Commentaire sur le Psaume 67

  1. Pour le Maître-Chantre. Avec les instruments à cordes. Psaume. Cantique.
  1. Dieu nous fera grâce et nous bénira, il fera luire sa face sur nous (Sélah),
  2. afin que l’on connaisse sur la terre ta voie et chez toutes les nations ton salut.
  1. Ô Dieu, les peuples te loueront ; tous les peuples te loueront!
  1. Les nations se réjouiront, elles pousseront des cris de joie, car ta jugeras les peuples avec droiture, et tu conduiras les nations sur la terre (Sélah).
  1. Ô Dieu, les peuples te loueront ; tous les peuples te loueront!
  1. La terre a donné son fruit : Dieu, notre Dieu, nous bénira.
  2. Dieu nous bénira, et tous les bouts de la terre le craindront.

Ce Psaume est prophétique et se rapporte aussi bien que les deux précédents à l’époque, pour nous encore à venir, du rétablissement du peuple d’Israël (voyez sur cet événement et ses conséquences pour les Gentils l’introduction du Psaume 66). En composant ce cantique et particulièrement le second verset, le psalmiste avait très probablement en vue la formule liturgique qui était en usage depuis le temps de Moïse pour bénir le peuple (Nb 6.24-26) ; mais étant prophète, il annonce qu’il viendra un temps où les grâces que l’on implorait par ces paroles pour la postérité d’Abraham seront offertes à tous les habitants du monde. Cette prophétie se trouvait d’ailleurs déjà en germe dans la promesse adressée à Abraham : « Toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » Gn 12.3.

Les commentateurs, tant juifs que chrétiens, s’accordent généralement à expliquer ce Psaume comme nous venons de le faire. Écoutons Calvin : « Le prophète prédit dans ce Psaume le règne de Jésus-Christ, sous lequel l’adoption divine devait s’étendre au monde entier. Il implore cependant la grâce de Dieu particulièrement pour les Juifs ; car comme ils étaient les premiers-nés (Ex 4.22), il était juste que les bénédictions divines qui devaient se répandre parmi tous les peuples commençassent par eux. » Ce Psaume est donc très propre à être médité et chanté dans les assemblées religieuses où l’on s’occupe des missions parmi les païens ou de la conversion du peuple d’Israël. « Dans ce Psaume, l’Église israélite prie pour la venue du Christ et pour la conversion des nations, et, en même temps, elle prédit ces événements. L’Église chrétienne en fera usage jusqu’à ce que la plénitude des Gentils soit entrée, que les Juifs soient convertis et que Jésus-Christ soit apparu une seconde fois pour accomplir la délivrance de ses élus » (Horne).

Le titre du Psaume n’en indique pas l’auteur. Mais tout porte à croire qu’il est de David. Il a de très grands rapports avec d’autres Psaumes qui sont reconnus pour être du roi-prophète, et c’est bien à lui que la tradition juive l’attribue.

L’extension progressive du royaume de Dieu sur la terre est annoncée dans trois strophes. C’est d’abord le peuple d’Israël qui est comblé de bénédictions (vv. 1-2) ; ensuite les Gentils sont admis dans l’alliance (verset 5) ; enfin c’est la terre elle-même qui est rendue plus belle et plus fertile, transformation également annoncée par le Psaume 65 et par d’autres déclarations prophétiques (vv. 7-8). La première et la seconde strophes sont suivies chacune d’un refrain dans lequel le prophète annonce qu’un jour tous les peuples chanteront les louanges de Dieu d’un commun accord (vv. 4 et 6).

Sur les instruments à cordes voyez l’explication du titre du Psaume 4, sur le mot cantique celle du titre du Psaume 65.

Verset 2. Dieu nous fera grâce et nous bénira, il fera luire sa face sur nous (Sélah),

Dans l’ordre des bienfaits de Dieu le pardon de nos péchés est toujours le premier, c’est pourquoi le psalmiste commence par dire : Dieu nous fera grâce. Toutes nos prières doivent commencer par celle du péager : « Ô Dieu, sois apaisé envers moi qui suis pécheur. » Lc 16.13. — Le mot bénira porte notre pensée sur la promesse faite à Abraham Gn 12.3. Comparez Ps 21.7 ; Ep 1.3. — L’expression faire luire sa face a été expliquée à l’occasion de Ps 4.7. — En hébreu, les verbes de ce verset et des suivants sont au futur et nous les avons laissés sous cette forme qui a l’avantage de faire bien ressortir le caractère prophétique de ce Psaume. Les commentateurs juifs ont fait de même. Plusieurs versions modernes ont donné à ces verbes la forme de l’optatif (que Dieu nous fasse grâce et nous bénisse, etc.). Cette traduction peut aussi se justifier, puisqu’en hébreu on emploie quelquefois le futur pour exprimer un vœu, un désir.

Verset 3. afin que l’on connaisse sur la terre ta voie et chez toutes les nations ton salut.

La conjonction (afin) qui commence ce verset fait ressortir le rapport étroit qui existe entre le salut du peuple d’Israël et celui des autres peuples du monde. « Ceci est une prophétie bien claire de la propagation de la grâce de Dieu, événement qui a pour effet de réunir en un seul corps les Gentils et la semence d’Abraham » (Calvin). — Par la voie de Dieu on peut entendre ses dispensations envers le peuple d’Israël (Hengstenberg), ou bien le chemin du salut, la voie par laquelle Dieu veut sauver les hommes (Calvin, Stier). Cette seconde explication est la plus naturelle. Comp. Jn 14.6. « Je suis le chemin. »

Verset 4. Ô Dieu, les peuples te loueront ; tous les peuples te loueront!

L’entrée de tous les peuples dans l’alliance de Dieu est également annoncée dans Ps 2.8 ; Es 42.4.

Verset 5. Les nations se réjouiront, elles pousseront des cris de joie, car ta jugeras les peuples avec droiture, et tu conduiras les nations sur la terre (Sélah).

La justice sera l’un des principaux caractères du règne du Messie. Ps 45.7-8, 72.12-14. — L’expression conduire rappelle la belle image du berger dans Ps 23.3.

Verset 7. La terre a donné son fruit : Dieu, notre Dieu, nous bénira.

Quelques commentateurs croient qu’il n’est ici question que des fruits spirituels (œuvres agréables à Dieu) que doit produire la connaissance du vrai Dieu (comp. Ga 5.22) ; nous préférons admettre avec le rabbin Jarchi que le psalmiste a voulu parler des bénédictions temporelles qui seront accordées au peuple d’Israël lors de son rétablissement : « En ce temps- là je répondrai aux cieux, et les cieux répondront à la terre, et la terre répondra au froment, au bon vin et à l’huile. » Os 2.21-22.

Verset 8. Dieu nous bénira, et tous les bouts de la terre le craindront.

Comp. Ps 2.8, 22.28.

Pasteur Armand de Mestral, Commentaire sur le livre des Psaumes, p.  424-427

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About the Author
Pascal est pasteur de l'Église réformée baptiste de Saint-Jérôme qu'il sert depuis 2005. Il est marié avec Caroline et ensemble ils sont les heureux parents de quatre enfants. Pascal a complété un baccalauréat et une maîtrise en théologie à la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Il est l'auteur des livres: Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia) – Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme) – The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2017 Revised Edition, Solid Ground Christian Books).

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