Jésus refuse d’être soulagé

Par Carl Van Dam, pasteur

“Ils lui donnèrent à boire un vin mêlé de myrrhe, mais il ne le prit pas.” (Marc 15:23)

Le récit de la passion contient beaucoup de détails qui ne retiennent pas notre attention, alors que le texte nous entraîne vers le point culminant des souffrances de Jésus. Chaque détail a toutefois été écrit pour notre édification et pour notre instruction dans la foi. C’est le cas du texte sur lequel nous nous pencherons et qui relate l’incident du vin mêlé de myrrhe.

Une tradition juive nous apprend que, pour soulager un peu leurs souffrances, du vin mêlé à une autre substance était offert à l’époque à ceux qui étaient sur le point d’être exécutés et qui allaient beaucoup souffrir pendant leur mise à mort. La myrrhe est un exemple d’une telle substance. Elle possédait, semble-t-il, des propriétés narcotiques, comme l’atteste Dioscorides Pedanius, médecin des temps anciens qui a fait une étude exhaustive de nombreuses plantes et de nombreux médicaments au premier siècle de notre ère. Les commentateurs ne s’entendent pas tous sur la signification exacte du geste des soldats offrant à Jésus du vin mêlé de myrrhe, mais, compte tenu des circonstances, il semble tout à fait plausible qu’ils aient offert un analgésique à Jésus pour soulager ses souffrances.

Jésus venait tout juste de subir beaucoup de souffrances physiques. Il avait été flagellé et battu. On avait mis sur sa tête une couronne d’épines et les soldats l’avaient frappé à répétition sur la tête avec un bâton. Ils avaient finalement amené Jésus à Golgotha pour le crucifier. La crucifixion est une façon très douloureuse de mourir. Toute autre personne dans de telles circonstances aurait accepté volontiers n’importe quelle sorte de soulagement pour apaiser les terribles souffrances qu’il venait de subir et qu’il allait encore subir. Mais Jésus n’a pas pris le vin mêlé de myrrhe qu’on lui offrait.

Pourquoi ? Pourquoi Jésus ne pouvait-il être soulagé un tant soi peu de ses souffrances, le pire étant encore à venir ? Parce que ce qui se passait à ce moment-là allait bien au-delà de la simple souffrance physique, aussi pénible ait-elle pu être. Le vin mêlé de myrrhe lui a peut-être été offert dans un geste de bonté humaine élémentaire, mais le diable s’en est servi pour tenter Jésus, pour l’inciter à emprunter une voie plus facile, celle de porter attention aux besoins de son propre corps plutôt qu’à la volonté de Dieu concernant sa vie.

Par cette offre banale d’un peu de vin mêlé de myrrhe, Jésus a fait face à la tentation d’emprunter la voie plus facile, d’entrer dans les profondeurs de l’enfer dans un état engourdi, ce qui lui aurait permis d’éviter une partie de ses souffrances. Mais grâces soient rendues à Dieu ! Jésus est demeuré fidèle et n’a pas emprunté la voie plus facile. Il savait qu’il devait subir la colère de Dieu et la punition pour nos péchés dans toute leur plénitude pour qu’il y ait parfaite satisfaction. Les normes saintes et parfaites de Dieu exigeaient rien de moins qu’une satisfaction complète.

Voyez la grandeur de l’amour dont Jésus-Christ a fait preuve envers des pécheurs comme vous et moi en refusant de recevoir tout soulagement au milieu de ses souffrances ! Il l’a fait volontairement et consciemment. Il a vécu sa vie dans une parfaite obéissance à tous les commandements de Dieu. C’est le plan de son Père qui occupait en tout temps la première place dans ses pensées. Il n’aurait jamais accepté, en aucune circonstance, de prendre des voies d’évitement devant les exigences des commandements de Dieu. Il avait toujours les yeux fixés sur ce que Dieu voulait de lui. Il s’est offert comme l’agneau parfait, l’agneau sans défaut, sans même le défaut d’une pensée engourdie et d’un esprit enivré. Il a été sacrifié tout entier à tous égards. Il a subi le rejet de Dieu dans toute sa pensée, dans toute son âme et dans son être tout entier. Lorsqu’il s’est écrié “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?” (Marc 15:34), il n’a pas prononcé ces mots comme quelqu’un qui ne savait pas ce qu’il disait. Il n’était pas en train d’halluciner ou d’imaginer des choses. Non, il était dans la réalité, dans la réalité la plus complète.

Sur la croix, Jésus-Christ est descendu en enfer d’une façon totale afin que nous puissions être totalement délivrés. Nous n’avons pas besoin de subir une petite partie de ces souffrances, pas même la moindre parcelle, parce que les souffrances de Jésus auraient été partielles. Non, Jésus a tout fait et tout subi de manière parfaite et complète, dans tout son être. Ses souffrances et sa mort nous permettent d’avoir le pardon de tous nos péchés. Jésus a bu la coupe de la colère de Dieu jusqu’à la dernière goutte afin que notre coupe déborde des magnifiques bénédictions du Seigneur: le pardon des péchés, la justice et la vie éternelle. Venons boire à grands traits à la coupe de ces trésors que Jésus nous a acquis et vivons dans la joie de son salut tous les jours de notre vie.

 


Paru dans la revue Lumière sur mon sentier Vol. 7, No. 1, printemps 2012, également disponible pour abonnement en format papier.

Traduit et réimprimé avec permission, C. Van Dam, “Jesus Denies Himself Relief”, Clarion, Vol. 60, No. 8, 8 avril 2011, p. 185.
L’auteur est pasteur de l’Église réformée canadienne (CanRC) à Grassie en Ontario.

Posted in Sujets:, Théologie
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