Commentaire sur le Psaume 113

  1. Alléluia! Vous, serviteurs de l’Éternel, louez, louez le nom de l’Éternel!
  2. Que le nom de l’Éternel soit béni, dès maintenant et à toujours!
  3. Que du soleil levant jusqu’au couchant, le nom de l’Éternel soit loué!
  1. L’Éternel est élevé au-dessus de toutes les nations, sa gloire est au-dessus des cieux.
  2. Qui est semblable à l’Éternel notre Dieu, qui habite dans les lieux très hauts,
  3. et qui se baisse pour regarder aux cieux et sur la terre?
  4. Il relève de la poussière le chétif, et retire de la fange l’indigent,
  5. pour le faire asseoir avec les princes, avec les princes de son peuple;
  6. il fait habiter dans une maison la femme stérile, heureuse d’avoir des enfants. Alléluia!

Le premier mot de ce Psaume, comme des deux précédents, est alléluia, ce qui nous avertit qu’il est également destiné à louer l’Éternel. Le psalmiste paraît s’être proposé principalement de montrer que les perfections de Dieu ne sont employées que pour le bonheur des hommes et qu’il opère souvent dans leur condition les changements les plus merveilleux et les plus inattendus. Ce psaume renferme aussi un élément prophétique, car il donne à entendre (v. 3) que le temps viendra où les adorateurs du vrai Dieu seront répandus dans le monde entier. Et quand l’auteur sacré parle d’indigents et d’une femme stérile (vv. 7 et 9), que Dieu tire de leur abaissement, il n’a sans doute pas en vue seulement des individus, mais aussi les fidèles réunis en corps de nation, le peuple d’Israël qu’il savait devoir être tour à tour abaissé et relevé. C’est probablement à ce caractère prophétique et national que ce Psaume doit la place qu’il occupe dans le psautier. Il est le premier d’un groupe de six psaumes qui, déjà avant la venue de notre Seigneur, était connu chez les Juifs sous le nom d’Allel, et que l’on avait coutume de chanter aux fêtes, particulièrement à celle de la Pâque et des Tabernacles. Ce nom se rattache au verbe hébreu allel (louer), qui se trouve fréquemment dans ces psaumes et duquel vient alléluia. Celui-ci et le suivant se chantaient dans chaque famille avant de manger l’agneau pascal et les quatre autres (115 à 118) après le repas ; c’est sans doute le cantique que Jésus et ses apôtres chantèrent la veille de sa mort (Mt 26.30), et c’est là une circonstance qui donne à ces psaumes un grand intérêt pour les fidèles de la nouvelle alliance. Dans l’Église anglicane celui-ci se lit le jour de Pâques, et dans l’Église romaine il se chante tous les dimanches à vêpres ainsi que les deux suivants.

La première strophe est une invitation à chanter les louanges de l’Éternel dans tous les temps et dans tous les lieux (1-3) ; la seconde célèbre sa grandeur, sa puissance, sa condescendance, sa bonté (4-9).

Verset 1. Alléluia! Vous, serviteurs de l’Éternel, louez, louez le nom de l’Éternel!

L’invitation à louer l’Éternel est déjà contenue dans le mot alléluia, en sorte qu’elle se trouve trois fois dans ce verset. Plusieurs commentateurs voient, dans cette répétition, une allusion au mystère de la Trinité. — C’est bien en premier lieu aux prêtres et aux lévites que cette exhortation est adressée, car ils sont les serviteurs de l’Éternel par excellence ; mais ce n’est pas à eux exclusivement. Les fidèles de tout état et de toute nation peuvent aussi porter ce titre glorieux, sur lequel voyez l’explication de Ps 18.1. Mais ce ne sont que les serviteurs de Dieu qui peuvent être invités à le louer parce que « eux seuls ont un œil spirituel » (Calvin). Comp. Ps 103.20-22.

Versets 2-3. Que le nom de l’Éternel soit béni, dès maintenant et à toujours! Que du soleil levant jusqu’au couchant, le nom de l’Éternel soit loué!

« Ce saint devoir doit être rempli avec persévérance, pendant tout l’espace (déjà si court) de la vie humaine » (Calvin).

Verset 4. L’Éternel est élevé au-dessus de toutes les nations, sa gloire est au-dessus des cieux.

Le sens du second hémistiche paraît être que la gloire de Dieu se déploie encore dans des régions inaccessibles aux regards des hommes, où il est entouré des adorations des intelligences célestes.

Verset 5. Qui est semblable à l’Éternel notre Dieu, qui habite dans les lieux très hauts,

Littéralement : qui a élevé (on peut sous-entendre : son trône) pour habiter.

Verset 6. et qui se baisse pour regarder aux cieux et sur la terre?

« Malgré sa grandeur, Dieu s’abaisse pour prendre soin de nous » (Calvin). Littéralement : qui abaisse (on peut sous-entendre : ses yeux, sa personne) pour regarder.

Versets 7-8. Il relève de la poussière le chétif, et retire de la fange l’indigent, pour le faire asseoir avec les princes, avec les princes de son peuple ;

Ce verset et le suivant sont probablement empruntés au cantique de la mère de Samuel (1 S 2.8). — Le monde attribue de pareilles vicissitudes au hasard ; le fidèle y reconnaît la main de Dieu. Horne fait remarquer avec raison que la conversion d’un pécheur est une transformation encore plus étonnante.

Verset 9. il fait habiter dans une maison la femme stérile, heureuse d’avoir des enfants. Alléluia!

Sara, Rebecca, Anne, et d’autres saintes femmes, qui avaient mis leur espérance en Dieu ont fait l’expérience de cette parole. Elle doit s’accomplir un jour pour la nation juive (Es 54.1), de même qu’elle s’accomplit pour l’Église chrétienne depuis dix-huit siècles (Ga 4.27-28). — La forme du mot hébreu qui signifie stérile, semble indiquer qu’il dépend du mot suivant : maison, en sorte qu’il faudrait traduire : il fait habiter la femme stérile de la maison. C’est ce que fait Hengstenberg ; mais toutes les versions donnent notre traduction, et elle présente une phrase plus simple, car, sans cela, le verbe habiter n’a son complément que dans le second hémistiche. Déjà le rabbin Kimchi a fait observer qu’il y a une légère irrégularité grammaticale. Le second hémistiche porte littéralement : joyeuse mère d’enfants.

Pasteur Armand de Mestral, Commentaire sur le livre des Psaumes – Tome 2, p. 222-225

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About the Author
Pascal est pasteur de l'Église réformée baptiste de Saint-Jérôme qu'il sert depuis 2005. Il est marié avec Caroline et ensemble ils sont les heureux parents de quatre enfants. Pascal a complété un baccalauréat et une maîtrise en théologie à la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Il est l'auteur des livres: Le côté obscur de la vie chrétienne (2019, Éditions Cruciforme) – Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia) – Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme) – The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2017 Revised Edition, Solid Ground Christian Books).

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