La Cévenole : « Esprit qui les fis vivre, anime leurs enfants »

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La Cévenole interprétée au Temple réformé d’Anduze. C’est un cantique composé par le pasteur baptiste Ruben Saillens en 1885 (au bicentenaire de la Révocation de l’Édit de Nantes) en mémoire de la Guerre des Camisards (1702-1710).

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Les paroles :

Salut montagnes bien aimées,
Pays sacré de nos aïeux.
Vos vertes cimes sont semées,
De leur souvenir glorieux.
Élevez vos têtes chenues
Espérou, Bougès, Aigoual,
De leur gloire qui monte aux nues,
Vous n’êtes que le piédestal.

Refrain :

Esprit qui les fis vivre,
Anime leurs enfants
Anime leurs enfants
Pour qu’ils sachent les suivre.

Redites-nous, grottes profondes,
L’écho de leurs chants d’autrefois ;
Et vous, torrents, qui, dans vos ondes,
Emportiez le bruit de leur voix.
Les uns, traqués de cime en cimes,
En vrai lions surent lutter ;
D’autres — ceux-là furent sublimes
Surent mourir sans résister.

Refrain

Ô vétérans de nos vallées,
Vieux châtaigniers aux bras tordus,
Les cris des mères désolées,
Vous seuls les avez entendus.
Suspendus aux flancs des collines,
Vous seuls savez que d’ossements
Dorment là-bas dans les ravines,
Jusqu’au grand jour des jugements.

Refrain

Dans quel granit, ô mes Cévennes,
Fut taillé ce peuple vainqueur ?
Quel sang avaient-ils dans les veines ?
Quel amour avaient-ils au cœur ?
L’Esprit de Christ était la vie
De ces pâtres émancipés,
Et dans le sang qui purifie
Leurs courages étaient trempés.

Refrain

Cévenols, le Dieu de nos pères
N’est-il pas notre Dieu toujours ?
Servons-le dans les jours prospères
Comme ils firent aux mauvais jours ;
Et, vaillants comme ils surent l’être,
Nourris comme eux du pain des forts,
Donnons notre vie à ce Maître
Pour lequel nos aïeux sont morts.

Refrain

Rappelons que la théologie de résistance à la tyrannie du pasteur Pierre Jurieu fut l’impulsion à l’insurrection des Cévennes. Celle-ci ne fut pas veine, car même si le soulèvement fut éventuellement réprimé, les autorités royales eurent la crainte d’une nouvelle révolte et l’évêque catholique de Nîmes ne persécuta pas activement les réformés du diocèse, permettant aux calvinistes de s’y maintenir discrètement. À la fin du XVIIIe siècle, le pasteur nîmois Rabaut St-Étienne, descendant des Camisards, fit rééditer les œuvres de Jurieu. St-Étienne devint Président de l’Assemblée nationale puis fut martyrisé pendant la Révolution française.

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