Marie à Cana

Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus fut aussi invité aux noces, ainsi que ses disciples. Comme le vin venait à manquer, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont pas de vin. Jésus lui dit : Femme, qu’y–a–t–il entre toi et moi ? Mon heure n’est pas encore venue. (Jean 2.1-4)

Pour nous qui lisons la réponse de Jésus à sa mère, elle nous semble manquer de respect. En fait, que Jésus appelle sa mère Femme n’a rien d’irrespectueux. On retrouve cette même formulation lorsque Jésus s’adresse à elle à la croix (Jean 19:26).

Jésus demande à sa mère : Qu’y a-t-il entre toi et moi. Jésus ne renie pas la maternité de Marie. Mais dans son ministère, le fait qu’elle soit la mère de Jésus ne lui donne pas d’autorité sur le ministère de son Fils. Jésus dira plus tard et à plusieurs reprises qu’il fait tout ce qu’il voit faire de son Père.

Nous reconnaissons que Marie a joué un rôle particulier, et nous rendons grâce au Seigneur pour la fidélité de sa servante. Mais notre appréciation ne doit pas aller au-delà des faits tels que nous les rapportent les Écritures. Tout ce que Marie peut espérer de Jésus doit découler du fait que Jésus est le Seigneur et Sauveur et non pas du fait qu’elle soit sa mère. D’ailleurs, à douze ans Jésus l’avait déjà signifié à ses parents (Luc 2:49).

L’heure de Jésus n’était pas encore venue. Cette heure se réfère fort probablement au moment où il devait faire son premier miracle. Jésus le fait par la suite, presque immédiatement. Certains pensent que Jésus attendait quelque chose, possiblement que tous les invités soient arrivés. Rappelons-nous que les mariages duraient plusieurs jours.

Ce texte, parmi d’autres, nous montre que Jésus a fait exactement ce qu’il devait faire dans son ministère terrestre, sans que rien n’ait modifié son plan. Il a fait tout au moment où son Père l’avait décrété.

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31 commentaires pour Marie à Cana

  1. 1
    Sylvain dit :

    Pourquoi Jésus a-t-il dit que Marie est la mère de son disciple? Simplement pour l’inviter à aller vivre chez lui après sa mort? Ça me semble complètement insensé. Jésus se serait soucié de logistique alimentaire alors qu’il était en train d’expier cloué sur la croix? Vous croyiez vraiment que les dernières paroles du Christ avant sa mort doivent être interprétées comme de simples indications pratiques sans portée théologique? Le sens littéral de l’une des dernières phrases que le Fils de Dieu a formulé avant sa glorieuse Résurrection fut d’attribuer sa relation avec sa mère à celui qui le suit, et on lui donne un sens allégorique dont la signification est banale?

    Si, à l’inverse, cette annonce qui figure parmi les dernières déclarations du Christ constitue le fondement d’une vérité que les théologiens véritablement soumis à la volonté de Dieu se doivent de développer, ses implications sont immenses. Si Marie est la mère des disciples du Christ, elle n’est pas seulement la mère du corps physique du Christ : elle est la mère du corps mystique du Christ. La mariologique catholique est contraire à nos intuitions monothéistes, de même que le trinitarisme chrétien en général. La vérité n’est pas là où on la cherche mais bien là où on la trouve.

    Bénie soit la Sainte Mère de Dieu
    (sans rancune pour nos chers frères protestants)

  2. 2

    Cher Sylvain
    Je ne crois pas qu’il faille réduire l’interprétation protestante de cet épisode à une simple « logistique alimentaire ». Je crois que nous voyons l’amour et l’abnégation du Christ jusque dans sa mort, l’événement même où, humainement parlant, il aurait été normal qu’il oublie les autres étant trop absorbé par sa propre souffrance. Même là, à l’agonie, il pense aux autres et se soucie de leur bien-être. Cette question, de l’avenir de Marie après le départ de Jésus, n’était pas banale dans le contexte social du 1er siècle. La femme n’avait pas d’autonomie à cette époque, elle dépendait de son mari; Joseph étant probablement mort, Jésus avait la responsabilité de sa mère. Qui veillerait sur elle après son départ? Le Christ confie cette responsabilité à son disciple. Nous voyons ici tout le contraire de l’attitude égoïste de l’homme qui ne se soucie plus de personne une fois mort : « ce ne sera plus mon problème ». Christ nous enseigne ce qu’est l’amour véritable.

    Si nous voulons voir une portée plus grande pour l’Église de manière générale, je crois qu’il faut inverser ton interprétation : ce n’est pas Marie qui est la mère de l’Église, mais l’Église qui doit veiller sur les veuves et assurer les fonctions parentales lorsque celles-ci sont déficientes; d’après le reste de l’enseignement apostolique: 1 Timothée 5.1-16. C’est donc l’Église qui fut la mère de Marie et non l’inverse.

    L’Écriture doit être interprétée, mais non selon nos propres règles (2 Pi 1.20-21). L’Écriture interprète l’Écriture (Rom 12.6), cette règle est plus sûre que l’allégorie. Aucun passage de l’Écriture ne présente Marie comme la mère de l’Église. Faire l’analogie que parce qu’elle est la mère du corps physique de Christ elle est également la mère de son corps spirituel est une extrapolation des données bibliques et une doctrine qui n’est enseignée par aucun texte de la Bible. Lorsqu’on applique l’analogie de la foi telle que Paul l’enseigne en Romains 12.6, on n’aboutit pas à la mariologie…

    Je n’ai aucun problème avec l’expression theotokos (mère de Dieu), pour autant que l’on comprenne cette expression comme les premiers théologiens qui l’ont employée la comprenait. Cette expression n’avait pas pour but d’élever Marie comme dans la mariologie tardive, mais elle servait à s’opposer à des hérésies christologiques qui niaient l’entière divinité du Christ dès son incarnation. L’enfant que Marie portait en son sein était Dieu, il n’était pas un petit dieu ou un dieu en devenir; il s’agissait de Dieu fait homme.

    Bénie soit Marie, la mère de Dieu fait homme, une pécheresse sauvée par la grâce (Luc 1.46-50), comme le reste des croyants!
    (avec affection pour ceux de mes frères qui sont catholiques)

  3. 3
    Daniel Durand dit :

    Cher Sylvain

    Je viens de lire la réponse de Pascal à ton envoi et je suis totalement d’accord avec lui. En fait, le texte lui-même nous fournit son interprétation. Au verset 27 nous lisons : « Et dès cette heure–là, le disciple la prit chez lui ». Ce verset nous montre que ce n’est pas Marie qui a pris Jean chez elle pour veiller sur lui mais Jean qui prit Marie chez lui pour veiller sur elle. Nous devons sérieusement prendre acte qu’aucun apôtre n’a enseigné à prier Joseph, Anne ou Joachim (les parents de Marie selon la tradition), Jean-Baptiste, etc. Aucun apôtre, eux qui avaient été enseignés par le Christ lui-même, n’a suggéré ou encouragé la prière à ces personnes alors qu’elles étaient toutes décédées.

    Par conséquent, je dois rejeter ce que tu dis, à savoir que « cette annonce qui figure parmi les dernières déclarations du Christ constitue le fondement d’une vérité que les théologiens VÉRITABLEMENT SOUMIS À LA VOLONTÉ DE DIEU se doivent de développer ». Si l’Église a une mère, ce n’est pas Marie mais la Jérusalem d’en-haut (Galates 4.26), texte écrit par Paul et appuyé par Pierre hautement considéré par les catholiques (2 Pierre 3.16).

    Puisse le Seigneur diriger son peuple selon Sa Parole.

  4. 4
    Sylvain dit :

    Rebonjour messieurs

    Si le Christ voulait seulement que son disciple s’occupe de Marie, il aurait dit « Occupe-toi de ma mère » plutôt que « Voici ta mère ». Vous dites que l’Écriture doit s’interpréter elle-même; eh bien, pourquoi voir une allégorie inutile là où il y a une affirmation significative?

    L’interprétation réformée du statut de Marie m’apparaît d’autant moins orthodoxe qu’elle ne correspond pas à l’usage que l’Écriture fait des termes familiaux en dehors de leur contexte naturel. Quand on dit que tous les fidèles sont des «frères», il ne s’agit pas d’une allégorie pratique pour dire qu’ils doivent s’occuper les uns des autres: il s’agit d’une affirmation théologique signifiant que tous les fidèles sont des membres du corps mystique du Christ. Quand Jésus dit à son disciple que Marie est sa mère, il exprime une affirmation de la même nature et dont les implications sont comparables. Dans les deux cas, on utilise des termes familiaux pour qualifier des réalités mystiques. Vous dites plutôt qu’une affirmation est théologique et que l’autre est pratique? Et son affirmation pratique aurait été parmi ses toutes dernières avant la Résurrection?

    Par ailleurs, je vous précise que la doctrine catholique n’est pas que Marie n’avait pas besoin de salut ni qu’elle s’est sauvée elle-même : Marie fut sauvée par le Christ comme tous les autres êtres humains. La différence est que Marie fut sauvée complètement dès le début de sa vie; la grâce du Christ l’a donc épargnée de tout péché durant sa vie. C’est la doctrine selon laquelle Marie est «comblée de grâce». Cette doctrine ne contrevient en rien au principe chrétien selon lequel tous sont naturellement pécheurs et ne peuvent être sauvés et sanctifiés que par le Christ. La doctrine catholique est simplement que, dans le cas de Marie, la salvation et la sanctification du Christ furent pleinement réalisées d’emblée puisqu’elle était destinée à porter le Fils de Dieu en son sein.

    Pour ce qui est de l’interprétation biblique en général, l’idée que l’Écriture s’interprète elle-même ne peut pas avoir n’importe quel sens. L’Écriture doit être interprétée de façon cohérente avec elle-même, mais un texte ne peut pas interpréter un texte; un texte ne peut rien interpréter du tout puisqu’une interprétation est une pensée et qu’un texte ne pense pas. Seuls les esprits peuvent interpréter des textes; seuls les esprits peuvent écrire des textes. L’Écriture fut inspirée par le Saint-Esprit, et c’est par le Saint-Esprit que l’on peut interpréter l’Écriture. La question est donc à savoir, parmi toutes les interprétations de l’Écriture soutenues par des fidèles, laquelle est véritablement inspirée par le Saint-Esprit?

    Il n’y a aucun passage biblique où le statut de Marie est mentionné explicitement, mais il n’y a aucun passage où la Trinité est mentionnée explicitement. La doctrine mariale autant que le doctrine trinitarienne est une interprétation fidèle au sens profond de l’Écriture. On peut errer dans notre interprétation en inventant des doctrines que l’on ajoute à la révélation, et on peut errer en rejetant des doctrines révélées qui ne correspondent pas à nos préjugés interprétatifs. La comparaison entre la mariologie et le trinitarisme m’apparaît d’autant plus appropriée que, dans un cas comme dans l’autre, un souci excessif à maintenir les formes monothéistes nous incite à les rejeter. Dans un cas comme dans l’autre, la vérité prend des formes inattendues.

    À tout cela s’ajoute le témoignage d’innombrables fidèles qui connurent des révélations mariales. La mariologie, contrairement à la plupart des doctrines catholiques, fut vécue par les fidèles avant d’être reconnue par l’Église; il s’agit du sensus fidelium. Je sais que les réformés n’attribuent pas de valeur à ces témoignages, mais ils constituent l’un des piliers de la doctrine mariale.

    Au plaisir de vous lire!

  5. 5
    Daniel Durand dit :

    Cher Sylvain

    En fait, les termes familiaux, s’ils indiquent souvent l’appartenance au Corps du Christ, ne suppriment pas les responsabilités familiales. Le Seigneur a marqué dans l’ordonnance créationnelle qu’est la famille ce que doit être la famille dans la nouvelle création, soit l’Église. Ceci dit, il y a des occurrences où les termes familiaux sont utilisés sous un registre créationnel (Marc 3.32 ; Galates 1.19). Par conséquent, il ne s’agit pas d’une « allégorie inutile » (selon l’expression que tu as utilisée) mais bien utile et pratique. Les frères de Jésus n’étaient pas chrétiens à ce moment-là (Jean 7.5), il serait surprenant, s’ils avaient été convertis lorsque Jésus fut crucifié, qu’ils laissent leur mère seule au Calvaire. Par conséquent, Jésus a confié sa mère à Jean. Je ne vois rien d’inutile en ceci, au contraire, quel exemple.

    Tu dis « Et son affirmation pratique aurait été parmi ses toutes dernières avant la Résurrection? ». J’oppose à ce raisonnement celui-ci. Si Jésus voulait que les disciples considèrent Marie comme leur mère spirituelle, pourquoi avoir attendu l’agonie à la croix pour ne le dire qu’à Jean, alors que c’est à Pierre que le leadership avait été confié ?

    Concernant le texte de l’annonciation où il est dit que Marie a reçue une grâce, si Rome le comprend comme la préservation du péché originel chez Marie, il faudrait l’étendre à tous les élus parce que le même verbe grec est appliqué aux élus en Éphésiens 1.6.

    Quand nous disons que la Bible interprète la Bible, nous signifions que nous devons tenir compte de l’ensemble des données bibliques pour interpréter la Bible.

    La comparaison avec la Trinité ne tient pas. Tout ce qui définit la Trinité peut être supporté par les Écritures. En ce qui concerne Marie, ce n’est vraiment pas le cas. Que ce soit l’immaculée conception, sa perpétuelle virginité, la mariolâtrie, etc.

    Et pour les témoignages, l’Église catholique a brûlé combien de personnes qui avaient des visions, des apparitions parce que celles-ci ne correspondaient pas à la pensée de Rome ?

    Encore une fois, cher Sylvain, je crois qu’il faut expliquer pourquoi aucun apôtre n’a enseigné la mariolâtrie tout comme la prière à St-Joseph, à Ste-Anne, à St-Joachim, à St-Jean-Baptiste, à St-Étienne, etc. Ces derniers étaient morts dès les débuts de l’Église primitive. Toutes les épîtres ont été écrites après la mort de ces personnes.

    À bientôt

  6. 6
    Sylvain dit :

    Cher Daniel

    Le caractère inutile de l’affirmation ne serait pas son implication normative mais sa formulation allégorique : Pourquoi dire « Voici ta mère » s’il voulait dire « Prends soin de ma mère »?

    Quand des termes familiaux sont utilisés dans leur sens naturel, ils concernent des individus qui sont effectivement unis par des liens familiaux naturels. Quand des termes familiaux concernent des individus qui ne sont pas unis par des liens familiaux naturels, ils signifient une réalité mystique. Si le Christ avait simplement voulu réitérer que Marie est une fidèle et donc un membre de son corps mystique comme tous les autres fidèles, Il aurait été cohérent avec ses propres paroles et il aurait dit « Voici ta sœur ».

    On peut penser à de nombreuses raisons pour lesquelles le Christ a pu attendre à l’agonie de la croix pour expliciter le statut de Marie. Une révélation aussi importante aurait pu être sous-estimée par les fidèles si elle n’avait pas été faite à ce moment crucial entre tous. Il ne s’agit pas d’une norme pratique pour que l’Église fonctionne bien ; il s’agit d’un mystère théologique à méditer longuement pour en saisir toute la profondeur. La mort du Christ est l’événement suite auquel la maternité spirituelle de Marie est devenue particulièrement significative afin que les fidèles ne soient orphelins d’aucune façon.

    Ces raisons ne sont pas particulièrement persuasives en elles-mêmes mais, si on les compare aux raisons encore plus douteuses à savoir pourquoi le Christ aurait fait une allégorie inutile dans ce contexte crucial et si on les conjugue aux innombrables témoignages mariaux, elles deviennent probantes.

    Les gens vivent toutes sortes de choses ; il faut savoir distinguer la révélation des illusions, de la même façon qu’il faut savoir distinguer l’Écriture des textes apocryphes. Brûler les hérétiques est une pratique honteusement médiévale, mais le fait que l’on ait traité différents témoignages différemment n’a rien de troublant. Quand d’innombrables fidèles dont la foi et les œuvres sont indéniables nous rapportent des témoignages allant dans un sens suggéré par l’Écriture – même s’il ne correspond pas à notre appréhension naturelle du texte – c’est au péril de notre quête de la vérité que nous les rejetons.

    Je ne m’y connais pas en traduction du grec ancien: je suis donc en face d’une opposition d’experts. Je ferai ma petite enquête.

    Pour ce qui est des prières adressées aux saints et de l’interprétation biblique en général, il s’agit d’une question épistémologique qui dépasse largement celle de la mariologie. Cette question serait importante et intéressante à discuter, mais je ne crois pas que la section commentaire de ce billet soit le forum idéal pour ce faire.

    Fraternellement

  7. 7
    etienne dit :

    Encore une fois, cher Sylvain, je crois qu’il faut expliquer pourquoi aucun apôtre n’a enseigné la mariolâtrie tout comme la prière à St-Joseph, à Ste-Anne, à St-Joachim, à St-Jean-Baptiste, à St-Étienne, etc. Ces derniers étaient morts dès les débuts de l’Église primitive. Toutes les épîtres ont été écrites après la mort de ces personnes.

    Hey ! Je veux vous souligner que st-Etienne n’est pas mort !  Il est devant vous !

    Je suis désolé par contre, je n’acceptes pas les prières.

  8. 8
    etienne dit :

    Je suis d’accord avec Sylvain que les frères de Jésus pourrait s’appliquer au sens large, mais je ne crois absolument pas que l’on peut tirer une doctrine de ça.  Oui Marie aurait pu avoir une virginité perpétuelle, mais  le texte nous laisse croire le contraire (implicitement).

    Certes je confesse que Marie pourrait n’avoir eut que Jésus, cependant je vois dans cet argument une brèche dans l’affirmation que Marie est mère de tous croyants.  Si Marie n’avait pas d’autres enfants, Jésus n’aurait d’autres choix que déléguer un remplaçant pour tâche de fils aîné.

    Il faut préciser que le refus de la virginité perpétuelle ne vient pas premièrement des réformés. Luther croyait que Marie devait rester consacrée parce qu’elle avait eut Jésus dans son sein. Calvin quant à lui, croyait que « les frères » de Jésus pouvais s’appliquer dans un sens large (bien que pas le premier sens) et que les deux partis n’avait pas de preuves assez solides.

    Je reproche particulièrement à l’église catholique de prier Marie (et autres saints). Il s’agit d’un propos extrêmement blasphématoire qui ne s’accorde absolument pas à la notion de Sainteté biblique.  Déjà que Jésus est pu s’incarner en homme (qui est presque inconcevable que par la toute puissance de Dieu), mettre Marie le rang d’un autre Dieu relève entièrement de l’infidélité et de la folie.

  9. 9
    Sylvain dit :

    Pour répondre à ta question, Étienne, je ne crois évidemment pas que mon jugement personnel ait quelque effet que ce soit sur le nom de Marie, mais je crois effectivement que Dieu l’a élevée au plus haut rang parmi toutes les créatures de notre monde en lui faisant porter son Fils unique. Je ne crois pas que les catholiques tronquent la gloire de Dieu en adorant Marie; au contraire, je crois que nous sommes conséquents avec les implications de l’Incarnation. Si Dieu est s’est incarné dans un homme, il a une mère humaine. Si Dieu a une mère, les fidèles ne doivent pas minimiser l’importance qu’Il lui accorde.

  10. 10
    etienne dit :

    J’ai supprimé mon dernier commentaire, je ne voudrais pas que tu crois que j’ai une tête contre les catholiques romains.  D’autant plus que j’espère que je ne t’ai pas blessé.

    J’aimerais donc savoir si tu as une référence biblique concernant la mère de tous les croyants.  Si réellement l’écriture montre que Marie est mère des croyants, je m’y conformerai.

    Sincèrement, Etienne. 

  11. 11

    Cher sylvain, la seule façon d’accepter la mariologie romaine est d’accepter l’autorité de l’Église catholique et la notion de succession apostolique sans laquelle il est impossible d’aboutir à cette doctrine concernant Marie. La mariologie réformée fonde sa doctrine de Marie exclusivement sur les textes bibliques. Or, il faut faire une interprétation capillotractée pour élaborer une doctrine aussi complexe que la mariologie romaine à partir de « Voilà ta mère ».

    Un deuxième principe herméneutique, en plus de laisser l’Écriture s’interpréter elle-même en harmonisant les textes, consiste à ne pas fonder une doctrine sur la base d’un seul texte. Quel autre texte t’incite à croire que Marie est la mère de l’Église et qu’elle doit être adorée et invoquée? Ne fais-tu pas une dangereuse extrapolation à partir d’un seul texte équivoque?

    Si ta conception de la Bible primait sur ta conception de l’Église, tu rejetterais la mariologie romaine et probablement plusieurs autres ajouts de l’Église catholique à l’Écriture sainte.

    « Toute parole de Dieu est éprouvée. Il est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui un refuge. N’ajoute rien à ses paroles, De peur qu’il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur. » (Proverbes 30.5-6)

  12. 12
    Sylvain dit :

    Cher Étienne

    Ne t’inquiète pas, je n’ai été aucunement offensé par ton commentaire! Moi et Pascal partageons une longue histoire de débats théologiques (qui ont contribué à ma conversion au christianisme et pour lesquels je suis plein de gratitude envers lui). Il n’y a aucun risque que des arguments théologiques soient reçus comme des attaques personnelles.

    Par ailleurs, je viens de visionner ton témoignage de conversion. Je me réjouis que tu aies vécu une expérience aussi authentique. Ce fut un grand plaisir que d’entendre le parcours qui fut le tien. Au plaisir de te rencontrer lors d’une éventuelle visite à St-Jérôme!

    Cher Pascal

    D’autres textes donnent des indices allant dans le sens de la mariologie catholique; Révélations 12:1-6 est l’un des passages de l’Écriture qui m’ont le plus inspiré. Mais je suis d’accord que la doctrine mariale nécessite une acceptation de la Tradition. Cependant, la Tradition n’est pas bêtement constituée de l’autorité ecclésiale : elle est constituée des témoignages du Peuple de Dieu, l’autorité ecclésiale étant l’interprète de ces témoignages, comme de celui des apôtres dans l’Écriture. Mais bon, je ne crois pas que c’est ici que nous réglerons le rapport entre l’Écriture et la Tradition!

    En tenant compte de votre rejet de la Tradition, je voulais seulement faire valoir deux choses :

    (1) La mariologie n’est pas contradictoire avec l’Écriture
    Les réformés semblent croire que les catholiques divinisent Marie. Ce n’est absolument pas le cas. La Sainte Vierge est clairement distinguée de Dieu; elle est une créature comme tous les autres êtres humains (la première d’entre eux, soit) que l’on ne doit pas confondre avec les trois personnes divines de la Trinité. Certains catholiques peuvent s’y méprendre, de même que certains réformés se méprennent à l’effet que les œuvres sont totalement superflues ou encore que l’interprétation de l’Écriture doit être strictement individuelle. La validité d’une doctrine n’est pas relativisée par les méconnaissances dont souffrent certains individus à son sujet.

    Petite réponse à Daniel : Les catholiques ne prient pas les saints. Les catholiques demandent aux saints de prier pour nous. Il est clairement établi que les saints n’exaucent pas les prières. Seulement, puisque les saints occupent une place spéciale dans l’amour de Dieu, nos prières sont magnifiées si elles sont conjuguées aux leurs. Nous admirons les saints, nous révérons les saints, mais nous ne divinisons pas les saints.

    (2) Jean 19:26-27 reste un mystère pour ceux qui rejettent la mariologie
    Les théologies qui formulent des explications alternatives à ce texte biblique doivent présupposer propre validité. Vu l’importance des termes familiaux utilisés en des contextes spirituels – les frères dans le Christ composent le corps mystique du Fils de Dieu – il y a quelque chose d’extravagant dans l’idée que cette affirmation christique au moment crucial de la crucifixion ne soit qu’une révélation normative additionnelle qui n’ajoute franchement pas grand-chose à ses enseignements passés. 

    PS : Merci de m’avoir appris l’existence de l’adjectif «capillotracté» !

  13. 13
    Daniel Durand dit :

    La question est simplement de savoir si les Écritures enseignent la mariologie. Il n’y a aucun texte qui enseigne cette doctrine. Comme je l’ai déjà dit, le verbe grec traduit par comblée de grâce (Luc 1.28) est appliqué à tous les élus (Éphésiens 1.6). Si l’usage de termes familiaux par Jésus à la croix indiquaient un maternité sur l’Église, le silence apostolique devient répréhensible. De plus, à l’époque, une mère âgée ne prenait plus soin de ses enfants adultes. C’était le contraire. Si Jésus avait 33 ans, et disons que Marie l’aurait enfanté à 15 ans, c’est dire qu’elle avait 48 ans à la mort de Jésus. À l’époque, c’était déjà un âge avancé. C’est plutôt Marie qui a été confiée à Jean que Jean à Marie.

    Et concernant Apocalypse 12, c’est un texte très intéressant. En fait, l’image nous renvoie à deux textes vétérotestamentaires. Le premier, c’est en Genèse 3 où nous retrouvons les mêmes personnages qu’en Apocalypse 12, soit la femme, sa descendance, ainsi que le serpent.

    Le 2e texte se trouve en Genèse 37.9 où Joseph raconte son rêve. La question ici est d’identifier la femme. Est-ce Ève, la nation juive, les chrétiens, ou Marie ? Avec la majorité des commentaires que j’ai consultés, il s’agit des véritables croyants, les chrétiens. Cette entité a toujours été vue comme une femme, la fille de Sion, l’Épouse du Christ, etc. 

    Si l’on rejette cette interprétation pour favoriser l’allusion à une seule personne, admettons que la personne d’Ève est plus appropriée (Genèse 3.15).

    Et si Marie est considérée comme la mère de l’Église, avons-nous 2 mères (cf. Galates 4.26) ? Et pourquoi ne pas considérer Abraham comme notre père et nous adresser à lui dans nos prières (Romains 4.16).

    En Actes 1.14 (seule mention de Marie dans ce livre), le texte dit clairement que Jésus a eu des frères. Et ici, il ne s’agit pas de relations reliées au Corps mystique du Christ puisque ces frères sont distingués des autres chrétiens présents.

    Dans toutes les épîtres, Marie n’est jamais mentionnée sinon en Galates 4.4.

    Finalement, et encore une fois, il faut expliquer pourquoi les apôtres n’ont jamais rien dit concernant la place que Rome accorde à Marie. C’est un silence qui parle.

    Cher Sylvain. Je suis bien heureux de participer à ces échanges avec toi comme avec les autres, et sache que j’ai pour toi une réelle affection malgré nos rares rencontres. Nous avons prié pour toi avant ta conversion et nous nous réjouissons pour ton intérêt pour les choses de Dieu. Qu’il te bénisse abondamment. 

  14. 14
    Sylvain dit :

    Mon argument concernant «Voici ta mère» n’est pas qu’une ordonnance alimentaire serait inappropriée : C’est qu’elle serait insignifiante relativement au contexte et que son caractère allégorique serait inutile.

    La crucifixion est le moment le plus crucial de la vie du Christ; elle est le crescendo de son ministère sur Terre. Qu’Il s’assurer que sa mère soit nourrie après sa mort est certes moral, mais pas très élevé. Des hommes d’une moralité moyenne auraient nourri la mère de leur maître défunt. Que le Christ ait utilisé ses avant-derniers souffles en ce sens serait plutôt insignifiant.

    Le Christ utilise de termes limpides lorsqu’il évoque des réalités simples; Il utilise des allégories lorsqu’il évoque des réalités complexes. Une réalité complexe correspond nettement plus à la mariologie qu’à une ordonnance alimentaire. Le Christ n’aurait pas fait une allégorie inutile alors qu’Il voulait simplement dire « Occupe-toi de ma mère ».

    Si on a une acceptation réformée de la Parole – si on croit que la Parole de Dieu est constituée exclusivement de l’Écriture – le silence apostolique aurait été répréhensible. Si notre acceptation de la Parole inclut l’Écriture et la Tradition – si on croit que la Parole de Dieu est véritablement vivante en inspirant des êtres pensants – le silence apostolique n’a rien d’étonnant. Les apôtres ont déposé les premiers indices d’une théologie dont l’Esprit-Saint achève le dévoilement.

    Il y a effectivement des liens à faire entre Ève et Marie, de même qu’entre Adam et Jésus. L’humanité fut perdue en Adam et sauvée en Jésus; Ève et Marie sont les pendants féminins et maternels de ces deux points tournants de l’histoire spirituelle humaine.

    Pour ce qui est de «comblée de grâce», est-ce que le verbe est utilisé au même temps? La doctrine mariale affirme effectivement que Marie a reçu la même grâce que l’ensemble des croyants, à la différence que la sienne fut pleinement effectivement dès le moment de sa conception. Pour ce qui est des frères de Jésus, il s’agit d’une question distincte. La virginité perpétuelle de Marie et sa maternité spirituelle sont peut-être liées, mais elles ne sont pas mêlées.

    L’affection est réciproque, cher Daniel! Je te remercie chaleureusement pour tes prières; la grâce du Seigneur abonde! Qu’Il te bénisse également.

  15. 15

    Et comment interprètes-tu l’application « pratico-pratique » que Jean fit du commandement de Jésus: « dès ce moment, le disciple la prit chez lui. »? Jean ne semblait pas avoir une compréhension très mystique de cet épisode… D’après-moi Jean était réformé ;-)

  16. 16
    Daniel Durand dit :

    Cher Sylvain. Tu as bien raison de situer la question de base sur la révélation. L’Écriture seule ou l’Écriture et la tradition. Je ne saurais trop te recommander un livre sur le sujet : « The Shape of Sola Scriptura ». Je soulignerai deux points de ce livre. Le premier est que la notion de tradition chez les Pères n’était rien d’autre que la transmission de l’enseignement des apôtres et non pas un canal parallèle ou complémentaire à la révélation biblique. Le deuxième point, c’est que l’autorité de l’Église (celle-ci reste à définir) est comparable à celle d’un juge. Le juge n’a pas à décréter une loi mais à appliquer la loi. L’Église n’a d’autre autorité que d’appliquer l’Écriture. Les apôtres ont été conduits dans toute la vérité (Jean 16.13) et pour nous, nous devons persévérer dans leurs enseignements (Actes 2.42).
    La réponse que nous donnons à cette question détermine celle de la question de la mariologie.
    Revenons à l’interprétation du « Voici ta mère », si Jésus avait voulu établir Marie comme mère de l’Église, il aurait au moins dit « Voici votre mère ». Si les autres apôtres étaient absents, il y avait des chrétiens présents (Jean 19.25). 

  17. 17
    Sylvain dit :

    Cher Pascal

    Le sens mystique n’écarte par le sens pratique : il le transcende. Que tous les croyants soient des frères mystiques n’exclue pas la fraternité pratique entre eux : au contraire! La composante mystique du corps du Christ s’additionne et renforce la composante pratique.

    Cher Daniel

    J’ai lu « The Shape of Sola Scriptura » de Keith Mathison; Georges-Émile me l’a offert l’an dernier. Il m’a permis de mieux comprendre l’approche réformée, mais je n’en suis que devenu plus convaincu de son incomplétude. Autant pour ce qui est de la dissociation d’avec la Solo Scriptura que pour ce qui est de la critique de la Tradition, j’identifie des failles logiques importantes. Peut-être devrions-nous avoir cette discussion fondamentale dans un fil courriel (qui serait plus pratique que les commentaires de ce billet)?

    L’Église ne crée pas la révélation : Elle l’authentifie et elle l’interprète. L’Église a authentifié l’Écriture; l’infaillibilité de l’Écriture fut authentifiée par l’autorité de l’Église. En d’autres termes, l’Esprit-Saint s’authentifie lui-même dans la révélation à travers l’autorité de l’Église. Si on conteste ce rôle de l’Église, on invalide l’authentification de l’Écriture. Si on reconnaît ce rôle à l’Église, on est illégitime pour contester son authentification de la Tradition.

    Pour revenir à « Voici ta mère », si le Christ avait voulu formuler une doctrine qui ne soit pas sujette à des interprétations contradictoires, Il n’aurait tout simplement pas dit cette phrase. S’Il avait voulu exprimer une chose simple, Il aurait dit la chose simple. Conséquemment, Il a voulu exprimer une chose complexe sujette à plusieurs interprétations. Je réitère donc les deux points que je souhaite faire valoir sans défendre toute la Tradition : Ce passage biblique est mystérieux et l’interprétation catholique n’est pas contradictoire avec l’Écriture.

  18. 18

    Tu as confirmé toi-même que pour croire à la mariologie il faut plus que la Bible, il faut croire à la succession apostolique et à la canonicité de la tradition. Sur la base de l’Écriture seule, il est impossible d’accepter la mariologie sophistiquée. Or, comme a dit Martin Luther: « Si l’on ne me convainc par les témoignages de l’Écriture ou par des raisons décisives, car je ne crois ni au Pape ni aux conciles seuls, puisqu’il est clair comme le jour qu’ils ont souvent erré et qu’ils se sont contredits. Je suis dominé par les Saintes Écritures que j’ai citées, et ma conscience est liée par la Parole de Dieu. Je ne peux ni ne veux me rétracter en rien, car il dangereux d’agir contre sa propre conscience. Me voici, je ne puis autrement. Que Dieu me soit en aide! »

    Attention aux séductions, « puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière » (2 Co 11.14). La mariologie m’apparait comme l’une des séductions les plus néfastes de l’histoire chrétienne.

  19. 19
    Daniel Durand dit :

    Je m’étonne de cette interprétation mariolâtre de Jean 19.26, alors qu’il m’apparaît clair que ni Marie, ni Jean ne l’aient compris ainsi. D’autant plus que Jésus a promis aux apôtres que l’Esprit allait les conduire dans toute la vérité (Jean 16.13). Et l’Église n’a pas à attendre de nouvelles révélations mais à persévérer dans l’enseignement des apôtres (Actes 2.42). La mariolâtrie n’était pas pratiquée dans les tout premiers siècles. Est-ce à dire que l’Église n’aurait pas reconnu sa mère avant ce temps ? Si Marie est notre mère, Paul l’a insultée en donnant ce titre à la Jérusalem céleste (Galates 4.26). Aucune mère ne voudrait voir ses enfants partager ce titre avec d’autres.

  20. 20
    Sylvain dit :

    Je me répète une fois de plus : Je n’aspirais pas à vous faire accepter la vérité de la mariologie. Je vise seulement à ce qu’il soit clair que la mariologie n’est pas contradictoire avec l’Écriture et que l’Écriture évoque un mystère à l’endroit de Marie.

    En effet, je reconnais d’emblée que la mariologie ne peut être fondée sur l’Écriture seule, et que l’on ne peut donc pas l’accepter si on s’en tient au présupposé réformé selon lequel la Parole de Dieu est composée exclusivement de l’Écriture. Ce n’est pas ici (et peut-être nulle part) que je pourrai vous faire reconsidérer ce présupposé.

    Je serais d’accord pour dire que l’Église n’a pas reconnu sa mère avant un certain temps. Les réformés interprètent les expressions « conduire dans toute la vérité » et « persévérer dans l’enseignement des apôtres » comme si Dieu ne révélerait plus quoi que ce soit à son Peuple après la mort des apôtres. Pourtant, l’enseignement des apôtres n’exclut pas des révélations extérieures à l’Écriture (il exclut seulement des ajouts à l’Écriture, ce que les catholiques respectent; les mormons enfreignent cet enseignement). Pourtant, l’Esprit peut les conduire dans toute la vérité… au fil de toute l’histoire du Peuple de Dieu : pas seulement de leur vivant terrestre.

    Il ne faut pas attribuer une telle susceptibilité aux saints parce que Dieu veut être reconnu comme le seul vrai Dieu. Saint Paul peut parfaitement bien faire une allégorie maternelle différente de celle du Christ sans insulter Marie pour autant. Saint Paul nous partage un enseignement sur une question différente et il utilise aussi une allégorie maternelle à cet effet; on accepte cet enseignement et on ne se scandalise pas. Quand le Christ en croix fait une allégorie maternelle, on peut considérer qu’elle soit d’autant plus significative.

  21. 21

    Il est évident que l’Écriture n’adresse pas directement la question de la mariologie (ce qui aurait probablement été appelé « mariolâtrie » si elle l’avait fait) puisque cela aurait été anachronique. Cette théologie et les pratiques qui lui sont associées sont venues tardivement dans l’histoire de l’Église. Implicitement, l’Écriture a déjà répondu à cette question en déclarant:

    Il n ‘y a de salut en aucun autre; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. (Ac 4.12)

    Je sais que tu vas me répondre que prier Marie, la vénérer et l’utiliser comme médiatrice pour accéder au Sauveur ne contredit pas ce verset, mais je crois exactement le contraire.

    Lorsque tu dis que l’Église catholique n’a pas fait d’ajout à l’Écriture, je crois que tu es dans l’erreur. Je comprends ce que tu veux dire (que les dogmes que nous contestons étaient déjà en germes dans la révélation biblique et que l’Esprit aurait continuer de les révéler à l’Église). Je ne vois pas comment l’imposition du célibat au clergé était déjà en germe dans la Parole de Dieu (1 Co 9.5) ou à quel endroit il faut trouver la doctrine du purgatoire (Lc 23.43) ou comment peut-on s’adresser aux morts en faveur des vivants (Es 8.19) ou comment y a-t-il d’autres médiateurs que Jésus-Christ homme (1 Tm 2.5) ou à quel moment le deuxième commandement est-il tombé en désuétude (Ex 20.4-6) ou par quelle autorité l’autorité apostolique se transmet-elle (1 Co 9.1 ; Jd 1.3) ou à quel endroit l’Écriture nous dit que le sacrifice de Jésus doit-être répété par la messe (He 10.10-14).

    J’imagine qu’il y a une réponse catholique qui te satisfait pour toutes ces questions, pour ma part je ne peux honnêtement réconcilier la Bible et le catholicisme. Je vois cette dernière comme une immense institution humaine, faillible, parfois dans la vérité, ayant commis et commettant encore de nombreuses erreurs en contredisant l’Écriture tout en se justifiant d’une manière sophistiquée. Je n’affirme pas que tous les catholiques sont des apostats, mais je crois que l’enseignement de l’Église catholique conduit ses fidèles à des croyances et des pratiques contraires à la Parole divine. Je comprends et je respecte que tu ne vois pas les choses ainsi et je ne suspecte pas une mauvaise foi dans ton adhérence au catholicisme. Comme un sage m’a déjà dit un jour, il ne faut pas attribuer à la malice ce qui vient de l’ignorance. Je crois donc que tu es dans l’erreur, mais de manière sincère (j’imagine que tu crois la même chose pour moi). Que Dieu nous éclaire par sa Parole et qu’Il ait pitié de nous.

  22. 22
    Agnès dit :

    Bonjour @ Silvain , je ne sais pas m’exprimer , je n’ai pas d’instruction comme vous .
    Mais je peux vous dire une chose .
    J’étais catholique pendant 30 ans . Jusqu’au jour où j’ai eu la bonne idée de lire » la Parole « . Je vous le répète , je n’ai aucune instruction , et  sa lecture a été très difficile pour moi .
    Mais , j’avais une assurance :  que Dieu que j’aimais tant me serait vraiment révélé , dans ce livre .
    Et , une chose a été claire pour moi :
     je devais quitter cette église , car ce que l’on m’y enseignait  était faux . J’avais pourtant toute ma famille catholique . Je savais que je ferais beaucoup de peine à mon père terrestre .
    Mais , je ne regrette rien , et ds les réponses que Pascal vous fait , je m’y retrouve à fond .
    Mais , je dois vs dire , que vu l’expérience que j’ai eu , ma seule assurance est :  » La Parole  » .
    Alors , lisez -là , ts les jours de votre vie . …..
    et consultez-là pour vérifier tout ce que vs pouvez entendre à propos de Dieu , et pour chacunes de vos décisions ds votre vie ..
    Vous ne le regretterez pas …bien au contraire . !

    Excusez moi , d’être intervenu ds votre discussion avec Pascal ………

    Que l’Esprit-Saint vous éclaire .  Que Dieu vous donne Sa Paix ………..  

  23. 23

    J’aimerais brièvement revenir sur ce qui te semble être banal dans la compréhension réformée de cette parole de Jésus en croix. 

    Selon les réformés, cette parole enseigne l’amour, l’abnégation (prend ta croix et suis-moi), le service, l’humilité, le souci des autres avant le souci de soi. Ces vertus sont cardinales dans le message chrétien et sont les fruits immédiats, les plus nécessaires et authentiques d’une vie transformée par la puissance de l’Évangile. Cette parole reflète exactement l’enseignement apostolique: 

    Ph 2:3-8   Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes.  4 Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres.  5 Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus -Christ,  6 lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu,  7 mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes;  8 et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. 

    Est-ce banal? N’est-ce pas exactement ce que Christ nous montre par son exemple sur la croix où il pense encore aux autres et non à lui-même? N’est-ce pas le pur amour? Cette compréhension correspond au message des prophètes et de Moïse:

    Es 1:17  Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l’opprimé; Faites droit à l’orphelin, Défendez la veuve. 

    Ex 20:12  Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne. 

    Je pourrais continuer longuement à démontrer à quel point l’interprétation réformée de ce passage est en harmonie avec toutes les Écritures et n’a rien de banal, mais révèle ce qu’il y a de plus essentiel à la foi chrétienne: la charité. 

    En revanche, nous ne retrouvons nul part dans toute l’Écriture le genre d’allusion mystique à Marie comme le fait l’Église catholique. Non seulement cette compréhension « mariste » est absente de la Bible, elle y est même contraire (du moins à mon humble avis). 

    Attention cher Sylvain de ne pas chercher à tout prix à être en accord avec l’Église catholique… surtout au prix d’être en désaccord avec Dieu. Même les apôtres n’exigeaient pas qu’on soit d’accord avec eux dans leur faire passer le test de l’Écriture sainte (cf. Ac 17.11)

  24. 24
    Sylvain dit :

    Chère Agnès

    Je reçois votre témoignage avec humilité, et je lis l’Écriture avec dévotion. Néanmoins, je reçois aussi des témoignages d’évangéliques convertis au catholicisme, et je lis aussi des interprétations de l’Écriture par des gens plus sages que moi.

    Au-delà de nos opinions doctrinales, il importe d’être bien intégrés au corps du Christ. L’Écriture insiste sur l’importance d’être unis; l’Église catholique est la seule à tendre vers l’unité, à inciter ses membres à s’accorder plutôt qu’à fonder de nouvelles églises. L’allégorie corporelle utilisée par les apôtres pour qualifier l’Église est signe que le rapport entre les frères et sœurs dans le Christ devrait être organique; l’individualisme et les divisions confessionnelles des protestants sont incompatibles avec cette organicité.

    Nous sommes tous des êtres faillibles; seule l’inspiration de l’Esprit Saint est infaillible. Le discernement de cette inspiration est une tâche qui, lorsque vint le temps d’authentifier l’Écriture, fut réalisée par l’Église «une», «apostolique» et «universelle». Si les chrétiens avaient adopté une méthode de discernement différente, nous aurions plusieurs Écritures concurrentes. Si nous devons éviter les hérésies auxquelles notre nature faillible nous mène inéluctablement, nous devons faire confiance à l’Église qui a authentifié l’Écriture en y discernant l’inspiration du Saint Esprit.

    Que Dieu vous bénisse également, chère dame

    Cher Pascal

    En effet, les réponses catholiques me satisfont. Je ne connais pas toutes les réponses aux questions que tu poses, mais celles que je connais sont solides. Par ailleurs, il me semble que les protestants sont souvent affligés d’une grande ignorance quant à la doctrine catholique réelle. Par exemple : l’Église catholique n’enseigne pas le célibat des prêtres à titre de révélation divine. Dans les églises catholiques orientales, les prêtres peuvent être mariés et il n’y a là aucune contradiction avec la théologie catholique. Le célibat  des prêtres est une règle strictement disciplinaire – relevant de la tradition avec un petit «t» – qui a été édictée à un moment donné et qui peut être abolie à tout moment.

    De façon plus générale, là où tu vois de la sophistication, je vois de la profondeur. Si les mystères de Dieu sont partiellement compréhensibles, il est naturel qu’ils comportent de nombreux paradoxes pour nos intelligences limitées. Par contraste, l’interprétation réformée m’apparaît indûment simple et mécanique : Comme si Dieu était supposé nous être aisé à comprendre. Pourtant, la Trinité n’a rien d’aisé à comprendre; les réformés et les catholiques s’accordent lorsque l’on reconnaît les implications du mystère divin. En fait, je crois que je poserais l’opposition entre catholiques et réformés en ces termes : «La Bible : manuel d’instructions ou recueil de témoignages?»

    La parole du Christ en croix ne serait pas banale d’un point de vue normatif mais il serait banal que cette parole soit normative. Toutes les dernières paroles du Christ en croix étaient d’une teneur théologique plutôt que d’une teneur normative. Chacune possède une immense valeur philosophique, voire poétique, mais aucune n’est éthique à proprement parler. Que Dieu pardonne les tortionnaires de son Fils dépasse largement la moralité pratique; toutes les autres paroles en croix sont clairement théologiques et/ou symboliques. Le Christ eut amplement le temps de transmettre ses enseignements normatifs durant son ministère; ses dernières paroles en croix évoquent les grands mystères de sa vie. L’interprétation réformée de cette parole la dissocie radicalement de la teneur des autres paroles du Christ en croix.

    Par ailleurs, tu as seulement formulé une réponse à l’un de mes deux arguments. Le problème de l’interprétation réformée n’est pas seulement qu’elle extrait cette parole du contexte de la croix : C’est aussi qu’elle fait abstraction de l’allégorie utilisée par le Christ. Lorsque le Christ utilise des allégories, c’est pour exprimer des réalités complexes ou mystérieuses : pas pour demander quelque chose d’aussi simple que «Occupe-toi de ma mère».

    Finalement, si la mariologie n’est pas abordée par l’Écriture, elle y est suggérée et elle est en harmonie naturelle avec l’Écriture. Si nous sommes des enfants de Dieu le Père, des frères dans le Christ, c’est que nous vivons dans la famille spirituelle du Christ. La Tradition poursuit la révélation de l’Écriture en dévoilant la place de Marie dans ces liens familiaux.

  25. 25
    Daniel Durand dit :

    Cher Sylvain. J’aimerais bien savoir où tu prends l’idée que l’Église catholique a le droit de rajouter à la révélation biblique. Parce que force est de croire que la prière aux « saints », les limbes, la succession apostolique, la confession aux prêtres, le mariage comme sacrement, l’infaillibilité du pape, etc. ne sont pas dans la Bible. Il ne s’agit plus d’exposer la doctrine biblique plus clairement mais ce sont de véritables rajouts. Sur quelle base l’Église catholique se donne ce droit ?

  26. 26
    Agnès dit :

    Sylvain,

    Je ne doute pas que vous lisiez les Ecritures .

    Je ne veux absolument pas vous convaincre de quoi que ce soit .

    Si quelqu’un doit vous donner une conviction, C’est Dieu Lui-Même , par Son Esprit Saint .

    Je me permets juste de vous suggérer de peut-être moins écouter ce que disent les uns et les autres , mais plutôt ce que Dieu révèle de Lui ds Sa Parole .
    Peut-être lire Sa Parole , en L’écoutant « Lui »  ds un esprit de prière  ………?

    Peut-être moins vouloir  » raisonner » ….?

    Si vous avez des convictions , c’est ce qui importe .

    Vous parlez d’unité au sein de l’Eglise catholique , ce n’est pas ce que j’ai vécu , ni observé pendant 30 ans , ni les 30 autres années qui ont suivies .

    Vous parlez de faire confiance à l’Eglise .
    Pour ma part , je n’accorde ma confiance qu’à Dieu .
    Mais surtout pas à des hommes, qui comme vs le dîtes sont faillibles tout comme moi .

    Notre unité , ne peut se trouver qu’en Jésus-Christ  Seul .

    Sylvain que Dieu vous bénisse et vous accorde Sa Paix ! 
    ( avez-vs lu : Le catholicisme à la lumière de l’Ecriture Sainte de  Jacque Blocher ? )

  27. 27

    Au-delà de nos opinions doctrinales, il importe d’être bien intégrés au corps du Christ. L’Écriture insiste sur l’importance d’être unis; l’Église catholique est la seule à tendre vers l’unité, à inciter ses membres à s’accorder plutôt qu’à fonder de nouvelles églises. L’allégorie corporelle utilisée par les apôtres pour qualifier l’Église est signe que le rapport entre les frères et sœurs dans le Christ devrait être organique; l’individualisme et les divisions confessionnelles des protestants sont incompatibles avec cette organicité.

    Premièrement, je reconnais d’emblée que le protestantisme n’a pas toujours valorisé l’unité comme il aurait dû et que les nombreuses divisions internes sont regrettables. Cependant, je crois que l’idée que l’unité de l’Église doit être organique n’est pas biblique. Les catholiques priorisent l’unité institutionnelle, les protestants priorisent l’unité confessionnelle. Autrement dit, pour les catholiques, ce qui importe c’est d’être dans une continuité historique avec l’Église chrétienne depuis les apôtres. Tandis que pour les protestants, ce qui importe c’est d’être dans une continuité de foi avec l’Église chrétienne. Les réformateurs ont démontré que leur théologie représentait celles des pères de l’Église et celle du Nouveau Testament et ils ont invité Rome à reconnaître son éloignement du christianisme original au profit d’un christianisme qui s’est sophistiqué au cours du Moyen-Âge… Rome a refusé de se réformer.

    Prioriser l’unité organique sur l’unité confessionnelle m’apparait erroné pour plusieurs raisons. Premièrement parce que cette conception exige de croire que l’Église ne peut aucunement apostasier ou déchoir et nous placer en contradiction avec la foi révélée, ce qui est évidemment faux… l’Église est faillible et peut apostasier (Ap 2.5 ; Gal 5.4). Or, si l’Église romaine a dévié de la norme apostolique, et elle a dévié, préserver l’unité organique se fait au prix de l’unité de la foi (les catholiques n’ont pas la même foi que les apôtres). Il est plus essentiel d’être en continuité spirituelle qu’en continuité historique.

    Deuxièmement, le genre d’unité organique que le catholicisme confesse implique la doctrine de l’organisation institutionnelle de l’Église universelle. L’Église universelle de Jésus-Christ existe bel et bien (Mt 16.18), mais celle-ci est invisible, c’est-à-dire qu’elle n’est pas une institution organisée; elle est composée de tous les croyants de tous les temps. L’unité organique que nous voyons dans le Nouveau Testament se situe au niveau des Églises locales, c’est en leur sein que les croyants doivent vivre l’unité du corps de Christ. Nous voyons cette doctrine premièrement dans le fait qu’il existe DES Églises (1 Co 16.19, etc.), que chaque Église a ses propres évêques (Tt 1.5) et que l’autorité de l’Église s’exerce localement et non universellement (1 Co 5.1-7 ; Mt 18.15-20). L’unité qui doit être préservée avec l’Église universelle est celle de la foi, l’unité qui doit être préservée avec l’Église locale est organique, c’est-à-dire que nous devons maintenir de bonnes relations, se soutenir, ne pas abandonner l’Église locale, ne pas faire de schisme, être en communion par la Table du Seigneur et la participation à la vie de l’Église avec les autres croyants. Toutes les exhortations néotestamentaires à préserver la paix et l’unité sont adressées aux Églises locales. Il n’existe pas une telle chose qu’une Église mère ou une institution universelle dans le N.T. Chaque Église est directement soumise à la Parole du Christ et non à une institution au-dessus de l’Église locale.

    Troisièmement, le Nouveau Testament révèle que la véritable unité historique ne consiste pas à demeurer dans la même institution mais à préserver la même foi. Les épîtres montrent que les juifs de l’époque apostolique, pourtant en continuité historique avec Israël, étaient en rupture confessionnelle et que bien qu’ils fussent des descendants d’Abraham ils n’étaient pas ses enfants spirituels:

    Rm 9:1-8 Je dis la vérité en Christ, je ne mens point, ma conscience m ‘en rend témoignage par le Saint -Esprit: 2 J ‘éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le coeur un chagrin continuel. 3 Car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair, 4 qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption, et la gloire, et les alliances, et la loi, et le culte, et les promesses, 5 et les patriarches, et de qui est issu, selon la chair, le Christ, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement. Amen ! 6 Ce n’est point à dire que la parole de Dieu soit restée sans effet. Car tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas Israël, 7 et, pour être la postérité d’Abraham, ils ne sont pas tous ses enfants; mais il est dit: En Isaac sera nommée pour toi une postérité, 8 c’est-à-dire que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais que ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité.

    Les païens n’avaient aucune unité organique avec Abraham et avec les institutions vétérotestamentaires, cependant les vrais héritiers c’étaient eux. Paul explique que ce qui est nécessaire c’est d’être unis à Christ, cette unité est celle de la foi et la véritable unité: Ga 3:29 Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse. L’Église catholique prétend qu’en dehors de son sein il n’existe aucun salut, ceci est un mensonge! La Bible n’enseigne pas que l’Église nous greffe à Christ, mais la foi et ce n’est pas l’Église qui donne la foi, mais Dieu (Ep 2.8). L’Église est uniquement le rassemblement des croyants. En rejetant Rome, les réformateurs ne se sont pas séparés de Christ, ils s’y sont unis, car la véritable union au Fils de Dieu est celle qui s’obtient par la foi.

  28. 28
    Sylvain dit :

    @Daniel
    L’Église catholique se donne ce droit sur la même base que son authentification de l’Écriture. Les chrétiens ont foi que l’Écriture est constituée de la Bible telle qu’elle fut authentifiée par l’Église. C’est en suivant précisément la même logique de foi que les catholiques reconnaissent la Tradition au sein de la révélation divine.

    @Agnès
    De quelle façon êtes-vous certaine que la révélation que vous acceptez n’est que la Parole de Dieu et toute la Parole de Dieu? Les juifs disent que la Parole de Dieu est la Torah, les réformés disent qu’elle est la Bible, les Mormons disent qu’elle est la Bible et le Livre de Mormon, les catholiques disent qu’elle est la Bible et la Tradition, les musulmans disent qu’elle est le Coran… Arrive un moment où, si nous avons véritablement la volonté d’aimer Dieu « en esprit et en vérité », il faut raisonner pour s’assurer que la révélation que nous acceptons est bel et bien la Parole de Dieu.

    Notre confiance ultime réside en Dieu seul. Mais si nous ne tolérons aucun être humain en intermédiaire pratique – si nous établissons notre propre personne individuelle comme le seul juge de ce que Christ est et dit – nous risquons de sombrer dans une forme d’égocentrisme théologique naturelle à la modernité au sein de laquelle nous vivons… Et si nous faisons confiance à notre pasteur local, pourquoi ne ferions-nous pas confiance au pasteur mondial?

    Non, je n’ai pas lu Jacques Blocher. Cependant, j’ai déjà lu plusieurs auteurs réformés s’adressant au catholicisme et, jusqu’à maintenant, je n’en ai lu aucun qui réponde aux assertions catholiques : tous se contentent de réitérer les assertions réformées. Croyez-vous que Jacques Blocher soit réellement différent à cet égard?

    @Pascal
    Certaines églises locales peuvent apostasier mais l’Église, en tant que telle, ne peut pas apostasier. Il peut y avoir des hérétiques au sein de l’Église, mais le Corps du Christ ne peut pas cesser d’être le Corps du Christ. La question n’est aucunement résolue en identifiant ces truismes.

    Les passages que tu cites ne démontrent aucunement l’inexistence de l’autorité ecclésiale universelle. L’autorité locale existe, mais qu’elle soit exclusivement locale n’est aucunement prescrit par l’Écriture. Le débat est à savoir si l’Église universelle est une supra-institution ou si elle est strictement spirituelle.

    L’idée que l’Église universelle soit strictement spirituelle est théoriquement illogique et pratiquement inconséquente. Elle est théoriquement illogique parce que la révélation divine doit être authentifiée objectivement. Une telle authentification ne peut qu’être le fruit de l’autorité ecclésiale, autrement chaque croyant individuel accepterait une Parole de Dieu sensiblement différente. Si l’autorité ecclésiale n’est pas unique dans toute l’humanité, la Parole de Dieu ne peut pas être authentifiée uniquement pour toute l’humanité.

    Elle est pratiquement inconséquente car, si l’individu est libre d’adhérer à une église locale ou à une autre, il devient l’arbitre de la Vérité. Puisque chaque église locale a une interprétation différente de la révélation, l’individu qui choisit d’adhérer à une église plutôt qu’à une autre s’attribut ainsi l’autorité de déterminer laquelle possède la Vérité. Par contraste, les catholiques en désaccord avec la doctrine officielle de l’Église reconnaissent néanmoins la légitimité de l’autorité ecclésiale universelle et aspirent à s’harmoniser avec elle (en la réformant ou en se réformant eux-mêmes) plutôt que de diviser le Corps du Christ en fondant une église séparée avec une doctrine séparée et une communion séparée.

    L’Église peut connaître une certaine corruption, comme Israël connut une certaine corruption, mais elle ne cesse pas d’être le Corps du Christ pour autant. Dans l’Ancien Testament, lorsque les prophètes s’insurgeaient contre la corruption d’Israël, ils investissaient toute leur énergie et toute leur volonté à réformer Israël : Il était impensable de faire sécession et de fonder une nouvelle nation. Même lorsque la corruption d’Israël était grave et prolongée, les fidèles ne pouvaient que s’investir davantage à le purifier ; personne n’a songé à l’abandonner. Le Peuple de Dieu ne doit pas être moins uni dans la Nouvelle Alliance.

    Christ nous a dit que le Saint-Esprit viendrait nous guider. Si les protestants estiment que, malgré cette guidance, l’ensemble de l’Église médiévale a erré pendant des siècles, il est également possible que leurs propres églises errent tout autant. Si la promesse du Christ peut être relativisée ainsi, pourquoi ne pas croire, comme les chrétiens progressistes, que l’Église errait déjà au temps des apôtres et que toutes les pensées des prophètes et des apôtres dans l’Écriture sont donc faillibles?

    Vraiment, sans foi dans l’effet pratique de la guidance du Saint-Esprit que Christ nous a promise, aucune forme d’Église n’est réellement digne de confiance. On juge ainsi les églises strictement en fonction de notre évaluation personnelle de leur conformité avec notre acception personnelle de la Parole de Dieu ; peu importe que notre évaluation/acception personnelles soient influencées par certaines individus ou par d’autres, on se donne ultimement l’autorité personnelle pour déterminer la Vérité. Les racines théologiques de Sola Scriptura sont indissociables de celles de Solo Scriptura.

  29. 29
    Agnès dit :

    Bonjour Sylvain,

    « De quelle façon êtes-vous certaine que la révélation que vous acceptez n’est que la Parole de Dieu et toute la Parole de Dieu?  »

    C’est une conviction que Dieu m’a donnée en lisant ,priant et Lui demandant de m’éclairer en lisant  » Sa Parole »
    Au départ , j’ai fait comme vs . Je ne cherchais qu’avec mon intelligence et cela ne m’apportait pas la paix , mais que des doutes et du trouble .
    Alors , j’ai changé ma façon de faire . j’ai lu , lu et relu la Bible d’un bout à l’autre en m’en imprégnant et en cherchant une véritable rencontre avec Son Auteur . En ne cherchant plus à raisonner( nos raisonnements sont faussés par le péché) , mais à « Le » connaître.- Lui , et Lui Seul .-

    Petit à petit , mon état d’esprit a changé . Mes pensées sont devenues de plus en plus conformes aux siennes. Ma vie a changé . Mes attitudes ont changées . Ma relation aux autres a changé .
    Et une paix immense m’a envahie .

    Bien sûre , j’ai besoin de frères et soeurs qui partagent ma foi .
    C’est important . J’ai besoin de ceux qui ont étudié , qui ont un véritable enseignement . J’ai besoin d’entendre parler de mon Dieu et de rencontrer d’autres personnes qui aiment mon Seigneur .

    Mais , je vérifie tout ce que j’entends ou lis , avec le filtre de « La Parole » .
    Ce que je ne comprends pas …là où j’ai des doutes …je le mets sur papier …ou ds un coin de mon coeur  …avec des points de suspenssion ….jusqu’à ce que j’ai une conviction propre, après en avoir parler avec mon Père Céleste .

    Pour moi , il ne peut y avoir de pasteur mondial humain .

    Je n’ai qu’un pasteur : Le Seigneur Jésus .

    Ma réponse ne vs satisfera peut-être pas , car je ne suis pas une intellectuelle comme vs .
    J’ai essayé de vs répondre le mieux possible .

    Que Dieu , vous accorde cette paix , que Lui Seul a pu me donner ……..C’est là ma pière pour vous .  

  30. 30
    Daniel Durand dit :

    Cher Sylvain. Le rôle de l’Église n’a été que de reconnaître le canon biblique. Si l’entité qui reconnaît a une autorité infaillible sur le peuple de Dieu, alors Israël devrait recevoir la même considération et être vue comme un canal de tradition post-révélation biblique.

    Les chrétiens ne reçoivent pas les Écritures parce que c’est l’Église qui les a reconnues. Ils reçoivent les Écritures parce que celles-ci ont été d’abord reçues par les apôtres et ceux qui étaient sous leur charge.

    Je laisserai à Pascal le soin de répondre aux propos que tu lui a adressés.

     

  31. 31

    Alors, cher Sylvain, s’il n’y a qu’une seule Église (Ep 4.4) et que c’est l’Église catholique qui est le corps de Christ, je présume que je suis hors du salut puisque hors de l’Église il n’y a point de salut. Je n’ai jamais reçu les sacrements de l’Église catholique et n’ai donc pas participé à l’unité organique par laquelle j’aurais pu être en communion avec Christ et recevoir sa vie. Suis-je sauvé sans l’Église catholique? Serait-elle non essentielle ou non exclusive (dans ce cas vaudrait mieux pour toi trouver l’Église qui est la plus fidèle aux Écritures et non l’Église qui est la plus universelle institutionnellement)? Appartiens-je au corps spirituel de Christ sans faire partie de son corps universel?

    J’ai pourtant l’assurance de mon salut. D’où me vient cette assurance puisqu’elle ne me vient certainement de l’Église étant hors de l’Église? Elle me vient de l’Esprit de Dieu. L’Écriture enseigne qu’aucun homme, pas même collectivement, ne peut donner l’assurance du salut à un autre homme, c’est l’Esprit saint qui le fait : « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » (Rm 8:16)

    L’Écriture affirme que ce n’est pas l’Église qui a autorité sur la conscience et détermine les vérités qu’il faut croire puisque l’Église est manifestement faillible. C’est l’Esprit qui dirige chaque croyant : « Pour vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, et qu’elle est véritable et qu’elle n’est point un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements qu’elle vous a donnés. » (1 Jn 2:27)

    L’Esprit est vivant et il garde dans les vérités les enfants de Dieu par la Parole de Dieu. Cela ne signifie pas qu’ils sont infaillibles ou qu’ils n’ont pas besoin des docteurs de la Parole pour être édifiés et connaître l’unité de la foi (Ep 4.11-16). Cela ne signifie pas que les croyants doivent interpréter la Bible de manière subjective et individuelle (2 P 1.20-21) ou que l’Église n’a aucune autorité sur les croyants. Cela ne signifie pas non plus que la tradition de l’Église n’a aucune autorité. Tu sais combien les réformés sont confessionnels et reçoivent avec humilité les enseignements des générations de l’Église qui les ont précédés; mais non pas comme autorité canonique, uniquement comme un guide fiable pour interpréter l’Écriture.

    Le principe de la Réforme est que l’Église a sans cesse besoin d’être réformée (semper reformanda) malgré une orthodoxie qui est fixe. C’est un peu comme la sanctification : nous sommes saints, mais encore pécheur et avons besoin d’être transformés même si nous le sommes déjà fondamentalement, nous avons l’Esprit de Dieu, mais avons encore besoin d’être raffinés… Je n’accepte pas ton affirmation que Sola Scriptura mène inévitablement à solo Scriptura. Cette conclusion n’est ni nécessaire ni vraie sur le plan historique. Les Églises tenantes du principe Sola Scriptura confessent toutes les doctrines qui ont traversé l’histoire et qui sont essentielles à la foi chrétienne. Il est vrai que certains abuseront et déraperont en délaissant l’orthodoxie chrétienne, mais lorsque je regarde le curé Gravel, je me dis qu’un magistère n’y change pas grand-chose! Et malgré toute la belle « unité organique » entre celui-ci et le cardinal Ouellette par exemple, je ne suis pas convaincu qu’il y a une véritable communion entre eux (mon opinion personnelle, j’aurais pu illustrer mon point avec beaucoup d’autres exemples).

    Malgré tous les errements entourant l’ensemble des traditions ecclésiastiques, nous retrouvons un fil d’orthodoxie qui a traversé l’histoire et auquel les véritables croyants ont toujours été attachés. Ce fil d’orthodoxie n’est pas une « supra-institution » et n’est pas gardé par une Église en particulier non plus. Ce fil continuel est gardé par l’Esprit de Christ qui a lui-même promis cette préservation (Mt 16.18). Actuellement il n’existe aucune Église locale, nationale ou universelle qui soit entièrement pure composée uniquement de croyants régénérés. Sans devenir presbytérien, je reconnais que la manifestation visible de l’Église (l’institution organisée) sera toujours mixte et que, conséquemment, la véritable Église universelle gardée par l’Esprit de Dieu qui traversera tous les temps depuis la création du monde sera composée d’un reste invisible (comparer Rm 9.27 et 11.5).

    Je ne vois pas dans le N.T. une « supra-institution ». L’Église universelle est spirituelle et sa manifestation physique est locale. L’autorité de l’Église est la Parole de Dieu et l’application est toujours locale dans le N.T. Il n’existe aucune hiérarchie de prélat ou d’Églises, uniquement des officiers locaux (Tt 1.5). La seule autorité universelle était celle des apôtres (Mt 16.18-19) et celle-ci se poursuit par leurs écrits qui sont Parole de Dieu (2 P 3.16, etc.) et la mission apostolique se poursuit localement par le ministère des anciens (comparer Jn 21.15-17 et 1 P 5.1-4). Le corps de Chris, bien qu’universel, se manifeste comme une unité locale (1 Co 10.17). Le seul pignon sur rue qu’a l’Église universelle c’est l’Église locale.

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