Commentaire sur le Psaume 21

  1. Pour le Maitre-Chantre ; psaume pour David.
  2. Ô Éternel! le Roi se réjouit en la force! combien ta délivrance le rend joyeux!
  3. Tu lui as accordé le désir de son cœur et tu n’as point refusé la requête de ses lèvres (Sélah).
  4. Car tu l’as prévenu par des bénédictions excellentes, tu as placé sur sa tête une couronne d’or.
  5. Il t’a demandé la vie, tu la lui as donnée, prolongation de jours pour l’éternité, à jamais!
  6. Sa gloire est grande par ta délivrance, tu poses sur lui la splendeur et la magnificence ;
  7. car tu le fais être bénédictions à jamais, tu le combles de joie devant ta face.
  8. Car le Roi se confie en l’Éternel ; grâce à l’amour du Très-Haut, il ne sera point ébranlé.
  1. Ta main atteindra tous tes ennemis, ta droite atteindra ceux qui le haïssent.
  2. Tu les rendras pareils à une fournaise ardente, dès que tu montreras ta face : l’Éternel les engloutira en sa colère et le feu les dévorera.
  3. Tu feras périr leur fruit de dessus la terre et leur postérité d’entre les enfants des hommes.
  4. Car ils ont projeté du mal contre toi, ils ont ourdi des trames ; ils ne pourront rien ;
  5. car tu leur feras tourner le dos, tu dirigeras ton arc contre leurs faces.
  6. Éternel, lève-toi dans ta force! Nous voulons chanter et célébrer ta puissance.

Ce Psaume peut être considéré comme un cantique d’actions de grâces, composé au sujet de la délivrance qui était demandée dans le Ps 20 à côté duquel il se trouve placé dans le Psautier et avec lequel il a des rapports assez frappants. Ainsi le verset 3 rappelle Ps 20.5 ; le verset 8 rappelle Ps 20.8. Cependant nous ne devons pas plus que dans le Psaume précédent nous arrêter aux victoires de David. Ce qui est dit dans celui-ci de la puissance du roi, de sa gloire et surtout de la durée de son règne, ne trouve son entier accomplisse ment que dans la personne du Messie et rappelle la prière d’actions de grâces (2 S 7.18-29) que David prononça au moment où il venait de recevoir de la bouche du prophète Nathan la promesse d’un successeur dont le règne n’aurait point de fin. C’est ce qui est reconnu par la plupart des commentateurs anciens et modernes. « Ce Psaume renferme des actions de grâces publiques au sujet de l’heureux état du royaume. Mais l’Esprit-Saint a voulu principalement porter la pensée des fidèles sur Jésus-Christ qui est la fin et la consommation de ce règne » (Calvin). La version chaldéenne applique aussi ce Psaume au Messie, et le rabbin Jarchi fait cet aveu assez naïf : « Nos docteurs rapportent ce cantique au roi Messie ; mais à cause des Chrétiens qui en font un usage fâcheux, il vaut mieux le rapporter à David. » Dans l’Église anglicane ce Psaume se chante le jour de l’Ascension.

Dans la première strophe, le peuple rend grâces à Dieu pour la délivrance accordée à son roi (2-8); dans la seconde, il promet au roi la continuation des faveurs de l’Éternel (9-14).

Verset 2. Ô Éternel! le Roi se réjouit en la force! combien ta délivrance le rend joyeux!

Dans la bouche du Messie, ce verset est un chant de triomphe pour ses victoires sur le péché, sur la mort et sur le prince de ce monde.

Verset 3. Tu lui as accordé le désir de son cœur et tu n’as point refusé la requête de ses lèvres (Sélah).

« Toutes les fois que nous prions pour l’Église, nous pouvons le faire avec confiance, car nous n’avons pas lieu de craindre que Dieu rejette des prières que notre divin Roi lui a adressées le premier » (Calvin). Les « désirs » du Christ sont exprimés dans Jean 17.5-24.

Verset 4. Car tu l’as prévenu par des bénédictions excellentes, tu as placé sur sa tête une couronne d’or.

David pouvait bien dire que Dieu l’avait « prévenu, » puisqu’il l’avait tiré de l’obscurité pour le placer sur le trône et qu’il lui avait accordé bien au-delà de ce qu’il avait mérité, espéré et demandé. Chaque fidèle a également sujet de reconnaître que c’est Dieu qui l’a prévenu, Dieu qui l’a cherché dans sa profonde misère, Dieu qui l’a « aimé le premier. » 1 Jean 4.19. La puissance de Dieu et son amour se montrent également avec éclat dans l’établissement du royaume du Messie. — Quelques commentateurs voient dans cette couronne une allusion à celle qui fut enlevée au roi des Hammonites et placée sur la tête de David (2 S 12.30), et il sera bon de nous rappeler à cette occasion que c’est Dieu qui couronne les rois et qui les découronne selon son bon plaisir. Mais nous devons penser principalement à la couronne du Roi-Messie. Ps 8.6 ; Ph 2.9-10 ; Ap 19.12.

Verset 5. Il t’a demandé la vie, tu la lui as donnée, prolongation de jours pour l’éternité, à jamais!

« Il n’est pas douteux que David n’ait ici en vue le Roi éternel » (Calvin). Combien cette pensée de la perpétuité du règne de Jésus-Christ est précieuse! — Les paroles : « Il t’a demandé la vie, » peuvent se rapporter aux prières dans lesquelles le Messie demandait d’être rendu victorieux de la mort (Comp. Hé 5.7).

Versets 6-7. Sa gloire est grande par ta délivrance, tu poses sur lui la splendeur et la magnificence ; car tu le fais être bénédictions à jamais, tu le combles de joie devant ta face.

Sur la gloire du Christ, voyez Ap 7.19-22 ; Ps 8.6-9, 45.4-5 ; Ep 1.20. Le premier hémistiche contient sans doute la confirmation de la promesse adressée à Abraham : « Toutes les nations de la terre seront bénies en ta semence » Gn 12.3, 22.18. Le mot bénédictions est au pluriel, afin d’exprimer l’abondance et peut être aussi la diversité des bénédictions dont le Messie devait être la source. Dieu nous a « bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes par Jésus-Christ. » Ep 1.3[1]. — Le second hémistiche rappelle la fin du Ps 16.

Verset 8. Car le Roi se confie en l’Éternel ; grâce à l’amour du Très-Haut, il ne sera point ébranlé.

Sur la confiance du Roi-Messie en Dieu son Père, voyez Ps 16.1, 22.9 ; Mt 27.43. — « Le monde tourne comme une roue, en sorte que les hommes sont tantôt en haut et tantôt en bas, mais il n’en est pas de même pour le royaume de Juda, ni pour celui de Jésus-Christ dont il est le type » (Calvin). Ces paroles : « il ne sera point ébranlé, » s’appliquent à David, dont la dynastie demeura en possession du trône pendant 500 ans, mais principalement au royaume de Jésus-Christ. « Les royaumes du monde sont soumis à notre Seigneur et à son Christ, et il régnera aux siècles des siècles. » Ap 11.15. (Comp. Ps 102.27-28, 110.4).

Verset 9. Ta main atteindra tous tes ennemis, ta droite atteindra ceux qui le haïssent.

Ce verset et les suivants peuvent être rapprochés des autres passages qui annoncent les jugements qui seront exercés par le Messie lors de son second avènement. Ps 2.9-12, 110.1,5,6 ; Ap 19.15-21.

Verset 10. Tu les rendras pareils à une fournaise ardente, dès que tu montreras ta face : l’Éternel les engloutira en sa colère et le feu les dévorera.

Souvent dans l’Écriture les jugements de Dieu sont représentés sous l’image du feu (Ps 18.9 ; Dt 32.22 ; Mt 3.10 ; 2 Th 2.8). Ces expressions doivent aussi porter notre pensée sur le feu de la géhenne.

Verset 11. Tu feras périr leur fruit de dessus la terre et leur postérité d’entre les enfants des hommes.

Nous voyons fréquemment dans l’Écriture et dans l’histoire le châtiment s’étendre des pères aux enfants. Ex 20.5-6. Les malheurs sans pareils du peuple juif depuis la ruine de Jérusalem en sont un bien frappant exemple.

Versets 12-14. Car ils ont projeté du mal contre toi, ils ont ourdi des trames ; ils ne pourront rien ; car tu leur feras tourner le dos, tu dirigeras ton arc contre leurs faces. Éternel, lève-toi dans ta force! Nous voulons chanter et célébrer ta puissance.

Le châtiment des rebelles est bien mérité. Les expressions du premier hémistiche rappellent Ps 18.41, celles du second Ps 7.13,14. Le Psaume se termine comme le précédent, par une prière. Nous devons aussi appeler par nos vœux et nos prières le parfait établissement du règne de notre Seigneur Jésus-Christ.

Pasteur Armand de Mestral, Commentaire sur le livre des Psaumes, p. 184-188

[1] Calvin et quelques autres traduisent : « Tu feras qu’il sera comblé de bénédictions. » Cette traduction peut se justifier, mais elle nous parait moins naturelle et moins en harmonie avec l’ensemble des Écritures.

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About the Author
Pascal est pasteur de l'Église réformée baptiste de Saint-Jérôme qu'il sert depuis 2005. Il est marié avec Caroline et ensemble ils sont les heureux parents de quatre enfants. Pascal a complété un baccalauréat et une maîtrise en théologie à la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Il est l'auteur des livres: Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia) – Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme) – The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2017 Revised Edition, Solid Ground Christian Books).

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