et qu’il viendra au moment qu’il faudra pour la délivrer. Que cette pensée nous soutienne aussi, mes Frères, dans les afflictions particulières, auxquelles nous pouvons être exposés, si nous sommes dans un lit de langueur, si nous nous trouvons dans la pauvreté, dans la faim, dans l’exil ? Dans la prison, et dans quelque calamité semblable, ne doutons pas que si nous nous humilions véritablement sous la main puissante de Dieu, par les mouvements de notre repentance, le Seigneur ne nous en délivre, et qu’il ne nous élève quand il en sera temps. Et encore que nous ne puissions pas en savoir la manière ni le temps, sachons pourtant qu’il ne manquera pas de nous l’accorder comme il sera le plus expédient pour notre salut pour sa gloire, si ce n’est pas précisément au moment que nous souhaiterions, parce qu’il ne le trouve pas à propos, ce sera toujours au moment qu’il jugera nécessaire pour notre consolation, pour nous mettre en possession du salut que nous attendons selon ses promesses et nos espérances. Amen.

  2. Rabetsimialona dit :

    Merci beaucoup Pasteur Denault. Que Le Seigneur vous benisse toujours plus dans votre ministere.

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