Question #8 – La Bible peut-elle être interprétée de manière infaillible?

Réponse: La règle infaillible pour l’interprétation de l’Écriture, c’est l’Écriture elle-même. ~ Romains 12.6

etudes-1689

L’infaillibilité de la Bible implique-t-elle une interprétation infaillible de celle-ci? Autrement dit, si la Bible est exempte d’erreur, en est-il ainsi de son interprétation? L’ensemble des interprétations contradictoires prouve qu’elles ne sont pas toutes vraies. Mais est-il possible d’interpréter infailliblement la Bible? Voici la réponse de la Confession de 1689 à cette question :

(Par. 9) La règle infaillible pour l’interprétation de l’Écriture, c’est l’Écriture elle‑même. Par conséquent, quand se pose une question au sujet du sens véritable et plein d’un passage de l’Écriture (sens qui est un et non multiple), la réponse doit être décidée sur la base d’autres passages qui parlent plus clairement de ce sujet.

La première chose que nous devons comprendre est le principe herméneutique voulant que l’Écriture interprète l’Écriture. Qu’est-ce que signifie ce principe? Premièrement, la Bible ne dépend pas d’un interprète extérieur à elle-même pour lui donner son sens. La confession cite 2 Pierre 2.20-21 pour appuyer cette affirmation :

Sachant tout d’abord vous-mêmes qu’aucune prophétie de l’Écriture ne peut être un objet d’interprétation particulière, car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. 

L’Écriture a un sens objectif en elle-même qui ne dépend de rien à l’extérieur d’elle-même. Lorsqu’une interprétation ne vient pas de l’imagination, de l’intuition ou des traditions des hommes, mais qu’elle vient du texte lui-même, c’est-à-dire de l’exégèse, elle est infaillible. Certes, toutes les exégèses ne sont pas infaillibles parce qu’elles ne respectent pas toujours les textes de la Parole de Dieu. Cependant le texte infaillible de l’Écriture ne peut pas conduire à une interprétation faillible. La tâche de l’interprète biblique est d’apprendre à respecter le texte biblique. Un nombre incalculable d’erreurs sera évité en appliquant ce principe.

Deuxièmement, lorsque l’on dit que l’Écriture s’interprète elle-même, il est question de l’analogie de la foi ou de ce qu’on appelle en latin la regula fidei (la règle de la foi). Romains 12.6 déclare : « que celui qui a le don de prophétie l’exerce selon l’analogie de la foi ». L’analogie de la foi ou la règle de la foi signifie qu’aucun texte de l’Écriture ne peut être interprété en contradiction avec un autre texte. Dieu, qui est l’Auteur de toute l’Écriture (2 Tm 3.16), ne peut pas se contredire (Rm 3.4 ; Tt 1.2). Ainsi, l’Écriture s’interprète elle-même en guidant notre interprétation à l’intérieur de certaines balises. Par exemple, il est impossible d’interpréter les textes où Jésus déclare la supériorité du Père sur le Fils (Mc 13.32 ; Jn 14.28) pour prouver que Jésus n’est pas Dieu (comme le font les témoins de Jehova). L’Écriture interdit une telle interprétation, car ailleurs elle affirme explicitement la divinité de Jésus (Jn 1.1 ; 1 Jn 5.20 ; Col 2.9). Ainsi, l’Écriture s’interprète elle-même par l’analogie de la foi qui implique nécessairement le principe d’harmonisation des textes bibliques.

Troisièmement, interpréter l’Écriture par l’Écriture nécessite d’éclairer les textes obscurs par les textes plus clairs. La confession exprime ainsi ce principe : « Par conséquent, quand se pose une question au sujet du sens véritable et plein d’un passage de l’Écriture (sens qui est un et non multiple), la réponse doit être décidée sur la base d’autres passages qui parlent plus clairement de ce sujet. » L’Écriture reconnaît qu’il y a en elle « des points difficiles à comprendre » (2 P 3.16). Ces passages difficiles doivent être éclairés par les textes plus clairs. Il est important de ne pas faire l’inverse en partant du plus obscur ou plus clair. Au niveau de l’eschatologie par exemple, il ne faut pas commencer avec les passages symboliques pour établir la doctrine des choses dernières, mais il faut comprendre les textes symboliques à la lumière des enseignements plus explicites. Il ne faut pas interpréter la chronologie biblique à partir du millénium mentionné en Apocalypse 20 pour ensuite imposer une grille millénaire à des passages qui ne mentionnent aucunement de millénium, mais il faut interpréter le millénium à partir du reste de la Bible.

Quatrièmement, interpréter l’Écriture par l’Écriture consiste à reconnaitre la christocentricité de la Bible. Jésus déclare que toutes les Écritures rendent témoignage de lui (Jn 5.39). Ce principe est souvent répété dans la Parole (Lc 24.27 ; Ac 10.43 ; Rm 3.21 ; 1 P 1.10-11) Ainsi, tout doit être interprété à la lumière de Christ et de l’Évangile. L’Ancien doit être interprété par le Nouveau et non l’inverse (même si l’Ancien éclaire notre compréhension du Nouveau). Toute l’histoire de la rédemption doit être lue au travers de son accomplissement en Jésus. Par exemple, nous devons éclairer les récits d’Adam à la lumière du nouvel Adam, il faut comprendre le déluge à la lumière du jugement final en Christ, il faut interpréter l’histoire d’Abraham et de sa postérité promise par son antitype néotestamentaire, de même pour Joseph, pour Moïse, pour David, etc.

Croire qu’il est possible d’avoir une interprétation infaillible de la Bible ne signifie pas que nous croyons à l’infaillibilité de l’Église ou de quelque interprète de la Bible. Nous croyons que lorsque l’Église respecte scrupuleusement ces règles d’herméneutiques, son interprétation est de la plus haute fiabilité et est digne de foi. Nous reconnaissons que la présente confession de foi consigne une interprétation de la Bible qui est régie par ces standards.

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Description: Une série de théologie systématique à partir de la Confession de foi baptiste de Londres de 1689. Liste des questions étudiées
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About the Author
Pascal est pasteur de l'Église réformée baptiste de Saint-Jérôme qu'il sert depuis 2005. Il est marié avec Caroline et ensemble ils sont les heureux parents de quatre enfants. Pascal a complété un baccalauréat et une maîtrise en théologie à la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Il est l'auteur des livres: Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia) – Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme) – The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2017 Revised Edition, Solid Ground Christian Books).
Un commentaire pour “Question #8 – La Bible peut-elle être interprétée de manière infaillible?
  1. Je ne suis pas d’accord quand il est dit qu’un passage ne peut avoir qu’un seul sens.
    D’ailleurs une bonne traduction va essayer de faire ressortir le maximum de sens d’un verset en essayant de choisir les meilleurs mots possible.

    Je penses que c’est un sujet intéressant :
    http://www.latrompette.net/post/A318_midrash.htm

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