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Guy de Brès et sa lettre à Catherine Ramon

(Par Paulin Bédard, pasteur)

Vous est-il déjà arrivé d’encourager un frère ou une soeur en difficulté, alors que vous-même vous traversiez une dure épreuve? Il est bien normal, dans un temps d’épreuve, d’avoir besoin de l’encouragement des autres. Ce qui est exceptionnel, c’est de pouvoir encourager les autres alors que nous-mêmes nous sommes au milieu d’une épreuve. C’est vraiment l’oeuvre de la grâce. Comme dit l’apôtre Paul en 2 Corinthiens 1:3-4: « Le Dieu de toute consolation nous console dans toutes nos afflictions afin que, par la consolation que nous recevons nous-mêmes de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans toutes sortes d’afflictions. »

Dans une prison lugubre

Nous faisons aujourd’hui un petit voyage dans une prison lugubre de Valenciennes, dans le nord de la France. Nous sommes en 1567. Guy de Brès traverse la dure épreuve de la persécution. Il est emprisonné et condamné à mort parce qu’il a été trouvé coupable de prêcher l’Évangile et de croire en Jésus seul pour son salut. Dans sa prison, il écrit à sa femme pour encourager sa bien-aimée. Avant de lire cette lettre absolument magnifique, quelques mots d’abord sur Guy de Brès.

Qui est Guy de Brès?

Guy est né vers 1522 dans la ville de Mons, en Belgique (région wallonne ou française), ou peut-être dans le village de Bray, tout près de Mons. Pendant que sa mère était enceinte de lui, elle a été bouleversée par le message d’un prédicateur. Elle s’est mise à prier pour son bébé, pour qu’il devienne lui aussi prédicateur de la Parole de Dieu. Dieu a entendu cette prière. Guy a grandi dans une famille catholique romaine pieuse.

Il s’est converti vers l’âge de 25 ans. Il a oeuvré comme pasteur pendant la très dure Inquisition espagnole. Arrêté une première fois, il a réussi à s’enfuir à Londres (1547-1552) où il a fait la connaissance d’autres réformateurs réfugiés (Jean Lasko, Peter Dathenus, etc.). En 1552, il est revenu en France et est devenu pasteur à Lille, exerçant un ministère itinérant dans toute la région. Il a rédigé son premier livre, Le bâton de la foi, qui avait pour but de montrer que c’était l’Église réformée qui était en continuité avec l’Église ancienne et non l’Église romaine.

Plusieurs membres de son Église sont morts martyrs. Guy a été obligé de s’enfuir encore une fois. Il s’est rendu à Francfort (en Allemagne), puis à Lausanne et à Genève (en Suisse). Là, il a pu approfondir ses connaissances à l’école de Calvin et de Théodore de Bèze. En 1559, il est rentré au pays et s’est établi à Tournai (Belgique). Il a alors épousé Catherine Ramon.

Son ministère itinérant l’a amené à prêcher l’Évangile et à établir des Églises dans le nord de la France et en Belgique (cette région faisait autrefois partie des Pays-Bas). En 1561, il a publié en français la Confession de foi des Églises réformées aux Pays-Bas. Pourchassé, il a dû de nouveau s’enfuir et se réfugier dans différentes villes pendant cinq ans. Il a écrit un autre livre, La Racine, qui réfute les erreurs des anabaptistes et qui explique qu’il ne faut pas confondre les Églises réformées avec les anabaptistes radicaux insoumis aux autorités.

Le mouvement réformé a beaucoup grandi dans ces régions. Des grands rassemblements avaient lieu en plein air. Une bonne partie de la population devenue réformée a voulu prendre possession des églises et démolir les images et les statues. Guy de Brès, partisan de la modération, n’était pas d’accord avec ces violences, mais la répression s’est installée. La population a résisté plusieurs mois, mais finalement, le 11 avril 1567, Guy de Brès fut arrêté avec d’autres, puis jeté dans la prison de Valenciennes.

Pendant son emprisonnement, il a reçu la force d’écrire plusieurs lettres, alors qu’il savait qu’il allait mourir à cause de sa foi. Le 31 mai, il a été pendu sur la place publique pour avoir officié une célébration de la sainte Cène qui était alors interdite.

Lisons maintenant la lettre écrite à son épouse Catherine Ramon alors qu’il était en prison ainsi que des commentaires explicatifs sur cette lettre.

 


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