Archive for the ‘Apologétique’ Category

Si Dieu est bon pourquoi laisse-t-il faire tant de mal?

Mercredi, mars 20th, 2013

Article paru dans le magazine Tout.mag

Le triomphe de la mort, Pieter Bruegel (1562)

Cette question, tous les chrétiens l’ont entendue et plusieurs la posent eux-mêmes. Elle revient momentanément lorsqu’une tragédie survient. La tuerie de Newtown en décembre dernier a ramené avec force cette question. Où était Dieu lorsqu’Adam Lanza vidait ses chargeurs sur ces enfants terrifiés? Comment un Dieu bon et tout-puissant peut-il assister passivement à un tel massacre? Devant cette difficulté morale, notre raison déchue conclue : ou Dieu n’est pas bon, ou Dieu n’est pas tout-puissant, ou Dieu n’est pas. L’homme régénéré cependant n’a pas l’intelligence enténébrée, mais renouvelée (Rm 12:2) et il est armé pour faire face aux forteresses de la raison dépravée (2 Co 10:5).

Quand Dieu doit-il intervenir?

L’existence est le lieu de rencontre entre le fini et l’infini, le temporel et l’éternel, le Dieu souverain et l’homme vulnérable. Nous vivons dans le temps et n’avons pas de contrôle sur les événements. Il en va autrement de Dieu, sa perspective étant radicalement différente de la nôtre. Sur la question du temps, par exemple, l’Écriture nous apprend ceci : « Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c’est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. » (2 P 3.8)

Pour nous, le facteur temporel a un grand impact dans la façon dont nous vivons les événements. Dieu, quant à lui, est hors du temps de sorte que ceux qui nous paraissent morts ou encore à venir sont perçus par Lui comme étant vivants et existants, « car pour lui tous sont vivants. » (Lc 20:38) Bien que Dieu intervienne dans le temps et dans l’histoire, il traite avec les hommes dans l’éternité. Temporellement Dieu ne nous semble pas intervenir lorsqu’une tragédie survient, mais il entre en jugement avec tout ce qui arrive.

8 L’Éternel juge les peuples: Rends-moi justice, ô Éternel ! Selon mon droit et selon mon innocence ! 9 Mets un terme à la malice des méchants, Et affermis le juste, Toi qui sondes les coeurs et les reins, Dieu juste ! 10 Mon bouclier est en Dieu, Qui sauve ceux dont le coeur est droit. 11 Dieu est un juste juge, Dieu s’irrite en tout temps. 12 Si le méchant ne se convertit pas, il aiguise son glaive, Il bande son arc, et il vise; 13 Il dirige sur lui des traits meurtriers, Il rend ses flèches brûlantes. 14 Voici, le méchant prépare le mal, Il conçoit l’iniquité, et il enfante le néant. 15 Il ouvre une fosse, il la creuse, Et il tombe dans la fosse qu’il a faite. 16 Son iniquité retombe sur sa tête, Et sa violence redescend sur son front. 17 Je louerai l’Éternel à cause de sa justice, Je chanterai le nom de l’Éternel, du Très-Haut. (Ps 7:8-17)

Ce psaume est-il seulement un vœu pieux? Une lubie dont s’aveuglent les croyants en faisant comme si le mal ne triomphait pas partout dans le monde? Au contraire! Il s’agit d’une vérité éternelle; en Lui-même Dieu a déjà jugé toute la conduite des hommes. Il est le Juge éternel, le Juge d’éternité. À ses yeux, aucune injustice ne perdure, le bien triomphe éternellement.

Comment Dieu intervient-il?

Dieu n’intervient pas en empêchant les hommes de pécher, mais en leur faisant rendre compte pour leurs péchés. Lorsqu’un crime est commis, il y a injustice. Lorsque le coupable est condamné justice est rendue. Dieu n’est pas passif devant le péché, mais sa colère est enflammée contre lui. Le jugement du monde par Dieu a lieu de deux façons. La première est la croix de son Christ. Avant d’aller subir la colère de Dieu pour le péché des croyants, Jésus déclare : « Maintenant a lieu le jugement de ce monde; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. » (Jn 12:31) La mort de Christ était une manifestation du jugement dernier. L’apôtre Paul explique que par ce jugement, Dieu a manifesté sa justice éternelle dans le temps et s’est montré juste tout en justifiant des impies :

25 C’est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience, afin, dis-je, 26 de montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus. (Rm 3:25-26)

Lorsqu’un homme déclare que Dieu est injuste puisqu’il laisse faire le mal, il faut rappeler à cet qu’il méconnait l’histoire : Dieu a déjà puni le mal à la croix. Le péché a reçu sa pleine condamnation lorsque le Christ a été fait péché et fut maudit (2 Co 5:21 ; Ga 3:13). Mais le péché d’Adam Lanza ou de Clifford Olson ou encore d’Adolphe Hitler fut-il puni à Golgotha? Dieu seul sait quels péchés furent condamnés sur son Fils, mais nous savons que « celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jn 3:36). Les péchés qui ne furent pas condamnés sur Jésus sont déjà condamnés par le jugement éternel de Dieu qui sera manifesté à la fin des temps. « C’est une multitude, une multitude, dans la vallée du jugement; Car le jour de l’Éternel est proche, dans la vallée du jugement. » (Jl 3:14)

Pourquoi Dieu n’empêche-t-il pas simplement le mal?

Au lieu de juger éternellement Adam Lanza, Dieu n’aurait-il pas dû l’empêcher de commettre cette tuerie? On arrive à comprendre comment Dieu répare le mal par sa justice, mais ne pourrait-il pas simplement empêcher le mal d’arriver? Du point de vue de son omnipotence, Dieu peut empêcher le mal de se produire et il le fait souvent (1 S 25:34). Mais il nous faut constater que Dieu a choisi de laisser les hommes libres de faire le mal. « Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition et s’il a voulu faire connaître la richesse de sa gloire envers des vases de miséricorde qu’il a d’avance préparés pour la gloire? » (Rm 9:22-23)

Pourquoi les hommes devant des injustices notoires appellent-ils Dieu à empêcher ce mal et ne l’appellent-ils pas à empêcher le mal qu’ils commettent eux-mêmes? À qui de déterminer le mal que Dieu doit empêcher et selon quels critères? L’Écriture nous rappelle que nous sommes tous dans le même bateau. Lorsque nous condamnons les actes criminels des autres, nous nous condamnons nous-mêmes puisque nous commettons les mêmes péchés à différents degrés (Rm 2:1). C’est pourquoi la méchanceté des hommes devrait nous inciter à la repentance puisque la même méchanceté est dans notre cœur. C’est également ce que Jésus déclare en constatant les tragédies de l’existence humaine. Il ne déclare pas que celles-ci sont incompatibles avec la bonté de Dieu, mais qu’elles devraient nous inciter à la repentance en vue du salut de nos âmes :

En ce même temps, quelques personnes qui se trouvaient là racontaient à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. 2 Il leur répondit: Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de la sorte ? 3 Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. 4 Ou bien, ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et qu’elle a tuées, croyez-vous qu’elles fussent plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? 5 Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. (Lc 13:1-5)

Les tragédies nous bouleversent. Elles doivent nous rappeler que nous vivons dans un monde post-Genèse 3; un monde bouleversé par la chute. L’injustice rampante ne doit pas nous faire croire que le ministère de la Justice divine est interrompu. Dieu juge et condamne le péché, empressons-nous donc de nous repentir. Nous devons savoir que nous sommes semblables à la fois aux criminels et aux victimes: nous sommes coupables de nos péchés et nous sommes mortellement vulnérables. Il ne nous reste, dans les deux cas, qu’un seul et même refuge: la miséricorde de notre Dieu!

Billets similaires | La tragédie de Newtown (partie 2) | Je te veux toi près de moi | La tragédie de Newtown | Jésus refuse d’être soulagé

Introduction à l’apologétique présuppositionnelle

Mercredi, février 20th, 2013

science et religion

Sye TenBruggencate, auteur de Proof that God Exists (chapeauté par Crown Rights), explique dans cet épisode de l’émission On the Box (produite par le ministère Living Waters) qu’une vision du monde non-monothéiste ne peut aucunement rendre compte de la logique, puisque celle-ci est nécessairement éternelle (non-changeante), immatérielle et universelle (absolue), et que seul un Dieu éternel, immatériel, et universel (absolu) peut être la source de la logique. Conséquemment, tout argument (qui prétend s’appuyer sur la logique) formulé à l’encontre de Dieu est invariablement auto-réfutant dans son essence même. La logique et la raison procèdent donc de Dieu. À partir de cet axiome de base, le chrétien peut rationnellement présupposer que Dieu a créé le monde, qu’Il a révélé des instructions à l’humanité, qu’Il s’est incarné sur la terre en Jésus-Christ, lequel est ressuscité des morts, et que toute la foi ardente qui découle de ces présupposés est valide.

Ressources apparentés :

Billets similaires

Documentaire sur l’« Église » émergeante et réfutation de Brian McLaren

Lundi, janvier 28th, 2013

Ce documentaire est aussi téléchargeable ici.

Pour les lecteurs/auditeurs qui ne maîtrisent pas l’anglais, je propose l’échange suivant entre moi et mon ancien professeur d’histoire des sciences au cégep (qui est physicien de formation et prêche occasionnellement dans des églises de Sherbrooke) survenu en septembre 2011. Dans un premier temps, le professeur (dont il n’est pas nécessaire que je révèle l’identité) m’expose les doctrines du gourou émergeant Brian McLaren (et cite un de mes courriels antérieurs en se faisant). Dans un second temps, je réponds point par point aux objections soulevées.

1. Correspondance du professeur à mon intention

Les protestants mettent l’emphase sur le contenu (comme tu l’as mentionné, les doctrines) [de la Bible]. McLaren parle de biais dans l’approche plus que dans le contenu.

1. Par exemple, la réflexion moderne est presque exclusivement analytique. Donc l’interprétation biblique par un moderne est analytique (les médiévaux étaient plus contemplatifs, ce qui se retrouve dans le catholicisme). D’où l’idée de développer des systèmes doctrinaux absolus. Effectivement, les doctrines protestantes sont bibliques, donc proviennent de l’Église primitive. Mais ce type de réflexion (analytique) provient des Grecs (Platon et Aristote) comme tu l’as vu dans mon cours — les Juifs (comme les Orientaux en général) raisonnent beaucoup plus par des histoires. C’est la raison pour laquelle Jésus décrit son royaume sous la forme de parabole et non comme un traité de théologie systématique.

Tu as écrit :

« La Bible elle-même ne se présente pas comme un livre ésotérique ouvert à mille et une interprétations (ce type de manuel est le propre du paganisme), mais comme un recueil doctrinal absolu et définitif. »

Mais je ne suis pas d’accord.

2. La perception de la Bible comme une source de doctrines est moderne. La Bible est avant tout une histoire — l’histoire des interventions de Dieu, d’abord en lien avec la nation d’Israël, puis en lien avec l’Église primitive. Finalement, ce sont des lettres écrites par les apôtres pour encourager des communautés selon les problèmes ponctuels qu’elles vivaient. Le protestantisme a fait de la Bible une source de doctrine absolue, car les gens réfléchissent ainsi.

Ce qui s’approche le plus de la théologie moderne (systématique) est l’épître aux Romains — elle est écrite en termes analytiques très appréciés des Occidentaux. Mais c’est la seule épître qui ait cette structure; et les autres livres ne visent pas la théologie systématique.

Les protestants ont fait de l’épître aux Romains le cœur de leur théologie (justification par la foi en la grâce, etc.), car le genre littéraire leur est familier. Mais cette épître est marginale en ce sens que le thème de la justification n’est abordé que 2 autres fois à l’extérieur de cette épître (dans Galates, je crois). Mais même Paul ne faisait pas de théologie systématique à ce moment. Il tentait de se présenter à une église pour avoir leur soutien financier pour aller évangéliser l’Espagne (Romains 15). Et comme il y avait des tensions entre Juifs et non-Juifs, il passe huit chapitres à les mettre égaux.

3. Le simple fait de chercher la vérité dans l’exactitude et la précision des détails est très moderne, et très loin du Nouveau Testament. Dans l’épître aux Romains, au chapitre 3, Paul cite plusieurs Psaumes plutôt hors contexte (ils étaient écrits par David qui est en colère contre des gens qui le menacent — Paul le généralise pour illustrer la dépravation de toute l’humanité). Il ne respecte pas le sens premier de ce qu’il cite, donc l’exactitude n’est pas aussi importante pour lui que pour un moderne.

Mon point n’est pas de critiquer les doctrines, ni l’épître aux Romains, ni la justification par la foi, mais de montrer le biais en montrant que les Anciens ne réfléchissaient pas ainsi — surtout pas les Juifs qui étaient orientaux. À la rigueur les Grecs et les Latins étaient analytiques, mais jamais au degré que les modernes l’ont exploité. Et c’est pour cela que les livres bibliques destinés aux Grecs et aux Latins sont plus analytiques — du moins selon les capacités de l’auteur.

4. L’emphase du Nouveau Testament était sur une personne (Jésus) et un événement (crucifixion et Résurrection) plus que sur un livre (la Bible). L’appréciation du livre ne peut se faire que dans une société où les gens sont majoritairement lettrés et où l’impression permet de le répandre. Bien sûr, les Écritures étaient importantes tant pour les Juifs que pour les premiers chrétiens, mais toujours dans le but de pointer vers Jésus. Pour les protestants, répandre le message de Jésus équivaut à diffuser la Bible. Et ce n’est pas mal, mais il y a un biais présent (peut-être le plus subtil, mais c’est néanmoins un biais).

Jésus a montré qu’il y avait une distinction entre répandre les doctrines des Écritures et le suivre en tant que personne (Jean 5:39) — il disait cela à ceux qui connaissaient le mieux l’Ancien Testament à son époque.

2. Ma réponse aux points soulevés par le professeur et McLaren

Je comprends et j’étais conscient de cette antique nuance entre les Orientaux qui sont plus contemplatifs et les Occidentaux qui sont plus analytiques.

Mais même si certains peuvent prendre la Bible plus pour un outil d’envol mystique, cela n’empêche en rien qu’elle recèle en elle toute la Révélation, précise et complète, que Dieu a transmise à l’humanité. Un passage quelconque de la Bible peut très bien se prêter, chez le même individu, à une méditation spirituelle qu’à une analyse doctrinale absolue et terre-à-terre.

Il me semble que l’Église primitive ne se contentait pas de faire la contemplation mystique d’un Dieu à l’identité et aux desseins flous. L’œuvre Contre les hérésies d’Irénée de Lyon (envoyé en Gaule par Polycarpe, qui a côtoyé l’apôtre Jean à Smyrne) est un bon exemple de systématisation doctrinale pour contrer les errances (gnostiques, judaïques, païennes). Contre Celse d’Origène et les Apologies de Justin Martyr peuvent aussi être placées dans cette catégorie.

Certes, le Nouveau Testament n’est pas écrit sous la forme épurée et standardisée d’un manifeste, d’une constitution ou d’un texte législatif (mis à part quelques passages comme le Notre Père, le Sermon sur la Montagne, et les micro-confessions de foi récitées telle que 1 Corinthiens 15).

Néanmoins, les auteurs du Nouveau Testament, inspirés par le Saint-Esprit, voyaient leurs écrits comme une source de déductions doctrinales sûres et certaines…

« Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice. » (2 Timothée 3:16)

Et ces auteurs inspirés de la période apostolique considéraient leurs écrits comme égaux (en sacralité) à ceux de l’Ancien Testament (lequel ils ne cessaient justement de prendre comme une base de référence doctrinale) :

« Vous avez été édifiés sur le fondement des Apôtres et des Prophètes [c'est-à-dire l'Ancien Testament], Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. » (Éphésiens 2:20)

« C’est ce qu’il [Paul] fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures [ici l'Ancien Testament], pour leur propre ruine. » (2 Pierre 3:16)

Que la réflexion analytique provienne des Grecs (ou plutôt que ceux-ci l’ont plus développée que les autres peuples) n’est pas un écueil. Le Nouveau Testament a été composé en langue grecque (sauf l’épître de Jacques en araméen). Les Pères de l’Église étaient pétris d’hellénisme. La rationalité et la rhétorique ont conditionné l’affirmation de la théologie chrétienne telle que préalablement contenue dans la Bible (Crédo de Nicée-Constantinople, Symbole d’Anathase, Symbole de Chalcédoine, etc.). Et alors ? Cela ne fait pas du christianisme un « produit de la culture hellénique profane » pour autant. C’est le Saint-Esprit qui a insufflé la Parole à l’Église. C’est Dieu qui dota les humains des facultés intellectuelles nécessaires pour raisonner et tenir un discours argumenté. Que l’Église fasse usage de ces capacités humaines pour systématiser les oracles divins… cela fait parfaitement du sens, nonobstant que le message de Jésus était initialement sous une forme apparemment non systématisée (car elle s’adressait à un auditoire oriental). Cela n’est pas un problème pour le christianisme/protestantisme et n’affecte en rien son message.

Que Paul prenne l’exemple des controverses entourant le roi David pour illustrer la dépravation de l’homme, cela est censé. Que Paul ne nomme pas David et ne fasse pas de remise en contexte historique n’est pas important, car Paul cite des extraits énonçant des vérités permanentes, intangibles et immuables (par exemple que la sentence de Dieu est juste) qui n’ont pas besoin d’être accompagnées du contexte psalmique (que les destinataires connaissaient surement déjà) pour garder leur précision.

Vous dites :

« Le protestantisme a fait de la Bible une source de doctrine absolue, car les gens réfléchissent ainsi. »

Absolue, j’assume, signifie ici entièrement vrai, complet et définitif. En lisant ces mots des apôtres Paul et Jean, j’ai fort l’impression que le Nouveau Testament affirme être une source de doctrine absolue :

« Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre évangile. Non pas qu’il y ait un autre évangile, mais il y a des gens qui vous troublent et qui veulent altérer l’Évangile de Christ. Mais, si nous-mêmes, si un ange du ciel annonçait un autre évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème ! Nous l’avons dit précédemment, je le répète à cette heure : si quelqu’un vous annonce un évangile s’écartant de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Galates 1:6-9)

« Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : si quelqu’un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre ; et si quelqu’un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l’arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre. » {Apocalypse 22:18-19 ; certes « ce livre » veut ici dire l’Apocalypse, mais l’avertissement de ne pas inventer des doctrines (ou d’en puiser ailleurs que dans la prédication apostolique — ce qui revient au même) vaut aussi bien pour le reste du canon du Nouveau Testament.}

L’emphase du Nouveau Testament ne porte évidemment pas sur un corpus de manuscrits inspirés, c’est-à-dire sur lui-même. Il porte sur la personne, l’œuvre expiatoire et les enseignements de Jésus-Christ, comme vous soulignez. Or le Nouveau Testament est justement l’ensemble de textes qui non seulement nous informe sur la vie de Jésus-Christ, mais surtout nous apprend, grâce à son caractère inspiré, ce que le ministère de Jésus implique théologiquement, doctrinalement. Ce second point est certainement la raison d’être du Nouveau Testament autant que le premier.

Je ne suis pas certain que l’appréciation d’un livre ne peut se faire que dans une société où les gens sont majoritairement lettrés et où l’impression permet de le répandre. Les juifs n’avaient en moyenne qu’un Tanak par synagogue, et ce livre n’en était pas moins révéré, lu, expliqué et médité chaque samedi. Idem pour les communautés chrétiennes primitives et leurs rouleaux/codex du Nouveau Testament, qui étaient lus en commun chaque dimanche « aussi longtemps que le temps le permet » (dixit Justin Martyr).

D’ailleurs on n’a pas attendu la « Renaissance » humaniste et les 95 Thèses pour entreprendre de rendre la Bible accessible à chaque foyer chrétien en langue vernaculaire. Divers proto-protestants (les vaudois dès le XIIe siècle en Provence & Piémont, les wiclifites dès le XIVe en Angleterre, puis les hussites dès le XVe en Tchéquie) ont précédé, et en maintes instances jetés les bases, du protestantisme du XVIe siècle auquel ils se joignirent au temps venu (cf. les vaudois au synode de Chanforan en 1532).

Vous dites :

« Pour les protestants, répandre le message de Jésus équivaut à diffuser la Bible. [...] Jésus a montré qu’il y avait une distinction entre répandre les doctrines des Écritures et le suivre en tant que personne. »

La Bible est le message de Jésus alors je vois mal comment diffuser la Bible ne peut pas équivaloir à répandre le message de Jésus.

Il est bien sûr possible de se revendiquer des Écritures sans les mettre en pratique, c’est ce que faisaient ceux que Jésus sermonne en Jean 5:39. On peut donc répandre les doctrines bibliques sans suivre Jésus personnellement. Cependant, on ne peut pas suivre Jésus personnellement sans répandre les doctrines bibliques d’une manière ou d’une autre (à moins de vivre en isolement total).

Je ne sais pas trop ce que McLaren essaie de prouver avec cet argument de la contemplation et tout le reste. Même s’il dit que la Bible n’est pas un recueil systématisé, s’il veut élaborer (ou rejeter) une quelconque doctrine, il n’aura pas le choix de s’appuyer sur l’Écriture, le forçant à faire une inévitable systématisation. S’il veut faire dire quelque chose à certains passages qui ne le disent pas, il se fera ramener au principe du Tota Scriptura : la compréhension de n’importe quelle portion des Écritures doit se faire en harmonie avec l’ensemble des Écritures (règle de base pour la formulation de n’importe quel énoncé, sinon la Bible devient un panier où l’on pige ce que l’on veut, l’interprète comme il nous plaît, et ignorons ce qui ne nous intéresse pas… or si tel est le cas, la Bible perd toute autorité et il devient vain de s’y référer).

Il appert que McLaren essaie de diminuer l’autorité normative de la Bible (et peut-être de se débarrasser du Sola Scriptura) pour pouvoir justifier ses errements postmodernes. Si en effet il réussit à relativiser le caractère absolu de la Bible, c’est bien plus facile pour lui d’accepter l’homosexualité et ô combien d’autres lubies de notre époque absurde.

Billets similaires

Étude comparative des théologies politiques du confucianisme et du calvinisme

Mardi, janvier 22nd, 2013

Rituel confucéen à Qufu en Chine

La semaine dernière, nous avons vu comment le protestantisme — et notamment le calvinisme — progresse très rapidement en Chine. Nous avons aussi glissé un mot sur le retour en force du confucianisme qui est soutenu par l’État toujours officiellement communiste qui cherche à récupérer à son profit les notions confucéenne d’harmonie civique et d’obéissance aux divers pouvoirs établis. Il appert donc que le calvinisme et le confucianisme seront deux forces sociales majeures qui entreront bientôt en contact dans la prochaine première superpuissance (si cela n’a pas déjà commencé). Cela générera sans doute des frictions (comme la controverse à propos de l’édification d’une imposante église dans la ville natale de Confucius, Qufu) et potentiellement certaines collaborations ou causes communes. Afin de permettre aux chrétiens francophones d’entrevoir comment ces deux systèmes de croyances pourraient interagir dans le futur, je rends disponible une étude comparative des théologies politiques du confucianisme et du calvinisme, qui est téléchargeable à cette adresse :

Les théologies politiques du confucianisme et du calvinisme comparées [Doc Stoc]

·

J’y expose, sources académiques à l’appui, comment les confucéens et les calvinistes voient respectivement la collectivité humaine. Voici également le tableau schématique de cette comparaison :

COMPARAISON ENTRE CONFUCIANISME ET CALVINISME

DIFFÉRENCES

CONFUCIANISME

CALVINISME

Concentrer ou diffuser le pouvoir ? Pro-centralisation Pro-décentralisation (principes de subsidiarité et de suppléance)
Type de régime modèle Monarchie absolue « éclairée » République ou monarchie constitutionnelle
Fonctionnement Fonction publique méritocratique accessible à l’élite intellectuelle de l’aristocratie par un rigoureux système examinatoire Gouvernement collégial à composantes électives
Autorité terrestre suprême Règne des « sages » Primauté du droit
En cas de dysfonctionnement… Résistance quasi-illégitime Résistance légitime

RESSEMBLANCES

CONFUCIANISME + CALVINISME

Caractéristiques des gouvernants Gouvernance par des hommes compétents, excellemment éduqués et pieux plutôt que par des simples bien-nés
Justice économique Accessibilité équitable aux leviers de création de richesse pour l’ensemble de la population sans sombrer dans le communisme
Légèreté de la taxation Taxation limitée et non abusive ; cela ne fut pas respecté en Chine impériale confucéenne
Distinction homme-femme La famille est un prototype de l’État, les sexes sont crées complémentaires et le rôle des femmes n’est pas en politique
Communautarisme Société holiste, familialiste et moralement exigeante sans effacer les individus
Emphase sur l’état moral des gens Favorise la régénération spirituelle et la droiture volontaire plutôt que la coercition répressive (mais ce faisant, l’objectif des calvinistes est de glorifier Dieu tandis que celui des confucéens est de perfectionner leur personne ad infinitum)

Lire aussi Les Instituts Confucius, un outil au cœur de la stratégie de Soft Power chinois sur Chine Conquérante.

Billets similaires

L’Église, l’homosexualité et l’intolérance

Dimanche, juin 17th, 2012

J’ai écrit cet article pour le magazine web Tout.mag, je le reproduit ici pour le bénéfice des lecteurs du Héraut.

Certains penseront, en lisant le titre de cet article, qu’il sera question de l’intolérance de l’Église vis-à-vis de l’homosexualité. Détrompez-vous! C’est plutôt l’intolérance de l’homosexualisme envers l’Église qui sera le sujet de cet article. Pour certains lecteurs de cet article, il n’en faudra pas plus pour que leur opinion de moi soit déjà faite: voilà un homophobe, un dangereux fondamentaliste, un bigot, un obscurantiste intolérant… bref un gros méchant qu’il faut faire taire! Si c’est votre réflexe en lisant mon introduction, c’est probablement parce que vous avez été conditionnés par l’intolérance de la nouvelle tolérance.

La nouvelle tolérance

Je suis en train de lire le dernier livre de Donald Carson : The Intolerance of Tolerance, dans lequel il démontre un changement de paradigme dans le concept de tolérance. Autrefois la tolérance signifiait accepter l’existence d’opinions divergentes et leur accorder la liberté d’expression. Aujourd’hui la tolérance signifie ne pas critiquer le point de vue d’un autre. Voici comment Carson résume ce changement de paradigme :

Ce passage de « accepter l’existence d’opinions divergentes » vers « accepter les opinions divergentes » (…) peut paraître subtil extérieurement, mais il est substantiellement massif. Accepter qu’une position différente ou opposée existe et qu’elle ait le droit d’exister est une chose, accepter cette position même signifie qu’on ne peut plus s’y opposer. (…) Nous sommes partis de « permettre la libre expression d’opinions contraires » pour arriver à « l’acceptation de toutes les opinions »; nous sommes passés de « permettre l’articulation de croyances et d’affirmations avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord » à « déclarer toutes croyances et affirmations comme étant également valides ». C’est ainsi que l’ancienne tolérance a cédé la place à la nouvelle tolérance.

L’ouvrage a pour but de démontrer la poutre dans l’œil de cette nouvelle définition de la tolérance : une intolérance agressive envers toute critique d’une opinion personnelle qui offense celui qui tient cette opinion. La tolérance signifie le rejet catégorique de tout dogmatisme… voilà le nouveau dogme! Ironique n’est-ce pas? Dans son livre, Carson démontre comment la nouvelle tolérance, pour ne pas dire la nouvelle intolérance, est en train de ruiner l’honnêteté intellectuelle des milieux académiques, comment elle a pris d’assaut les médias et il démontre par plusieurs cas d’arbitrages et de poursuites judiciaires les ravages de ce néo-totalitarisme.

La nouvelle intolérance et « l’homosexualisme »

La nouvelle intolérance est particulièrement hostile envers l’éthique judéo-chrétienne de la sexualité. Les chrétiens croient que le comportement sexuel de l’homme a une valeur morale qui a été instituée par Dieu. Ainsi, ils considèrent que l’hétérosexualité à l’intérieur du cadre du mariage est la seule conduite sexuelle moralement acceptable devant Dieu. Cette opinion est par nature radicalement incompatible avec la nouvelle tolérance, et puisqu’elle est perçue comme étant intolérante elle n’est plus tolérée dans l’espace public. Les plus farouches opposants à l’éthique sexuelle chrétienne ne sont pas premièrement les défenseurs de l’union libre ou de la promiscuité sexuelle, ce ne sont pas les avocats de la polygamie ou de la « polyamorie », ni ceux de la prostitution ou de la pornographie, il s’agit des homosexualistes.

Je dis « homosexualistes » et non « homosexuels » pour plusieurs raisons. Premièrement parce que tous les défenseurs de l’homosexualité ne sont pas nécessairement homosexuels. Deuxièmement, parce que tous les homosexuels ne sont pas nécessairement des zélateurs de l’homosexualité ou des opposants farouches de l’éthique chrétienne. Troisièmement, parce que le terme « homosexuel » renvoie à une orientation sexuelle, tandis que le néologisme « homosexualisme » renvoie à une idéologie : faire en sorte que l’homosexualité soit acceptée par tous et que tous les opposants soient muselés. Finalement, parce que cet article ne s’attaque pas à l’homosexualité en tant que telle, contrairement à ce que les adeptes de la nouvelle tolérance diront, mais à l’effort soutenu pour éradiquer toute opposition à l’homosexualité, j’ai nommé cet effort l’homosexualisme. Une des tactiques de l’homosexualisme consiste à mettre indistinctement dans la même catégorie les tenants de l’éthique judéo-chrétienne et les anti-homosexuels intimidateurs : tous des homophobes! Si quelqu’un ose remettre en question la moindre affirmation de l’homosexualisme, s’en est fait de lui, c’est un intolérant qui ne peut être toléré.

L’Église, l’homosexualité et l’intolérance

Le lobby homosexualiste est très puissant. En occident, il a déjà fait fléchir la quasi-totalité des instances en sa faveur. Un dernier bastion lui résiste toujours, mais timidement et on ignore pour combien de temps encore : l’Église. L’homosexualité est un enjeu majeur devant lequel les chrétiens de toutes confessions sont en train de se positionner. Les Églises libérales ont depuis fort longtemps abdiqué de défendre la compréhension traditionnelle des Écritures. L’Église anglicane de même que les méthodistes aux États-Unis connaissent déjà beaucoup de dissensions en leur sein entourant cette question. La récente prise de position du président Obama pour le mariage homosexuel risque de polariser cet enjeu lors de la prochaine campagne présidentielle alors que toute une armada s’efforce déjà de marginaliser les défenseurs de l’éthique chrétienne traditionnelle.

Considérant la timidité des chrétiens pour riposter contre l’antichristianisme véhiculé un peu partout, je crains que plusieurs d’entre nous finissent par céder à la rhétorique de la nouvelle tolérance. J’exhorte donc les chrétiens : ne confondez pas l’accueil du pécheur que le Seigneur exige de nous avec la complaisance que le monde veut nous imposer (Jn 8:11). Ne croyez pas le mensonge voulant que sont intolérants et homophobes ceux qui défendent la vérité des commandements divins (Rm 13:9-10). Ne renversez pas l’Évangile en proclamant l’absolution de la grâce sans exiger la repentance et la conversion (1 Co 6:9-11). N’avalez pas la fausse définition de l’amour et de la tolérance de la part de ceux qui n’ont aucune tolérance et sont belliqueux envers leurs opposants (1 Co 13:4-7).

Cet enjeu est important pour les chrétiens, car dès que l’Église laisse le monde redéfinir ce qu’est le péché, elle le laisse également redéfinir ce qu’est la rédemption. Si le péché consiste à ne pas accepter les autres opinions, la rédemption consiste à abandonner l’exclusivité de sa propre opinion. Si les chrétiens abandonnent l’exclusivité du Christ et de sa Parole, c’est qu’ils ont alors fléchi les genoux devant les idoles et leur ont donné l’exclusivité de leur cœur et de leur pensée. Sans vouloir exagérer, c’est le premier commandement qui est en jeu, c’est l’exclusivité de l’Évangile qui est menacée et c’est chacun de nous qui doit répondre.

Cet enjeu est important pour le reste de la société, car il ne s’agit pas d’accepter la compréhension chrétienne de la sexualité, mais de défendre la liberté d’expression. La coexistence pacifique d’idées divergentes et le dialogue entre des opinions opposées est une composante essentielle d’une société libre et tolérante. Tolérerez-vous la compréhension judéo-chrétienne de la sexualité même si celle-ci vous fait des reproches? Peut-on se dire tolérant tout en refusant d’entendre une opinion contraire à la sienne? À chacun de nous de répondre!

Billets similaires | Le mariage homosexuel… la controverse n’est pas terminée | L’uniformité par la diversité ou la tyrannie de la cause homosexuelle | Chuck Colson: 1931-2012 | Pierre-Huges Boisvenu et la peine de mort

Le Livre de Vesu

Lundi, mai 28th, 2012

Je ne suis pas un disciple du « prophète » Joseph Smith, mais je dois reconnaître que les représentations médiatiques du mormonisme dans la culture populaire nord-américaine sont habituellement méchantes et injustes, en ce qu’elles donnent une image incorrecte des croyances de cette religion et de ses adhérents. L’épisode de South Park, par exemple, se borne à ridiculiser les mormons d’un point de vue athée/agnostique, ce qui n’est pas très instructif. La série Big Love de HBO, qui a atteint sa 5e saison, ne fait que projeter et les phantasmes bassement hollywoodiens et l’éclatement familial postmoderne sur un microcosme fictif de Latter-day Saints polygames. Or je viens de tomber sur cette capsule amusante, mais sérieuse, de Against the World qui parodie très intelligemment le mormonisme en mettant le doigt sur un problème fondamental de cette doctrine hétérodoxe. À l’heure où le mormon Mitt Romney multiplie les efforts de séduction pour obtenir l’appui des quelque 60 millions de chrétiens trinitaires qui constituent la droite religieuse américaine (et où l’Église mormone est en train d’exploser surtout au détriment du protestantisme), ça tombe pile :

Je vous invite à signer la pétition : For the sake of the Gospel

Billets similaires | Mitt Romney et le mormonisme

Pourquoi seul le Dieu de la Bible est le vrai Dieu?

Jeudi, mai 10th, 2012

On entend souvent dire qu’il est arbitraire d’opter pour le Dieu de la Bible… Et pourquoi pas celui du Coran? Ou encore une divinité orientale quelconque? Cet article sera bien sûr trop court pour donner une réponse complète à cette question, mais j’aimerais expliquer brièvement pourquoi seul le Dieu de l’Évangile et seul le Dieu de la Trinité se révèle parfaitement comme Dieu. Pour expliquer mon point, je rapporterai une conversation que j’ai eue avec un détenu musulman lorsque j’étais aumônier de prison. Je lui ai expliqué pourquoi je ne croyais pas qu’Allah soit le vrai Dieu, et que seul le Dieu de la Bible révélé en Jésus-Christ est le vrai Dieu.

La nécessité de l’Évangile

J’ai posé deux questions à mon ami musulman. Premièrement, s’il croyait que Dieu est amour et miséricordieux. Deuxièmement, s’il croyait que Dieu est juste et s’il punit l’injustice et le mal. Ces questions sont importantes, car Dieu pourrait-il être Dieu s’il n’était pas amour ou s’il commettait des injustices en ne punissant pas le mal? Comme moi, il croyait que le caractère de Dieu est à la fois miséricordieux et juste. Puis je lui ai déclaré qu’il n’était pas suffisant de simplement affirmer l’amour et la justice de Dieu pour qu’il en soit ainsi, Dieu doit en quelque sorte prouver qu’il est amour et justice à la fois. Autrement dit, quel acte Dieu a-t-il fait qui révèle infailliblement son amour et sa justice?

Mon ami ne savait pas trop où je voulais en venir et ne savait pas quoi me répondre. J’ai poursuivi en tentant de lui démontrer pourquoi je ne croyais pas qu’Allah puisse être à la fois juste et miséricordieux. Si Allah pardonne les péchés d’un homme sans le punir et se montre miséricordieux à son égard, ne commet-il pas une injustice en laissant impunies ses transgressions? Par contre, s’il punit le pécheur comme celui-ci le mérite, comment peut-on affirmer qu’il est miséricordieux? La difficulté n’est pas de savoir comment Dieu peut être miséricordieux ou comment il peut être juste, mais comment peut-il être les deux à la fois?

La seule véritable réponse à ce problème est l’Évangile. L’Évangile n’est pas une théorie ou une conception philosophique détachée de la réalité concrète et élaborée soigneusement pour résoudre le problème entre les attributs divins de l’amour et de la justice… L’Évangile est un acte historique divin. Il s’agit de la seule démonstration véritable et concrète qu’on retrouve parmi toutes les croyances au monde dans laquelle Dieu a prouvé qu’il est à la fois miséricordieux et juste.

Dans l’Évangile, Dieu révèle sa parfaite justice. L’Écriture affirme : « Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. » (Rm 3.21-22) En punissant le péché par la mort, Dieu a révélé qu’il est entièrement juste : « Le salaire du péché c’est la mort » et Christ « est mort pour le péché ». La justice divine a été satisfaite dans l’Évangile, non seulement en affirmant que Dieu est juste, mais par un acte historique dans lequel Dieu a condamné le péché une fois pour toutes. Par le même acte, Dieu s’est également montré parfaitement miséricordieux. L’apôtre Paul écrit :

« Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. À peine mourrait-on pour un juste; quelqu’un peut-être mourrait-il pour un homme de bien. Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Rm 5:6-8)

Tous les théistes affirment que Dieu est juste et miséricordieux… mais seulement le Dieu de la Bible révélé en Jésus-Christ a prouvé par l’Évangile qu’il est vraiment juste et miséricordieux. Seul le Dieu de l’Évangile peut être le vrai Dieu!

La nécessité de la Trinité

Je ne suis pas certain si mon ami musulman comprit la nécessité ontologique de mon premier argument, mais quelques semaines plus tard je l’ai rencontré à nouveau. Au cours de la conversation, je lui ai présenté un argument semblable. Je lui ai demandé s’il croyait que Dieu est personnel et relationnel. Il ne semblait pas trop aimer que je parle de Dieu comme d’un être « relationnel ». J’ai explicité ce que je voulais dire par relationnel : il appartient à l’essence de Dieu d’être en relation; Dieu n’est pas une force impersonnelle et inerte, mais un être qui a une volonté, qui communique, qui agit, interagit et réagit. Il était d’accord avec cette compréhension du théisme.

Ensuite, je lui ai demandé si Dieu est autarcique, c’est-à-dire s’il se suffit à lui-même ou si Dieu a besoin de quelque chose en dehors de lui-même pour pouvoir être lui-même. Il croyait, comme moi, que Dieu est autarcique. Alors je lui ai dit qu’il ne pouvait pas croire que Dieu est personnel et autarcique à la fois à moins de croire au Dieu de la Bible. En partant de la conception unitarienne de Dieu, comme le fait l’Islam, pour que Dieu puis être en relation avec des personnes il doit les créer, autrement il est absolument solitaire. Ce faisant, ce dieu ne peut pas être autarcique puisqu’il a besoin de quelque chose (ou de quelqu’un) à l’extérieur de lui-même pour pouvoir être en relation, pour pouvoir être ce qu’il est par essence. Ce dieu n’est donc pas entièrement indépendant de sa création; il est soumis à la contingence et à la temporalité, il n’est ni souverain ni éternel dans ses attributs.

La Bible nous présente un Dieu entièrement indépendant de sa création : « Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite point dans des temples faits de main d’homme; il n’est point servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit » (Ac 17.24-25). Le contexte de ce verset est important, Paul réfute la conception païenne de la divinité qui consistait à se faire un dieu à partir de la création, un dieu immanent (cf. Rm 1:21-25). L’apôtre leur présente le Créateur comme un Dieu à la fois transcendant et immanent.

Ce Dieu n’a pas fait le monde parce qu’il en avait besoin pour se sortir d’un ennui mortel causé par sa solitude pré-créationnelle. Il ne dépend de rien en dehors de lui-même, il est incréé et éternel et pleinement heureux en lui-même (1 Tm 6:15). Mais si Dieu est autosuffisant, comment peut-on croire qu’il appartient à son essence d’être en relation avec d’autres personnes? Comment oser penser qu’il lui importe d’être en relation avec l’homme? N’est-il pas un être absolument inexorable?

En Jésus-Christ est révélée la Tri-Unité de Dieu par laquelle nous comprenons la parfaite harmonie entre l’un et le multiple. Il n’y a qu’un seul Dieu dans lequel il y a trois personnes éternellement en relation. Ainsi, le Dieu de la Bible est autarcique et relationnel à la fois. Voici quelques affirmations de Christ qui nous permettent de mieux comprendre :

Moi et le Père nous sommes un. (Jn 10:30)

Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? (Jn 14:10)

Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l’Esprit avec mesure. Le Père aime le Fils, et il a remis toutes choses entre ses mains. (Jn 3:34-35)

Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu (…) De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. (1 Co 2:10-11) (cette dernière citation est de l’apôtre Paul)

Dieu est un, il est absolument autarcique, et le Dieu souverain duquel tout tire son existence, il ne dépend de rien et tout dépend de lui. Dieu est aussi trois : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, entièrement personnel et il est de son essence même d’être en relation avec des personnes. Il n’avait pas besoin de créer ces personnes pour pouvoir être en relation, il est en relations personnelles de toute éternité. Même si Dieu n’a pas créé le monde parce qu’il en avait besoin, il l’a néanmoins créé afin d’entrer en relation avec lui. Lorsque le péché mit une rupture entre Dieu et sa créature, puisqu’il appartient à sa nature d’être en relation, Dieu a fait le nécessaire pour préserver éternellement la relation qu’il avait avec l’homme dans une alliance de rédemption. Ainsi l’Évangile, dans lequel sont révélées la justice et la miséricorde de Dieu, rejoint la Tri-Unité de Dieu, dans laquelle sont révélés son autarcie et son être relationnel.

La confession de foi de mon Église, la Confession de foi baptiste de Londres de 1689, affirme au chapitre 2, paragraphe 3: « La doctrine de la Trinité est le fondement de toute notre communion avec Dieu et de notre dépendance, source de réconfort, de lui. » Seul le Dieu trine est digne de toute notre confiance, car nous pouvons dépendre de lui alors qu’il ne dépend pas de nous ni de quoi que ce soit d’autre et nous pouvons être assurés qu’il désire être en relation avec nous puisque cela appartient à son essence et qu’il l’a prouvé par l’Évangile. Voilà pourquoi je crois que nous pouvons affirmer que seul le Dieu de la Bible est le vrai Dieu!

Je termine par une citation de Francis Schaeffer, un apologète chrétien qui a cherché la vérité dans pratiquement tous les systèmes théologiques et philosophiques pour finalement fléchir les genoux devant le Dieu de la Bible. Après avoir expliqué pourquoi lui aussi croit que seul ce Dieu est digne de ce nom, il conclut:

« You can search through university philosophy, underground philosophy, filling-station philosophy – it does not matter – there is no other sufficient philosophical answer to existence, to Being, than the one I have outlined. There is only one philosophy, one religion, that fills this need in all the world’s thought, whether the East, the West, the ancient, the modern, the new, the old. Only one fills the philosophical need of existence, of Being, and it is the Judeo-Christian God – not just an abstract concept, but rather that this God is really there. He exists. There is no other answer, and orthodox Christians ought to be ashamed of having been defensive for so long. It is not a time to be defensive. There is no other answer. » Dans: He Is There and He Is Not Silent

Billets similaires | Jésus est Dieu | Les témoins de la résurrection (Ac 1.1-11) | Parole du matin: Luc 9:46-50 – La grandeur | Repentez-vous et croyez l’Évangile

L’athéisme face à la l’origine divine de la moralité

Vendredi, avril 20th, 2012

Fréquemment, des athées essayent de discréditer l’existence de Dieu en brandissant « l’existence du mal ». Puisqu’il y a tellement de souffrance, de guerre et de haine dans le monde, un Dieu de bien et d’amour ne doit pas exister, selon eux. L’apologète Ravi Zacharias répond à cette insinuation :

·

C’est d’une simplicité implacable : si on assume qu’il y a quelque chose tel que « le mal », on doit assumer qu’il y a quelque chose tel que « le bien ».

La source nécessairement surnaturelle de la moralité

La notion de bien implique un standard ou une règle : il signifie qu’il est meilleur que quelque chose d’autre. Si cette dichotomie morale existe, il doit nécessairement y avoir une loi morale qui puisse nous permettre de différencier entre le bien et le mal. Pour être réelle, cette loi morale doit nécessairement provenir d’une dimension supérieure et surnaturelle. Pourquoi ? Pour deux raisons.

Premièrement, sans un standard transcendant au-dessus de nous permettant de distinguer le bien du mal, tout ce que nous avons est des opinions individuelles. Si cette loi morale ne vient pas d’une dimension supérieure et surnaturelle, d’où vient-elle ? Des hommes ? De quels hommes ? Mais qui détermine les paramètres de cette loi morale ? C’est la majorité qui décide ? Et si l’opinion majoritaire change, est-ce que le bien et le mal changent ? Et si deux majorités de deux endroits différents se contredisent, est-ce que le bien et le mal varient d’un endroit à l’autre ? Si la moralité est à ce point instable et malléable, on tombe dans un profond relativisme où le bien et le mal n’existent simplement pas.

Deuxièmement, dans une perspective purement athée, le bien et le mal sont des notions impertinentes et imaginaires. Selon la vision du monde athée, la divinité et toute la dimension immatérielle n’existent pas. Cela signifie qu’il n’existe absolument rien d’autre que la matière, elle-même constituée d’atomes. Le réel se résume à des atomes qui bougent et qui se percutent de façon aléatoire. Or ni les atomes ni leurs mouvements ne sont moraux ou immoraux. On ne peut pas attribuer des caractéristiques morales à la matière. La différence entre le bien et le mal n’est pas inscrite dans le tableau périodique des éléments. Conséquemment, dans une perspective strictement naturaliste/matérialiste, il n’existe rien de tel que le bien et le mal.

Ainsi, pour se permettre de porter le jugement qu’il y « du mal » sur la terre, les athées doivent nécessairement emprunter les standards moraux du christianisme (ou d’une autre religion), car les athées eux-mêmes n’ont aucune base à partir de laquelle ils peuvent qualifier quelque chose de « bon » ou de « mauvais ». Évidemment, ils prétendent faire appel à leur conscience ou leur raison, mais selon leur propre vision du monde, leur conscience n’est rien de plus que des réactions électrochimiques dans les tissus des lobes de leur cerveau. Elles sont isolées dans la matière. Et comme nous l’avons vu au paragraphe précédent, ces réactions électrochimiques sont sujettes à une énorme divergence entre les individus, leur valeur est donc nulle.

C’est pourquoi l’existence du bien et du mal nécessite l’existence d’une entité immatérielle, transcendante et suprême qui établit une loi morale de façon absolue… et les soins de fixer les dispositions de cette loi reviennent exclusivement à cette entité — en l’occurrence à Dieu Tout-Puissant.

L’inconsistance du polythéisme et des monothéismes non-chrétiens

À ce stade-ci de la réflexion, les adhérents de l’athéisme pourraient intervenir et dire que cette moralité n’émane pas nécessairement avec le Dieu chrétien, mais qu’elle pourrait tout aussi bien relever d’autres systèmes de croyances théistes (les athées ne le croient pas mais ils utilisent souvent cet argument pour piquer les chrétiens). Analysons cette affirmation. Si on examine le polythéisme, on se rend compte qu’une kyrielle de petits dieux ludiques, égocentriques, capricieux et quasi humains, qui intriguent constamment contre leurs « codéités » avec qui ils sont coincés dans un interminable tourbillon conflictuel puissent établir souverainement les lois absolues de la moralité. Dans les mythologies grecque et égyptienne, on rencontre même l’histoire de dieux qui, ayant commis un geste illicite quelconque (meurtre, trahison, inceste), ont dû comparaître devant le « tribunal des dieux » ! Les méfaits des divinités polythéistes sont donc soumis au jugement de leurs imparfaits semblables. Dans la mythologie impériale chinoise, la hiérarchie des dieux est fixée par les fonctionnaires étatiques, et si les dieux ne remplissent pas le mandant qu’on leur désigne, alors ils sont dégradés par les fonctionnaires qui les surclassent dans la « bureaucratie céleste » !

On retrouve bien sûr nombre de dieux prétendument « créateurs », « géniteurs » ou « inventeurs » dans les panthéons romain, germanique, slave, mésopotamien, hindou, etc., mais il s’avère toujours qu’après investigation de leurs prétendues caractéristiques, ces déités polythéistes – malgré qu’on leur attribue des capacités supérieures à celles du commun des mortels ou du « commun des immortels » – n’ont jamais l’autorité et la puissance absolue de l’Éternel biblique et ne peuvent pas sérieusement prétendre au statut de Dieu omniscient et omnipotent.

L’échec du bithéisme

Aux fins de cet exercice intellectuel, nous pouvons explorer une voie alternative en optant pour le bithéisme, tel que le prônent le marcionisme, le manichéisme et le catharisme. Le bithéisme réduit l’imbroglio intrinsèque du polythéisme à un « simple » dualisme opposant deux dieux : l’un représentant le bien et l’autre représentant le mal. Dans le schéma conventionnel, un des deux dieux l’emporte ultimement sur l’autre, lequel est éventuellement détruit. Or, les dieux du bithéisme peuvent difficilement prétendre être absolus et tout-puissants, car s’ils peuvent être détruits, ils sont passagers. Conséquemment, le dieu qui se fait oblitérer n’est pas un vrai dieu… on revient inévitablement au monothéisme.

Bien sûr, le christianisme n’est pas le seul système de croyances monothéiste. Il y a le judaïsme, qui a expiré avec la première venue de Jésus-Christ comme l’a prophétisé la Bible hébraïque. Il y a l’islam, qui prétend drôlement être la continuation du christianisme alors que le christianisme réfute d’avance toute prétention de « prolongement » dans une religion ultérieure (de surcroît Mahomet n’a même pas compris quelles sont les trois personnes de la Trinité : il croyait bêtement qu’elles sont le Père, le Fils et Marie). Il y a le mazdéisme, l’ancienne religion impériale de la Perse, qu’on peut difficilement catégoriser : Nietzsche s’est amusé à y voir un monothéisme, en réalité l’essentiel de l’Avesta (le livre « sacré » des mazdéens) affiche un polythéisme décomplexé, hormis un noyau plus ancien (qu’on reconstitue comme étant le zoroastrisme théorique) où l’emphase est mise sur  deux divinités suprêmes qui s’affrontent (comme dans le bithéisme) entourées d’une pléthore de petits esprits-déïtés (comme dans le polythéisme). Le mazdéisme est donc clairement polythéique tandis que le zoroastrisme peut être qualifié de bi-monolâtrie ou de bi-hénothéisme.

La nécessaire existence de la moralité

Ici, les athées qui acquiescent volontiers que le polythéisme anthropomorphique et le bithéisme inconsistant sont invalides peuvent, dans un retournement rhétorique, affirmer que la moralité n’existe pas, donc qu’il n’y a pas de « besoin » que Dieu existe. Cette option relativiste peut être tentante pour beaucoup d’athées postmodernes. Mais cette position n’est pas intellectuellement soutenable. Les notions de vérité et de moralité sont trop imbriquées l’une dans l’autre pour que l’on puisse raisonablement prétendre que la « vérité » existe (en l’occurrence l’inexistence de Dieu et la validité de l’athéisme amoral) et que simultanément la moralité n’existe pas. Pourquoi ? Parce que cette position empêche de répondre à des interrogations aussi et incontournables que « Est-il vrai ou faux qu’il faut qu’en telle ou telle circonstance il faut faire cela ? » De tels questionnements, quotidiens pour tous les êtres civilisés, nous poussent à statuer sur la moralité des gestes et des pensées journalières en associant la moralité à la vérité. Dans ces cas, si on ne peut pas se prononcer sur la moralité prescriptive (parce qu’elle n’existe supposément pas), alors on ne peut pas non plus se prononcer sur la vérité ou la fausseté de ces prescriptions ou prohibitions morale. La notion fondamentale de vérité se trouve ainsi gravement affaiblie par cette gymnastique athée.

Certains athées qui aiment jouer aux sceptiques pourraient pousser l’audace encore plus loin et affirmer la vérité prescriptive n’existe pas, mais que la vérité descriptive – correspondant à la réalité matérielle objective – existe malgré tout. Encore une fois, l’insoutenabilité de la position amoraliste est manifeste. Si nous appliquons cette fausse logique à elle-même, nous voyons immédiatement qu’elle est erronée. À l’anodine question « Peut-on affirmer que la vérité prescriptive n’existe pas ? », on débouche sur une impasse. L’adhérent de l’amoralisme est placé devant le choix entre deux réponses qui démentent sa position. S’il répond « non », alors il s’auto-contredit, s’il répond « oui », alors il s’auto-réfute, car cette réponse à cette phrase est elle-même est une formule prescriptive supposément véridique.

Je pense que cette démonstration est suffisante. En niant l’absolue souveraineté morale du Dieu Tout-Puissant de la révélation chrétienne, les hommes aboutissent invariablement dans l’absurde.

Billets similaires

L’historicité de la résurrection

Mardi, avril 10th, 2012

Le message de la résurrection ne peut avoir aucune crédibilité ni aucune puissance à moins d’être vrai. Dans cette deuxième partie de notre discussion sur la résurrection, le pasteur Pelletier et moi nous intéressons au caractère historique de la résurrection. Peut-on réellement croire que celle-ci a eu lieu dans l’histoire?

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


mp3

Billets similaires | Le sens théologique de la résurrection | Pourquoi Pâques est important | Les témoins de la résurrection (Ac 1.1-11) | Les bienfaits de sa résurrection

L’histoire de la théorie de l’évolution (partie 4)

Jeudi, avril 5th, 2012

Beaucoup de gens s’imaginent que la théorie de l’évolution a débuté avec Charles Darwin. Ils croient que des observations scientifiques subséquentes sont venues confirmer cette théorie qui s’est alors imposée comme étant « la vérité » au sujet des origines de l’homme. Durant les quatre prochaines semaines, nous allons survoler l’histoire de la théorie de l’évolution depuis l’antiquité grecque jusqu’à Darwin et les temps modernes. Au terme de cette série, il devrait apparaître comme évident que l’évolutionnisme n’a pas été engendré par une démarche scientifique objective, mais par un désir de « libérer » la nature de la divinité. Autrement dit, l’athéisme, et non la science, a été le moteur de la théorie de l’évolution (ce qui confirme la thèse de Romains 1). Lorsque le présupposé est faux, la conclusion ne peut pas être vraie!

Avis aux croyants de l’évolutionnisme : les attaques ad hominem ne seront pas publiées. Ne prenez donc pas la peine de nous écrire vos injures… Il nous fera cependant plaisir de publier vos commentaires s’ils contiennent une vraie argumentation.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


mp3

Billets similaires | L’histoire de la théorie de l’évolution (partie 3) | L’histoire de la théorie de l’évolution (partie 1) | L’histoire de la théorie de l’évolution (partie 2) | Le fondement scientifique du créationnisme