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La beauté physique n’est pas synonyme de vertu

Par Sharon Bratcher

Les hommes ont toujours apprécié la beauté chez les femmes, ce qui n’est pas mal en soi. Le problème, c’est que la définition de la beauté a changé au cours du siècle dernier, ce qui cause de grandes difficultés aux femmes, aux hommes, aux enfants qui observent et apprennent ainsi qu’à l’Église.

J’ai lu récemment un roman de Toni Morrison qui exprime très clairement cette réalité. Mme Morrison décrit la solitude de son personnage principal et comment celle-ci cherche à se divertir, à fuir et à se consoler en se tournant vers les films. Ces films ont un effet dévastateur sur elle à cause de l’accent qu’ils mettent sur l’amour romantique et l’importance de la beauté physique. Voici un extrait de ce livre:

À la place, elle est allée au cinéma. Là, dans l’obscurité, les souvenirs ont refait surface et elle a succombé à ses anciens rêves. En plus de mettre en valeur le concept de l’amour romantique, les films l’ont introduite à un autre concept, celui de la beauté physique, qui est probablement le concept le plus destructeur dans l’histoire de la pensée humaine. Les deux concepts avaient pour origine l’envie, se développaient à merveille dans l’insécurité et l’ont conduite à la désillusion. En faisant de la beauté physique et de la vertu des synonymes, elle s’est dépouillée de son esprit, l’a enchaîné et n’a récolté qu’un profond mépris d’elle-même. Elle a oublié la différence entre convoiter et aimer tout simplement en se souciant de l’autre. Pour elle, l’amour consistait à s’accoupler de manière possessive et son esprit ne visait que l’amour romantique.

Cette conception des choses allait devenir pour elle la source de laquelle jailliraient les émotions les plus destructrices, ces émotions qui cherchent à tromper et à emprisonner l’amant, cherchant à restreindre la liberté de toutes les façons possibles. Elle n’a jamais été capable, après son éducation reçue par le biais des films, de regarder un visage sans le classer dans l’une ou l’autre des catégories de l’échelle de la beauté absolue, une échelle sortie tout droit du monde de l’écran et à laquelle elle avait complètement adhéré. Ce n’était qu’un simple plaisir qu’elle s’accordait, mais c’est là qu’elle a appris ce qu’il fallait aimer et ce qu’il fallait haïr.

Les images fausses et idéalisées de ces femmes et de ces hommes, de leurs relations romantiques et de la vie dans leurs foyers l’ont rendue encore plus malheureuse dans son propre foyer et ont ruiné sa vie.

Nous avons peut-être diverses opinions sur qui est séduisant, pas très beau, gros, maigre ou sur qui a la plus belle chevelure. Nous trouvons que les dents d’une personne sont croches ou son nez trop gros et que les oreilles d’une autre sont décollées. Mais pourquoi pensons-nous que la seule façon pour une femme d’être belle est d’être mince comme un fil et que certaines dimensions et certaines formes bien précises sont la norme qu’il faut chercher à atteindre? C’est parce que nous avons tous été influencés par Hollywood.

Quand nous observons des peintures anciennes, nous y voyons des femmes plantureuses et grassouillettes, au visage fort et musclé. C’était un signe de santé et de capacité à engendrer des enfants forts. La douceur des femmes était aussi une qualité appréciée. Les femmes à l’air famélique qui constituent l’incroyable norme actuelle auraient autrefois été considérées comme maladives. Elles auraient probablement été ignorées, du fait qu’il était douteux qu’elles puissent donner naissance à des enfants forts et en santé.

Dieu fait très peu de gens selon les caractéristiques physiques parfaites qui constituent l’idéal de la culture actuelle. En fait, même les gens que l’on voit dans les films et les revues ne ressemblent pas aux gens dans les films et les revues. Il faut quatre heures pour les maquiller et les coiffer. Une colle spéciale doit être utilisée pour retenir les oreilles de ceux ou de celles dont on estime qu’elles sont trop décollées. Des talons hauts ou un tabouret sont utilisés pour faire paraître plus grands ceux et celles qui sont considérés trop petits. Des rembourrages et des vêtements coûteux font le reste. Des interventions médicales et dentaires sont aussi nécessaires: augmentation de la poitrine, chirurgie plastique du nez, traitements d’orthodontie, produits cosmétiques de rajeunissement comme le Botox, liposuccion. Juste essayer d’être “acceptable” dans cette culture constitue un emploi à temps plein.

Dieu crée des gens avec toute une variété de nez et de torses. Il a créé des cheveux droits, ondulés, crépus, minces ou épais, de toutes sortes de couleurs et de textures, de poids différents et de longueurs différentes.

Mais qu’est-ce qu’on constate? Des jeunes hommes observent les filles en faisant des comparaisons pour déterminer celles qui sont les plus jolies et tendent à fréquenter ou courtiser seulement celles qui s’approchent des normes de Hollywood. Porter attention aux filles qui ne correspondent pas à ces normes pourrait leur donner l’impression qu’ils se contentent de moins ou pourrait les mettre dans une situation où ils risquent de se faire ridiculiser par les autres jeunes hommes. La beauté physique devient synonyme de vertu. Certaines jeunes femmes, ou plutôt presque toutes les jeunes femmes, finissent par penser qu’il y a quelque chose “qui ne va pas” dans leur apparence.

Ce genre d’attitude a pour conséquence de limiter les possibilités de mariage pour plusieurs jeunes femmes, ce qui signifie moins de familles chrétiennes qui élèvent des enfants dans le Seigneur. Les images avec lesquelles Hollywood nous bombarde entraînent des sentiments de culpabilité constants et des tonnes de mépris de soi parce que tout le monde passe beaucoup trop de temps à se soucier de l’apparence physique plutôt qu’à chercher à imiter Jésus-Christ et à vivre de manière sainte. La beauté devient une idole.

Voici un fait qui doit être clarifié: les caractéristiques physiques d’une personne n’ont absolument rien à voir avec ses capacités de faire l’amour, de donner de l’amour, d’être bonne, gentille, travaillante, honnête, fidèle et remplie de sainteté.

C’est vrai qu’un mari devrait se sentir attiré par la femme qu’il va épouser, mais il devrait se demander d’où vient sa définition de la beauté.

Une vie sainte et consacrée à Dieu devrait être attrayante.

 


Paru dans la revue Lumière sur mon sentier Vol. 6, No. 4, hiver 2011, également disponible pour abonnement en format papier.

Traduit et réimprimé avec permission, Sharon Bratcher, “Physical Beauty Does Not Equate Virtue”, Reformed Perspective, Vol. 30, No. 3, janvier 2011, p. 30.

Première publication le 17 février 2012 @ 15 h 59 min

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  1. Si tu passes ta souris au-dessus de ton commentaire test, un X apparait et tu peux l’effacer en plus! Génial pour quand tu écris des gaffes. Pas que ce soit ton genre…