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Question #27 – Qu’est-ce que cela change que les hommes soient créés?

Réponse: La doctrine de la création est le fondement pour toutes les questions de moralité et du sens de l’existence. ~ Genèse 1.26-31

Qu'est-ce que cela change que les hommes soient créés?

Lorsque nous discutons de Dieu avec des non-croyants, il arrive souvent que la conversation sombre dans d’interminables débats scientifiques sur l’origine de l’homme et de l’univers. « La science a prouvé que l’homme vient du singe… Le déluge et l’Arche de Noé sont des impossibilités scientifiques… La Bible enseigne que le soleil tourne autour de la terre et que la terre est plate… » Nous avons tous déjà entendu ce genre de réponses pour rejeter d’emblée la foi biblique en exigeant des preuves « scientifiques ». Je crois, bien humblement, que les chrétiens qui ne se spécialisent pas dans ces questions ne devraient pas chercher à prouver à leurs adversaires qu’ils ont tort puisque la foi ne vient pas des preuves. Sans dire que ces questions sont sans importance et sans déclarer forfait, ceux qui défendent la vérité doivent impérativement en arriver à une question beaucoup plus cruciale : qu’est-ce que cela change que les hommes soient créés ou non?

C’est un fait indéniable que nous existons. Avons-nous évolué lentement ou avons-nous existé subitement? Ce n’est pas une question banale, mais laissons-la de côté pour nous attaquer à une question encore plus fondamentale : avons-nous été créés ou existons-nous par hasard? Mais surtout, qu’est-ce que cela change? Voici comment la confession de foi décrit les implications de la création de l’homme.

(Par. 2) Après avoir fait toutes les autres créatures, Dieu créa l’homme ; il les créa mâle et femelle, avec des âmes rationnelles et immortelles qui les rendaient propres à cette vie avec Dieu pour laquelle ils avaient été créés. Ils ont été faits à l’image de Dieu en connaissance, justice et vraie sainteté, ayant la loi de Dieu inscrite dans leur cœur, et le pouvoir de l’accomplir. Ils avaient cependant la possibilité de la transgresser, puisqu’ils étaient laissés à la liberté de leur propre volonté qui était capable de changement.

L’être humain n’est pas un simple « quoi », il est un « qui ». Le fait que l’homme soit plus que de la matière est à la base de toute la moralité et du sens de la vie. Si la vie n’était faite que d’atomes en mouvement, il n’existerait alors aucun fondement réel au bien et au mal ni aucun but ou sens pour tout ce qui arrive. Le statut de créature implique que non seulement nous avons été créés par Dieu, mais aussi pour Dieu « avec des âmes rationnelles et immortelles » qui nous rendent « propres à cette vie avec Dieu ». L’homme n’est pas seulement un corps, il est une âme et qui plus est une âme immortelle. L’homme n’a pas été créé mauvais, mais bon, en « vraie sainteté ». Cela aggrave la présence du mal et l’absence de sainteté chez l’homme (la confession y reviendra). La notion de justice n’est pas une illusion ou un concept culturel, mais elle vient de la loi de Dieu qui est universelle et transcendante.

Qu’est-ce que cela change d’être créé? Être créé signifie que nous ne déterminons pas ce que nous sommes et ce que nous devons faire, nous le reconnaissons en vivant selon l’ordonnance du Créateur. Il nous a créé mâle ou femelle en nous attribuant un genre et un mandat qu’Il a déclaré bon dès le commencement. La création a déjà été interprétée, notre rôle n’est pas de la réinterpréter, mais d’affirmer avec Dieu ce que Dieu a déclaré. Dieu a interprété l’homme comme étant une créature morale avec laquelle il a fait alliance. Le Créateur a déclaré l’humain à son image, a inscrit sa loi morale dans son cœur et l’a doté d’une volonté libre. Tout cela confère à l’homme à la fois valeur et responsabilité, droits et devoirs. Ce statut n’est pas hypothétique, il s’agit des droits naturels donnés à l’homme par le Créateur. La Déclaration d’indépendance des États-Unis fut fondée sur la reconnaissance de ces droits naturels.

L’homme a une valeur intrinsèque parce qu’il est à l’image de Dieu. Pourquoi est-il permis de manger des animaux alors qu’il serait criminel de tuer un être humain pour le manger? Ceux qui rejettent la création de l’homme n’ont que des réponses utilitaristes à offrir. Des réponses du genre : « Il serait nuisible à l’espèce d’agir ainsi… » Mais si l’homme n’est pas créé à l’image de Dieu, il n’y a aucune différence morale entre lui et les animaux ; soit donc que l’on interdise la consommation de ces derniers, soit que l’on autorise le cannibalisme. D’ailleurs, dès que l’on obtient des considérations utiles pour éliminer la vie de l’homme, on n’hésite pas à le faire : un enfant non désiré est mieux mort que mal aimé, une personne souffrant d’une maladie incurable devrait avoir le droit de causer sa mort. L’avortement et l’euthanasie viennent directement de la logique utilitariste qui nie la valeur sacrée de la vie humaine parce qu’elle refuse de reconnaître son statut de créature à l’image de Dieu.

Toute la moralité est enracinée dans la réalité de la création parce que le Créateur a enraciné sa loi morale dans le cœur de sa créature. L’homme n’est pas un accident cosmologique, il est un être voulu, capable de communion avec son Créateur et, conséquemment, responsable devant Dieu. La confession met ce point en évidence au dernier paragraphe :

(Par. 3) En plus de la loi inscrite dans leur cœur, ils ont reçu l’ordre de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Tant qu’ils ont gardé ce commandement, ils ont été heureux dans leur communion avec Dieu et ont dominé sur les créatures.

Ici la confession distingue entre la loi morale et un commandement positif. La loi morale est universelle et perpétuelle, tandis qu’un commandement positif est une prescription particulière et temporaire. Cette distinction est utile pour diviser la loi de Dieu en différenciant entre certains commandements comme Paul le fait en 1 Corinthiens 7.19. Nous reviendrons sur ces distinctions importantes en particulier lorsque nous exposerons le chapitre 19.

Dans le contexte du chapitre sur la création, la confession utilise cette distinction pour introduire l’alliance originelle entre l’homme et Dieu. L’homme a été créé avec le devoir de garder la loi morale que Dieu avait inscrite sur son cœur. Mais en plus, Dieu lui a donné une prescription positive : l’interdiction de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le bonheur de l’homme et le but qu’il devait atteindre comme créature de Dieu dépendaient de cette relation d’alliance avec son Créateur. Cette relation d’alliance entre le Créateur et la créature change tout puisque les termes de l’existence de l’homme y sont déterminés. Nous ne pouvons comprendre qui nous sommes ni où nous allons si nous ne savons pas d’où nous venons et pourquoi nous existons.

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Description: Une série de théologie systématique à partir de la Confession de foi baptiste de Londres de 1689 – Liste des questions étudiées
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Première publication le 16 septembre 2015 @ 21 h 35 min

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