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De l’ombre à la lumière

Par Stephen Doe, pasteur
L’homosexualité est un sujet épineux dans la société nord-américaine. De nombreux films et de nombreux programmes à la télévision font la promotion de l’acceptation de l’homosexualité. C’est maintenant routine pour les journaux et les politiciens d’endosser le point de vue selon lequel l’homosexualité serait une expression normale de la sexualité chez les humains. De nos jours, “se montrer au grand jour”, ou reconnaître son orientation homosexuelle est devenu un véritable honneur.

L’affirmation selon laquelle l’homosexualité serait essentiellement une question de génétique est une des plus défendues. Même s’il n’y a aucune preuve scientifique sérieuse démontrant l’existence d’un “gène gai”, on accepte généralement l’idée que si une personne est attirée sexuellement par des personnes du même sexe, elle n’y peut rien puisque l’orientation sexuelle est prédéterminée, tout comme la race ou la couleur des yeux. Bien que les gens hésitent à dire que l’homosexualité est génétique, ils diront que des abus subis durant l’enfance, les échecs des parents, une séduction précoce ou des stéréotypes sexuels ont probablement amené certaines personnes à s’identifier comme homosexuelles.

Pour plusieurs, de nos jours, il est très offensant de parler de “guérir” ou de changer une personne gaie. L’homosexualité n’est pas une maladie ou un problème auquel une personne doit faire face, nous dit-on. C’est tout simplement un autre style de vie, un des choix que font les gens. On ne se soucie pas de changer la race ou la couleur des yeux d’une personne; on ne fait que l’accepter. Il en est de même pour l’homosexualité, dit-on. Parler d’un besoin de changement ne fait que révéler notre propre ignorance et nos préjugés.

Nous pouvons également avoir l’impression que nous ne devrions pas faire trop de promesses aux personnes qui essaient d’abandonner un style de vie homosexuel. La réalité, pensons-nous, est qu’ils devront lutter avec la tentation pendant toute leur vie et que ce serait leur offrir un faux espoir que de parler de changement réel et durable.

Que peut dire un chrétien à une société qui a embrassé les présuppositions homosexuelles selon lesquelles l’attrait homosexuel serait normal et qui a rejeté l’idée qu’un changement soit désirable ou même possible? Que devrait répondre le chrétien lorsqu’il se fait dire que c’est lui qui aurait besoin de changer (tout comme sa Bible) parce que ses façons de penser sont blessantes et démodées?

Le chrétien doit se tourner vers ce que le Créateur a dit. En fin de compte, ce n’est pas avec les chrétiens que notre culture engage les débats et les discussions. C’est Dieu lui-même que notre société a rejeté. Elle a rejeté le droit de Dieu de parler avec autorité à l’homme, cet homme qui a été créé à son image (Gen 1:26-28). Voilà le vrai problème.

Jetons un regard sur une époque et un lieu encore plus permissifs que le nôtre, à savoir la ville de Corinthe au premier siècle. Qu’a dit l’apôtre Paul aux croyants qui vivaient dans une culture qui rejetait Dieu et dans laquelle pratiquement toutes les sortes de comportements sexuels étaient considérées légitimes? Voici ce que Paul a dit en 1 Corinthiens 6:9-11:

“Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront pas le royaume de Dieu? Ne vous y trompez pas: ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les dépravés, ni les homosexuels, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les insulteurs, ni les accapareurs n’hériteront le royaume de Dieu. Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns d’entre vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu.”

 

D’où vient l’homosexualité?

La Bible dit que c’est dans le coeur de l’homme pécheur que se trouve l’origine du comportement homosexuel (voir Mc 7:21-23). Bien que certains facteurs influencent nos actions, tels que les habitudes que nous prenons dès notre enfance ou tels que les problèmes physiques, c’est de notre nature déchue que viennent nos façons empreintes de péché de réagir à la vie (Gen 6:5; 8:21; Ps 51:5; Le Petit Catéchisme de Westminster, Q. 16-19).

Paul considère l’homosexualité comme l’une des expressions du péché de rébellion de l’homme contre son Créateur. Cependant, il ne faut pas oublier que Paul mentionne les homosexuels dans une liste de divers types de pécheurs. Ils ne sont pas pointés du doigt de manière particulière; ils sont simplement mentionnés parmi d’autres. Il y a des péchés que Paul mentionne que les chrétiens ont tendance à excuser trop facilement, comme la cupidité ou la calomnie, alors qu’ils réagissent fortement à des péchés tels que l’adultère ou l’homosexualité. Cependant, tout péché est une manifestation de rébellion contre Dieu (Rm 3:9-19).

En 1 Corinthiens 6:9-10, Paul utilise quatre mots pour décrire les gens qui commettent des péchés sexuels de diverses natures. Il utilise premièrement un mot général utilisé pour désigner ceux qui pèchent au niveau sexuel (“pornoi”). Il parle ensuite plus spécifiquement de ceux qui rompent l’alliance du mariage (“moichoi”). Il utilise ensuite deux mots pour décrire ceux qui pratiquent l’homosexualité. Le premier mot, traduit dans la Bible à la Colombe par “dépravés”, a pour racine un mot qui signifie “doux” et réfère donc à ceux qui sont efféminés (“malakoi”). L’autre mot décrit de manière très claire “ceux qui couchent dans un lit avec un homme comme on couche avec une femme” (“arsenokoitai”).

Tous ces péchés sont des violations du septième commandement (voir Le Grand Catéchisme de Westminster, Q. 139). Paul ne classe pas l’activité homosexuelle dans une catégorie de péché spéciale, qui serait plus odieuse, mais il montre que c’est une des façons par lesquelles les gens essaient de vivre à l’encontre de la loi de Dieu.

Qu’est-ce que Dieu pense du péché? Paul dit que le péché empêche les gens d’entrer dans le royaume de Dieu, parce qu’ils abandonnent la loi de Dieu. Ceux qui persévèrent dans ces péchés seront séparés de Dieu et de son royaume pour toujours. L’homosexualité fait partie de ces péchés parce que, en prétendant que l’homme sait mieux que son Créateur ce qui convient pour sa vie, elle constitue un rejet de la règle instituée par Dieu pour régir notre sexualité (Gen 2:18-25). En Romains 1, Paul établit un lien entre l’homosexualité et l’idolâtrie parce que l’homosexuel devient son propre Dieu et définit lui-même ses propres lois.

Les chrétiens doivent donc confesser, en accord avec les Écritures, que l’homosexualité est une rébellion contre Dieu et une violation de sa loi, qui trouve sa racine dans la nature pécheresse du coeur humain. Pourtant, ce n’est pas une mauvaise nouvelle. En fait, c’est une bonne nouvelle parce qu’ainsi une véritable espérance est possible.

 

Quelle est cette espérance?

La bonne nouvelle, c’est que l’oeuvre salvatrice de Dieu change éternellement la culpabilité liée au péché, la punition qui en découle et la puissance du péché. Par la puissance de Dieu, les gens peuvent être transformés, ils peuvent être délivrés de leur rébellion homosexuelle (Rm 1:16-17). Le tableau brossé par Paul ne décrit pas un simple échange dans lequel une personne abandonnerait un péché pour en adopter un autre. Si un ex-homosexuel arrête simplement de pratiquer l’homosexualité sans qu’il y ait conversion véritable, il ira tout de même en enfer. Le changement nécessaire n’est possible que lorsque Dieu, par sa puissance, nous fait passer de la mort à la vie (Eph 2:1-10; 1 P 1:3-5; Jn 3:1-8).

La puissance de Dieu change véritablement les vies. Puisque sa puissance permet aux gens de surmonter toutes sortes de péchés, elle leur permet de surmonter le péché de l’homosexualité tout comme n’importe quel autre péché. En 1 Corinthiens 6:11, Paul dit à ses lecteurs que quelques-uns d’entre eux avaient pratiqué ces divers péchés. Leurs vies avaient autrefois été caractérisées par ces péchés, mais une transformation spectaculaire avait ensuite eu lieu. Des gens, dont les vies avaient jusque-là été dominées par le péché, ont été lavés de leurs péchés, consacrés ou mis à part pour Dieu et déclarés justes devant Dieu, ayant été unis au Christ, au moyen de la foi, par l’action du Saint-Esprit les faisant bénéficier du fruit de la rédemption du Christ.

Tout pécheur repentant peut espérer un véritable changement, car la personne que Dieu appelle efficacement devient vraiment une nouvelle créature en Christ (2 Co 5:17). Être justifié, comme l’ont été ces frères autrefois homosexuels, signifie être accepté comme étant juste aux yeux de Dieu à cause de l’oeuvre du Christ reçue par la foi — et non à cause de nos propres oeuvres — (Gal 2:16) et ainsi ne plus être assujetti à la condamnation que mériteraient nos péchés (Rm 8:1-4).

 

Que devrait faire l’Église?

Voici, cependant, le défi auquel l’Église doit sans cesse faire face. Recevons-nous réellement en tant que frères dans la foi qui sont saints ceux qui sortent d’une vie vécue ouvertement dans le péché? Ne sommes-nous pas très inconfortables à l’idée d’être assis pendant le culte d’adoration à côté d’une personne qui était autrefois ceci ou cela — un pécheur tout comme nous? Nous cherchons à traiter les gens qui luttent avec l’homosexualité de manière différente, mais Paul présume que tous les croyants sont également saints par l’oeuvre de Jésus-Christ (1 Co 1:2). Il n’y a aucune raison d’avoir peur ou de rester à l’écart parce qu’à nos yeux certains péchés auraient un statut particulier.

Ceux qui quittent un mode de vie homosexuel ont besoin que le peuple de Dieu les encourage, les traite en amis et les aime patiemment, parce que ce péché entraîne tellement de problèmes dans leurs vies, que ce soit au niveau émotionnel, spirituel ou physique. Il n’est jamais facile de venir à bout d’un péché qui a eu une grande emprise sur nos vies.

Trop souvent, l’Église a eu la réputation de réagir à l’homosexualité par la peur et par une attitude de jugement plutôt qu’avec amour et dans la grâce. L’Église devrait être l’endroit par excellence où les pécheurs qui cherchent à se détourner de l’homosexualité par la puissance de Dieu devraient être accueillis. En est-il ainsi dans nos Églises? Sommes-nous prêts à prier pour ceux qui luttent contre leurs désirs homosexuels et à les traiter comme des frères et des soeurs en Jésus-Christ s’ils se repentent de leur péché? Sommes-nous prêts à agir envers eux de la manière dont nous devrions toujours agir les uns envers les autres, c’est-à-dire en priant, en aimant, en encourageant, en n’abandonnant pas l’autre lorsqu’il tombe, mais en nous exhortant les uns les autres à obéir à la sainte loi de Dieu? Puisque nous avons souvent déjà tant d’hésitation à encourager un frère qui lutte avec la colère, peut-être est-ce pour cela que nous répugnons encore davantage à soutenir un frère qui lutte avec des désirs homosexuels.

Certains croyants de Corinthe ont toutefois pris le risque et ont osé présenter Jésus-Christ aux prostitués de sexe masculin et aux homosexuels. Sommes-nous prêts à faire de même? Les croyants de Corinthe ont vu au-delà du comportement homosexuel; ils ont vu des pécheurs dans le besoin. En définitive, l’homosexualité a pour cause les coeurs déchus, mais cela signifie que le règne du péché dans la vie d’une personne peut être aboli par l’Évangile de Dieu qui agit puissamment en Jésus-Christ (Tt 3:3-7). Seule l’Église chrétienne peut faire passer les gens de l’ombre à la lumière en offrant à la communauté homosexuelle une espérance véritable. Y croyons-nous?

 


Paru dans la revue Lumière sur mon sentier, Vol. 6, No. 4, hiver 2011; également disponible pour abonnement en format papier.
Traduit et réimprimé avec permission, Stephen D. Doe, “Out of the Closet into the Light”, New Horizons, Vol. 21, No. 10, novembre 2000, p. 19-20.
L’auteur est pasteur de l’Église presbytérienne orthodoxe (OPC) à Fredericksburg en Virginie.

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