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Guy Turcotte… (quelques pensées)

Oliver & Anne-Sophie TurcotteComme beaucoup d’entre vous, je suis avec fébrilité le procès de Guy Turcotte. Je ressens le besoin pressant d’épancher mon cœur; c’est pourquoi j’écris…

Cette histoire est d’une accablante tristesse. Chaque fois que j’y pense, ou quand j’en entends parler, dans mon entourage, dans les médias, je suis habité par cette émotion bizarre d’horreur et de compassion. Mon sentiment est particulièrement exacerbé par le fait que j’ai de jeunes enfants moi aussi, à peu près de l’âge qu’avaient ceux de Guy Turcotte lorsqu’il les a tués. Je regarde mes petits et je les vois si vulnérables. Comme tous les enfants, ils sont facilement en proie à la peur devant des choses pourtant banales : peur d’aller au lit, peur du tonnerre, peur des gros camions qui font du bruit, peur des chiens ou des requins, peur de toutes sortes de choses qui n’existent pas et qu’ils imaginent.

Lorsque nos petits ont peur, ils courent vers Caroline ou vers moi; dans leur détresse ils nous appellent. Nous accourons toujours pour eux; nous nous levons du lit la nuit, nous les prenons dans nos bras, nous les rassurons, nous prions avec eux, nous débusquons les dangers imaginaires et ils s’enfuient, nous leur prenons la main pour traverser les dangers lorsqu’ils sont réels… C’est notre rôle, nous sommes papa et maman. Jeanne Cherhal chante : « Il n’y a pas, de bonheur plus grand que d’être dans les bras de ses parents. Il n’y a pas, plus réconfortant, qu’un papa, qu’une maman. »

L’histoire des petits Turcotte est si troublante parce que c’est leur papa qui est devenu le monstre de la nuit qui les a fait mourir. Je me souviens que mes cauchemars d’enfant étaient moins effrayants que ça. Je rêvais qu’un ours me dévorait ou dévorait mon père, mais je n’ai jamais rêvé que mes parents m’assassinaient. Lorsque je m’éveillais d’un cauchemar, je courrais rejoindre mes parents endormis et leur présence chassait toute angoisse.

La fragilité de mes propres enfants m’émeut de compassion (Psaume 103.13)… Je pleure en imaginant la peur dans les yeux du petit Olivier et de la petite Anne-Sophie. J’aimerais que cette histoire ne soit jamais arrivée et j’ai le vertige en pensant à ces milliers vulnérables dans le monde qui ont péri et qui périssent par la violence…

Nous n’avons aucune difficulté à haïr un assassin, en particulier s’il a tué des enfants. Clifford Olson ou Gino Dupont n’ont pas suscité et ne suscitent toujours pas beaucoup de compassion dans la population. Mais devant Guy Turcotte, nous nous sentons perplexes. Nous sommes en quelque sorte divisés entre la détestation que nous ressentons généralement devant un assassin et la compassion que nous éprouvons envers les parents dont les enfants ont été tués. En Guy Turcotte nous avons ces deux personnes! Il espérait mourir et emporter ses enfants avec lui dans la mort… il s’est réveillé avec le sang de ses enfants sur lui. Il s’est alors vu meurtrier et à jamais meurtri. Pourra-t-il pleurer assez pour expier? Sa culpabilité et sa tristesse ne pourront-elles jamais fondre?

J’espérais rencontrer Guy Turcotte au Centre régional de réception où il ira bientôt. J’aurais voulu pleurer avec lui. Par-dessus tout, j’aurais voulu lui donner de l’espoir, lui parler de pardon, de recommencement, de l’amour de Dieu, de l’Évangile de Christ. Le Seigneur en a voulu autrement… Je prie maintenant pour mon ami Steve qui me remplace comme aumônier, afin qu’il proclame à cette âme en détresse la guérison, à ce captif la délivrance.

 

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  1. D’avoir de la compassion pour Turcotte, fait en sorte qu’on me pointe du doigt. Pourtant, nous ne devons pas juger ni de la justice des humains encore moins de celle de Dieu.

    Je ne suis pas Chrétien ni conservateur ni rien … simplement humain.

    Je considère que bien des gens en prison auraient bien davantage besoin d’amour et de soin que de punition.

    Réfléchir, méditer …aller au-delà de l’horreur des geste sposé. Se questionner mais surtout ne pas entrer dans une spirale de violence. Notre société doit continue rà évoluer.

    Turcotte a davantage besoin d’une main tendue.

  2. Je souhaite une nouvelle loi pour les parents qui assasinent leurs enfants. Nous ne sommes peut-être pas ici pour juger mais pour protéger les enfants.
    Monik

  3. @kmonik

    Je suis tout à fait en faveur de protéger les enfants, mais selon vous quelle loi aurait pu empêcher ce drame?

    Il y aura toujours des tragédies, peu importe le nombre de lois…

    Par contre, je suis d’avis qu’il faut une peine sévère pour Guy Turcotte. Je ne suis pas de ceux qui déresponsabilisent les auteurs de crimes jusqu’à voir ceux-ci comme des malades plutôt que des criminels. La responsabilité humaine fou le camp de nos paradigmes modernes… signe que la société se lézarde.

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  6. Le temps a passé…..la poussière est tombée. Quel dommage pour cette famille. Même si c’est à la ”mode” l’adultère n’est pas ”banal” surtout entre ”amis”….
    .
    La jalousie et la colère peuvent rendre ”fou” faire perdre le ”nord”……Chaque adulte a sa responsabilité dans ce cas. Mais la ”mort” d’enfant, de ses enfants n’est pas justifiable. Que cela nous fasse prendre ”conscience” qu’il y a des actes qui peuvent avoir des conséquences dramatiques…..même si c’est à la ”mode”… trompé son conjoint ou sa conjointe, peut détruire une famille et des vies.